Les élus de l’opposition à la mairie de Nice ont alerté sur les conditions de vie déplorables des populations précaires dans la capitale Azuréenne. Ils dénoncent l’inaction de la majorité municipale face aux conséquences de la canicule et prônent l’ouverture d’un plan d’urgence.
« Nous craignons un déni de la majorité municipale », déplore Juliette Chesnel-Le Roux, membre de l’opposition à la mairie de Nice.
Hier, les membres de l’opposition ont organisé une conférence de presse afin d’évoquer la situation des personnes sans-abris en période de fortes chaleurs.
La canicule dure depuis une dizaine de jours. La ville de Nice a mis en place, dès le mois de juin, un dispositif de Plan canicule, afin de protéger la population à risque.
La Direction Générale Adjointe des Solidarités de la ville et son centre communal d’action sociale (C.C.A.S.) œuvrent quotidiennement pour venir en aide aux personnes sans domicile fixe.
Pourtant, le mois de juin dernier, le Secours populaire dans les Alpes-Maritimes a alerté sur la nécessité de créer un « plan grand chaud » pour les personnes dans le besoin. Depuis, l’opposition s’inquiète d’un relâchement de la mairie quant à la protection de la population niçoise.
« Un non-sujet pour la majorité »
Le 29 mars dernier, le maire de Nice, Éric Ciotti, a annoncé une « tolérance zéro pour ceux qui occupent illégalement l’espace public » sur son compte X. Cette annonce a inquiété les associations, craignant que les dispositifs pour sans-abris ne soient pas maintenus au cours du mandat.
Pour calmer le jeu, l’adjointe délégué au Social, Valérie Sergi, s’est engagée à maintenir, voire améliorer les dispositifs existants. Pour autant, ils apparaissent insuffisants pour subvenir aux besoins de l’ensemble des personnes sans domicile fixe.
Patrick Allemand, conseiller municipal et membre de l’opposition, déplore une hausse du nombre de décès de sans-abris à Nice, depuis le début de la canicule. Il ajoute que « les associations font ce qu’elles peuvent, ils font un boulot monstre mais le problème est qu’ils sont peu nombreux et la capacité d’accueil reste insuffisante. »
Julien Picot, membre de l’opposition et président de la commission des finances à la ville insiste sur le manque de moyens qui accablent les associations. « La première action de monsieur le maire, au début de son mandat, est de retirer 360 millions d’euros au budget. C’est une saignée sociale ! », dit-il en ne cachant pas son agacement.
Les élus craignent une invisibilisation des sans-abris dans l’espace public. « Ce ne sont pas que des clochards, ce sont des gens qui ne parviennent pas à se domicilier », affirme Juliette Chesnel-Le Roux. Il est important de rappeler que la plupart des personnes sans domicile fixe détiennent un travail précaire.
Ils craignent une « déresponsabilisation » de la municipalité face aux mauvaises conditions dans lesquelles les sans-abris subissent les fortes chaleurs. « Normalement, la coordination entre les différents acteurs devrait relever de la responsabilité municipale », mentionne Patrick Allemand.
Un plan d’urgence canicule proposé
Les élus de l’opposition appellent la mairie à réagir, évoquant une urgence de santé publique. « Le maire devrait réunir une équipe pour trouver une solution, c’est ça que nous voulons », affirme Juliette Chesnel-Le Roux.
La première mesure proposée est la création de centres de « fraîcheur » accessible en journée dans les bâtiments municipaux, afin de distribuer de l’eau. Ils proposent la création de maraudes municipales « fraîcheur » pour soutenir le travail des associations. L’idée est de distribuer les essentiels pour résister à la chaleur et d’orienter les personnes vers des lieux climatisés.
La déshydratation chronique, notamment due à la consommation d’alcool, aux maladies chroniques ou aux traitements, est un véritable fléau pour les personnes sans-abris, en période de canicule.
« Les personnes dans la rue sont trois fois plus à risque. Ce sont des personnes déjà exposées à la déshydratation en temps normal », affirme Pauline Nales, membre « Unis pour Nice ».
Ils préconisent l’ouverture de trois espaces municipaux pour les abriter de la chaleur le soir. Le plan vise aussi à agrandir les centres existants et en créer davantage dans les zones de la gare et de l’aéroport. « Nous n’avons pas encore identifié les locaux à l’ouest de Nice, mais ils existent », ajoute Juliette Chesnel-Le Roux.
« Plus de 8 % des logements sont vacants à Nice. Si la municipalité prenait des mesures concrètes, ce serait possible », complète le conseiller municipal, Julien Picot.Permettre l’accès aux douches de plage en soirée, renforcer l’accès gratuit à l’eau potable et populariser l’accès aux toilettes publiques sont, somme toute, des mesures essentielles. Elles permettent de garantir la dignité humaine et préserver la santé des personnes sans domicile fixe.
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