Budget, logements sociaux, Airbnb et protection de l’enfance : ce vendredi 19 juin, les dossiers sensibles n’ont pas manqué lors du conseil municipal. Des débats souvent animés qui ont mis ainsi en évidence les profondes divergences entre majorité et opposition.
La bataille sur le budget unique
Après un hommage dédié à Eric Roy, la séance s’est ouverte sur un premier point chaud, celui du vote du compte financier unique (CFU) de l’exercice 2025, qui retrace les opérations comptables de l’année. Présenté par Olivier Breuilly, les recettes de fonctionnement affichent 704 millions d’euros pour des dépenses de 601 millions.
Quant à la dette, elle s’élève à 529 millions d’euros, pour une capacité de désendettement de 7,9 années. La disponibilité financière actuelle de la collectivité s’établit également à 23,4 millions d’euros.
Philippe Pradal, issu de l’ancienne majorité, s’est empressé de s’appuyer sur ces chiffres pour défendre le bilan de l’ancienne majorité. Ce dernier évoque une “dynamique de croissance robuste” assurant que “les chiffres finissent toujours par parler” avec une augmentation de 1,4 millions de disponibilité financière par rapport à 2024.
Un bilan que Olivier Breuilly a souhaité nuancer en rappelant le déficit d’investissement de 40 millions d’euros laissé par l’ancienne majorité.
C’était également l’occasion pour l’opposition de questionner le plan d’économie de 60 millions d’euros prévu par la majorité actuelle, avec 52 millions de baisse de fiscalité. Éric Ciotti a revendiqué cette baisse d’impôts comme “notre premier acte politique“, annonçant des économies ciblées sur la communication, les indemnités des élus. Néanmoins la décision modificative présentée en séance ne chiffre pour l’instant que 5,9 millions d’euros d’économies identifiées selon Philippe Pradal.
400 logements financés, l’opposition dénonce un trompe l’œil
La majorité a également voté une subvention de 5 031 850 € pour la création de 400 logements répartis entre 135 logements familiaux, 50 places en foyers inclusifs pour personnes handicapées, une résidence sociale de 183 logements et une pension de famille de 25 places.
L’objectif étant principalement de réduire la pénalité au titre de la loi SRU, qui coûte à la ville environ 14 millions d’euros bruts chaque année, “Nice ne comptant que 14 % de logements sociaux” rappelle Julien Picot.
Patrick Allemand a salué l’intention tout en dénonçant un effet d’affichage. En effet, une partie importante des logements annoncés correspond à des structures spécialisées ou à des opérations de reconstruction. Il a rappelé que « 70 % de la population niçoise est éligible au logement social […] et que 17 000 dossiers étaient en liste d’attente en 2023. » La délibération a malgré tout été adoptée à l’unanimité.
La majorité assouplit pour les Airbnb, l’opposition parle d’un réel recul
Un sujet qui s’annonçait complexe et controversé. En effet, la nouvelle réglementation porte de 90 à 120 jours par an la durée de location autorisée pour une résidence principale, allonge de 3 à 5 ans la durée des autorisations de changement d’usage et met en conformité sur la zone à quotas.
Juliette Chesnel-Le Roux dénonce un “recul majeur” dans une ville où le logement est parmi les plus chers de France, accusant la majorité de favoriser “les investisseurs et les plateformes” au détriment des habitants. Elle rappelle également que les quotas se concentrent de manière inégale dans les quartiers les moins favorisés.
Eric Ciotti a défendu quant à lui une ligne “libérale” : avec 700 autorisations arrivant à échéance et seulement 691 nouvelles possibles sur quatre mois, il assure qu’il y aura globalement moins de meublés touristiques fin 2026 qu’en 2025.
Des mesures sur la protection de l’enfance qui font l’unanimité
La délibération, présentée par le maire lui-même fait suite à l’affaire du centre de loisirs Terra Amata, où un mis en cause a été impliqué dans des agressions sexuelles sur enfants. Une affaire qui fait aussi écho à celle de Lyhanna.
La nouvelle réglementation, initiée par Juliette Chesnel-Le Roux avec le dispositif de signalement lors du conseil précédent, crée dès lors un numéro d’appel dédié aux familles, renforce les procédures de recrutement avec évaluation psychologique, met en place des formations pour les agents, un dispositif de labellisation des accueils de loisirs et un poste de référent territorial des droits de l’enfant.
Des subventions pour les associations de développement durable
En marge des débats les plus tendus, le conseil a également approuvé des subventions d’un montant total de 36 550 euros à des associations de défense de la nature et des animaux.
Le conseil a par la suite validé un partenariat avec l’association MyPet Asso, qui bénéficiera d’une mise à disposition gratuite du domaine public pour la troisième édition du Woofest.
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