Ce 2 juillet 2026 a eu lieu le vernissage d’une exposition commémorative à la Villa Masséna. Elle sera ouverte du 3 au 27 juillet 2026.
Cette exposition montre « comment une communauté humaine fait face à l’épreuve, comment elle se rassemble, se reconstruit et transmet son histoire » grâce à des archives, photos, œuvres, documents… Elle est constituée de trois grandes parties : l’hommage, la solidarité et la projection du documentaire « 10 ans » (Franck Fernandes).
Entre émotion vive et hommage collectif
Lors de l’inauguration, Éric Ciotti a pris la parole en s’adressant aux familles de victimes, aux associations, aux élus…
Le maire de Nice a qualifié l’évènement tragique de « cicatrice qui ne se refermera jamais ». Ce dernier a annoncé qu’il y aura une marche solennelle le 12 juillet et une cérémonie interreligieuse le 13 juillet. Quant à la journée du 14 juillet, elle offrira un défilé militaire, une cérémonie mémorielle en présence du Président de la République Emmanuel Macron, un concert au Théâtre de Verdure et un spectacle de drones. Pour donner une dimension inédite à cet hommage, l’exposition dévoile également pour la toute première fois des documents judiciaires, rendus accessibles grâce à l’action du procureur national anti-terroriste de l’époque, François Molins. Enfin, quatre-vingt-six faisceaux lumineux seront alors projetés dans le ciel depuis la promenade des Anglais afin de rendre hommage aux 86 victimes.
Eric Ciotti a affirmé, « notre ville se souvient […] l’esprit de la ville se tourne vers le souvenir du drame, des victimes […] l’exposition témoigne de l’horreur qui les a emporté. » Il a également expliqué qu’elle avait pour but de faire avancer le deuil qui reste collectif et public. L’exposition montre aussi comment Nice et la France ont fait face au terrorisme, comment « l’humanité n’a pas détourné le regard. » C’est une « promesse face aux victimes et aux jeunes générations. »
Le conservateur du musée Masséna Jean-Pierre Barbero a lui parlé de l’exposition en disant que beaucoup de personnes avaient oublié l’origine et le sens du plan Vigipirate.
Des souvenirs pour ne jamais oublier
Plus tard, il a guidé les visiteurs dans chaque salle. Dans la première, il y avait notamment 20 drapeaux pour les 20 nationalités des victimes. Dans la deuxième, des articles de journaux étaient exposés mais aussi une horloge qui restera à l’heure de l’attentat. Le parcours met aussi en lumière de vibrants élans de solidarité citoyenne : des peluches offertes , des galets peints par des enfants et portés jusqu’au « toit du monde », ainsi que le précieux livre d’or des associations. Plus loin, une pièce particulièrement difficile aborde la tragédie à travers des dessins de presse poignants. Dans cette atmosphère lourde de sens, résonnent les notes de Calogero et sa chanson Les Feux d’artifice, dont les mots prennent ici une résonance bouleversante.
Derrière les œuvres, Jean-Pierre Barbero ravive aussi la mémoire des lieux en partageant un souvenir intime de cette nuit-là, à la Villa Masséna. Il raconte s’être occupé, au milieu du chaos de 3 heures du matin, de deux petites filles terrifiées. En enveloppant leurs silhouettes de couvertures de survie, l’équipe a réussi à leur faire croire qu’elles étaient de petites princesses, leur offrant un instant de douceur éphémère au cœur du drame.
Le documentaire, lui, dévoile comment plusieurs victimes sont passées de l’enfance au monde adulte, parfois trop rapidement, comment elles ont vécu l’attentat, comment elles tentent d’avancer dans la vie.



En faisant entrer le souvenir du 14 juillet au cœur du patrimoine culturel niçois, l’exposition de la Villa Masséna dépasse le simple cadre de la commémoration. Elle s’affirme comme une œuvre collective nécessaire pour faire avancer le deuil public , tout en transmettant une véritable leçon de courage et d’espérance aux jeunes générations. Dix ans après, le message porté par la ville de Nice et par la nation tout entière reste inaltérable : honorer le passé pour mieux reconstruire l’avenir, ensemble. Car si la cicatrice demeure, la résilience, elle, a triomphé.
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