Sept expositions dans cinq lieux, de Cimiez à Mougins, jusqu’en septembre. Dates, tarifs, horaires : le point sur ce qu’il faut voir avant la rentrée.
L’été niçois ne se joue pas seulement sur les galets. De Cimiez au Vieux-Nice, en passant par la colline Saint-Barthélemy, la saison 2026 propose un programme dense — dont une exposition qui, à elle seule, justifie le déplacement.
Matisse et Yves Saint Laurent, le rendez-vous de la saison
C’est l’événement de l’été. Le Musée Matisse Nice et le Musée Yves Saint Laurent Paris ont conçu ensemble « Henri Matisse – Yves Saint Laurent. Le beau, la mode et le bonheur », présentée du 17 juin au 28 septembre 2026.
Le principe : faire dialoguer les œuvres de deux créateurs qui ont passé leur carrière à effacer la frontière entre beaux-arts et arts appliqués. L’accrochage s’appuie sur les collections du musée niçois et sur celles de la Fondation Pierre Bergé–Yves Saint Laurent, complétées par des prêts français et internationaux.
Pendant les vacances, le musée déploie une programmation familiale nourrie : des ateliers les lundis et mercredis de 14h à 16h du 6 juillet au 26 août, des visites introductives de vingt minutes, et L’Atelier des créateurs pour les 6-11 ans (deux sessions en juillet, dont les 23-25). Réservation et règlement en ligne obligatoires.
Musée Matisse — 164 avenue des Arènes de Cimiez, 06000 Nice · 04 93 81 08 08
Tous les jours sauf le mardi, 10h-18h (du 1er avril au 31 octobre)
Billetterie fermée 30 minutes avant · Bus 5, 16, 18, 33, 40, 70, arrêt Arènes / Musée Matisse
Tarif individuel 12 € · 9 € par personne en groupe (à partir de 10)
Gratuit : moins de 18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi
Chagall à l’œuvre : le second volet, jusqu’au 21 septembre
Le musée national Marc Chagall présente le deuxième volet de « Chagall à l’œuvre. Un prêt d’exception au musée », du 23 mai au 21 septembre 2026. L’exposition est organisée en deux temps avec rotation des œuvres : le premier volet s’est tenu du 7 février au 17 mai.
Au cœur du projet, 141 œuvres prêtées par Bella et Meret Meyer, petites-filles de l’artiste, entrées dans les collections nationales via le Centre Pompidou. L’ensemble tient moins de la rétrospective que de la visite d’atelier : esquisses, expérimentations, projets monumentaux. On y trouve les soixante-quatre esquisses de rideaux de scène et costumes pour L’Oiseau de feu de Stravinsky, la maquette du plafond de l’Opéra Garnier, douze céramiques et sculptures nées de son installation à Vence en 1949, et vingt-quatre collages des années 1960-1970.
Côté animations : des ateliers « Bande dessinée » pour les familles — Chagall composait ses toiles comme des planches, plusieurs épisodes d’une même histoire dans un seul cadre — les mercredis 1er, 8, 15 et 22 juillet, les vendredis 10, 24 et 31 juillet, puis en août (jeudi 6, lundis 17 et 24, vendredi 28), à 14h30. Attention en revanche à la fermeture méridienne, de 13h à 14h30 : le jardin et la librairie-boutique, eux, restent accessibles.
Musée national Marc Chagall — avenue du Docteur Ménard, 06000 Nice · 04 93 53 87 20
Fermé le mardi · 10h-13h et 14h30-18h (du 2 mai au 31 octobre)
Bus 5, arrêt Musée Chagall · Stationnement gratuit
Tarifs en période d’exposition : plein 12 € · réduit 10 € · groupes 10,50 €
Gratuit : moins de 18 ans et jeunes de l’UE de moins de 26 ans
Attention : musée national, non couvert par le pass des musées municipaux.
Villa Arson : deux expositions, entrée libre
La Villa Arson a ouvert son double événement estival le 10 juillet, pour une durée qui court jusqu’au 27 septembre.
« Staring at the Sun » réunit les trente-cinq jeunes diplômé·es 2026 de l’école, sous le commissariat de Martha Kirszenbaum — curatrice indépendante, fondatrice de Fahrenheit à Los Angeles, commissaire du Pavillon français de Laure Prouvost à la Biennale de Venise 2019. Une signature qui en dit long sur l’ambition de l’accrochage.
