Exposition : LEVITATION de Mathieu Forget, une réflexion sur la liberté

Mathieu Forget a présenté à Nice dix années d’images en « lévitation », un travail où il suspend son corps pour évoquer la liberté et l’élan créatif. Le vernissage aux musée de la photographie Charles Nègre a rassemblé un public marqué par la poésie de ses œuvres et par son récit d’artiste.

Ce vendredi 12 juin, le musée de la photographie Charles Nègre a accueilli la première rétrospective de Mathieu Forget. Une exposition intitulée LEVITATION en 80 images qui ont attiré une centaine de personnes venues contempler des photos qui mettent en scène l’espace et la lévitation. Danseur et photographe, Mathieu Forget a passé dix ans à se photographier en suspension dans les airs, en passant par New York et Tokyo jusqu’à l’antarctique. Surnommé “The Flying Man” il propose aux Niçois d’observer son art jusqu’au 27 septembre au musée de la photographie Charles Nègre.

Une cérémonie solennelle

La fanfare a ouvert le vernissage avec de nombreuses musiques, dont la Marseillaise, accompagnant la foule qui s’est empressée de s’asseoir assister aux discours d’ouverture. Les prises de parole ont planté le décor : Stéphane Tallon, directeur du musée a d’emblée qualifié Mathieu Forget de « véritable ovni dans le paysage de la création contemporaine. »

De son côté, Mathieu Forget annonçait, souriant et satisfait, que « c’est dix ans de travail à travers les airs, mais je pense qu’il va y avoir beaucoup d’autres choses à raconter après cela. »

Eric Ciotti, accompagné de son adjoint à la culture, Auguste Verola, clôturait la cérémonie en remerciant l’artiste d’avoir choisi Nice pour exposer son art empreint de liberté. L’édile a tenu à marquer l’occasion d’un geste officiel, remettant à Mathieu Forget un souvenir de la ville.

Discours de Mathieu Forget avant l'ouverture du vernissage
Crédit photo : JB.

Un art qui se veut symbole d’une liberté

Quatre-vingt œuvres s’étalent sur plusieurs espaces, des corps athlétiques inspirés des JO 2024, aux paysages de glace antarctique en passant par le Japon et les architectures de New York ou d’Istanbul.

Sur les photos, l’artiste se trouve systématiquement en lévitation, comme si le temps s’était figé dans les airs. Un instant photographié qui donne la sensation qu’il vole, et brise les chaines qui le maintenaient au sol. Une salle est réservée au visionnage d’une série de photographies de 25 minutes, complété par un QR code qui permettait d’activer la réalité augmentée sur smartphone et ainsi voir les photos prendre vie.

L’artiste guidait lui-même les visiteurs, accompagné d’Eric Ciotti, et du directeur du musée. S’arrêtant sur Poing Superman, une image fondatrice qui a tout déclenché, ou sur une photographie prise sur un lac turc ou le reflet de l’eau donnait l’illusion de marcher dessus.

Mathieu forget présentant son art (photographie sur un lac) au public
Crédit photo : JB.

Car l’on “peut tous voler de nos propres ailes”

Interrogé sur la signification qu’il met derrière ses images, Mathieu Forget répond que son travail « parle de liberté, de ne pas se mettre de limites, de pouvoir vivre de sa passion. » Parti à 18 ans aux Etats-Unis, il y a découvert la photo, la danse, sans jamais avoir su quoi choisir. C’est en ce sens qu’il nous encourage : « je sais que c’est un peu cliché ce que je dis, mais je pense qu’on peut tous voler de nos propres ailes. »

Quant à sa méthode, l’artiste reconnaît que « pour un beau cliché, je fais entre trois et huit prises. Et très souvent, ce sont les quatre premières qui sont les meilleures. »

Mathieu Forget dit notamment toujours laisser une place à l’improvisation, notamment dans l’inspiration, « elle vient de quelque part : parfois c’est le lieu, parfois une tenue, une rencontre. » À Roland-Garros, c’est la terre rouge qui a tout déclenché. Il construit le cadre, choisit l’angle, puis laisse le mouvement arriver. A force d’expériences, « j‘essaie de vraiment laisser la place à la magie de l’instant » expliquait-il.

Des œuvres qui marquent chacun des visiteurs

À la sortie, les visiteurs mettaient chacun des mots différents sur la même émotion. Luna, étudiante, avait découvert l’artiste sur les réseaux avant de venir sans vraiment savoir à quoi s’attendre : « Je trouve que ça questionne quelque chose en soi-même. C’est très beau et très inspirant, même avec le fait qu’il shoote à l’iPhone. » Cette dernière révèle par ailleurs que son coup de cœur était la photo de Victoria Dauberville, la compagne de l’artiste, danseuse classique, prise sur la proue d’un bateau.

Gisèle et Caroline, toutes deux photographes, avaient déjà suivi une masterclass de l’artiste au Salon de la Photo. Pour Gisèle « c’est très aérien, très libre, on voyage dans ces photos. » Caroline, elle, n’oubliera pas l’image où l’artiste se retrouve à l’horizontale au-dessus d’une haie, aux côtés d’un athlète en plein saut. « Quand je le vois comme ça, c’est ce qui m’impressionne le plus. » Sans oublier « le petit film aussi avec tous les making of, on se rend vraiment compte qu’il n’y a pas de montage et que c’est un travail exceptionnel » ajoute-t-elle.

La soirée s’est terminée en séance de dédicaces. Et pour ceux qui voudraient aller plus loin : lundi 15 juin, de 16 heures à 18 heures, Mathieu Forget fera léviter les passants sur le Quai des États-Unis.

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