Les buralistes niçois en première ligne contre les mégots

🇬🇧 Also available in English

Depuis le début de la semaine, les buralistes distribuent des cendriers de poche aux fumeurs. Cette action a pour but de limiter la pollution de l’espace public, de la nature niçoise mais également de réduire les risques incendie.

La campagne réalisée par l’Alcome et la Confédération des Buralistes s’étend sur toute la semaine. Selon l’Alcome, « 71 buralistes adhérents seront mobilisés afin de distribuer plus de 35 000 cendriers de poche et kits méthodologiques de sensibilisation pour le grand public. Particulièrement moteur sur le sujet, et en partenariat avec Alcome depuis 2023, la Métropole de Nice est partenaire de l’événement. »

La présentation de l’opération

Ce 1er juillet, Vincent Zappia (Président d’Alcome), Claude Ferri (Vice-Président de la Fédération des buralistes des Alpes-Maritimes) et Cédric Cirasa (adjoint à la propreté) étaient présents au Tabac Le Riquier pour présenter l’opération.

Lorsque Claude Ferri a pris la parole, il a expliqué que le cendrier de poche était un symbole de respect, d’un engagement que chacun peut porter. « Notre métier a profondément changé » et a qualifié les buralistes d’ « acteurs de nos quartiers ». Selon lui, « dix millions de personnes viennent chez les buralistes et lorsqu’on parle à autant de monde, on peut propager des messages utiles. »

Il a ajouté que la beauté de notre région devait être protégée. « On oublie souvent ce qu’est réellement un mégot, il ne disparaît pas, il reste. » En effet, le filtre de la cigarette est en grande partie composé d’acétate de cellulose soit du plastique. Selon le vice-président, il s’agit d’une pollution durable et silencieuse qui menace grandement les écosystèmes niçois.

Claude Ferri a également évoqué la menace des feux de forêts. Souvent les fumeurs jettent leur cigarette encore chaude dans la nature ou à proximité de bois par exemple. Il a déclaré : « chaque été nous retenons notre souffle […] un simple geste d’inattention et c’est parfois toute une colline qui s’embrase. »

La solution reste donc de bien jeter son mégot, utiliser un cendrier. « Quand les commerçants décident d’agir ensemble, les lignes bougent. » Le vice-président a parlé d’un métier au service de l’environnement. Il a conclu en disant « faisons en sorte que ce réflexe devienne une habitude. »

Plus tard, Cédric Cirasa a renchéri : « chacun doit être un agent du nettoiement », « la ville n’est pas salle mais elle est salie […] il faut rendre responsable les gens, inciter les gens à fumer mieux. »

Enfin, Vincent Zappia a lui aussi donné des informations supplémentaires. Il a qualifié Nice de « ville pilote et motrice » et a affirmé que le travail des buralistes permettrait à chaque fumeur d’adopter le bon geste.

En répondant à une question d’un journaliste concernant les fumeurs qui jettent leur mégot sur les autoroutes, il a expliqué « l’art de la communication c’est l’art de la répétition et il faut répéter chaque jour, faire de la pédagogie, sensibiliser pour que ce geste ne soit pas oublié. »

Il a précisé que toute l’année des opérations de sensibilisation ont lieu et seront encore programmées à l’avenir.

Ainsi, cette distribution de cendriers de poche associée à la campagne de sensibilisation permettra probablement d’éviter une partie de la pollution ainsi que des incendies. Cependant, l’efficacité à long terme de cette mesure repose entièrement sur le changement durable des comportements individuels et la répétition des messages pédagogiques. Bien que le cendrier de poche soit un outil pratique pour responsabiliser les fumeurs, il ne pourra pas éliminer complètement les incivilités sans une prise de conscience collective profonde et, potentiellement, l’application de sanctions plus strictes pour les comportements négligents, notamment sur les axes routiers et dans les zones forestières sensibles.

NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.

Soutenir NicePremium