En parallèle, Dany Albiach présente « Là où le jour cède », exposition personnelle sous le commissariat de Pauline Vermeren. Diplômé 2024 de la Villa, Albiach a reçu en février la bourse de la Francis Bacon MB Art Foundation, dont cette exposition est l’aboutissement. Dessin, photographie, sculpture et sérigraphie : il y travaille les notions de trace, de mémoire et de réactivation du passé.
Argument supplémentaire, non négligeable en juillet : le site lui-même. Une demeure du XVIIIe siècle enchâssée dans une architecture brutaliste de béton et de galets du Var signée Michel Marot, 2,3 hectares de jardin méditerranéen dominant la baie des Anges. Et c’est gratuit.
Villa Arson — 20 avenue Stéphen Liégeard, 06100 Nice
Tous les jours sauf le mardi, 14h-19h en juillet-août · Entrée libre
Photographie : trois propositions, du Vieux-Nice à Mougins
Le Musée de la Photographie Charles Nègre, installé dans une ancienne usine électrique des années 30 dont le pont roulant est toujours en place, présente « Levitation » de Mathieu Forget jusqu’au 27 septembre. Quatre-vingts photographies consacrées au mouvement, première rétrospective en musée pour l’artiste français. À 5 € l’entrée, c’est le meilleur rapport qualité-prix de la sélection.
Dans la galerie attenante, Claudia Bevilacqua expose « La Dolce Nizza » jusqu’au 6 septembre : une Nice en noir et blanc, solaire, où des femmes jouent la comédie de la vie comme dans un film italien des années soixante. Nice Premium a récemment consacré un article à cette exposition.
Pour prolonger, il faut sortir de Nice. Le Centre de la photographie de Mougins consacre du 4 juillet au 4 octobre une vaste rétrospective à la Néerlandaise Bertien van Manen (1935-2024), « Les échos de l’ordinaire ». Première présentation d’ensemble de cette œuvre en France, dans le cadre du Grand Arles Express, en résonance avec les Rencontres d’Arles. Van Manen avait troqué son matériel professionnel contre un simple 35 mm pour photographier les femmes des mines des Appalaches en 1985 ; ce geste résume une pratique documentaire fondée sur le temps long et la proximité. Quarante ans de séries, de la Sibérie à la Chine.
Musée de la Photographie Charles Nègre — 1 place Pierre Gautier, 06300 Nice · 04 97 13 42 20
Fermé le lundi · Le musée : 10h-18h · La galerie : 10h-12h30 et 13h30-18h
Ticket unique 5 € · 4 € par personne en groupe (à partir de 10) · Visite commentée 7 €
Gratuit : moins de 18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi
Le bon plan : le pass 4 jours
Le Pass Musées de Nice 4 jours à 15 € donne accès à l’ensemble des musées et galeries municipaux : Charles Nègre, Matisse, Beaux-Arts Jules Chéret, Art Naïf Anatole Jakovsky, Masséna, Palais Lascaris, Archéologie de Cimiez, Terra Amata, Muséum d’Histoire naturelle. Avec Matisse à 12 € et Charles Nègre à 5 €, il est rentabilisé dès le deuxième musée. Version groupe à 10 € par personne à partir de dix visiteurs.
Les habitants de la Métropole Nice Côte d’Azur ont mieux : le Pass Musées de Nice est offert aux plus de 18 ans, valable trois ans, et se retire sur place dans n’importe quel musée municipal avec une pièce d’identité et un justificatif de domicile de moins de trois mois. Les moins de 18 ans de la Métropole entrent gratuitement sans avoir à justifier de quoi que ce soit.
Deux réserves : le musée Chagall, national, n’est couvert par aucun des deux. Et le MAMAC reste fermé pour travaux jusqu’en 2028.
Notre conseil
Matisse–YSL et Chagall sont à quelques minutes l’un de l’autre sur la colline de Cimiez, mais les enchaîner dans la même matinée serait dommage : ce sont deux expositions denses. Mieux vaut prendre Chagall dès l’ouverture à 10h — le jardin est encore frais — et garder Matisse pour un autre jour.
Et si vous ne deviez en faire qu’une : la Villa Arson, en fin d’après-midi. C’est gratuit, ça ferme à 19h en juillet-août, et le panorama depuis les terrasses vaut à lui seul la montée.
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