Le syndicat Sud-Rail appelle les salariés de Transdev Rail Sud Inter-métropoles à cesser le travail pendant trois jours sur la ligne TER Marseille-Nice. Les discussions sur l’organisation du travail et les conditions sociales restent au cœur du conflit.
Un nouveau mouvement social se profile sur la ligne TER Marseille-Nice. Le syndicat Sud-Rail a déposé un préavis de grève pour les 21, 22 et 23 mai 2026 auprès de Transdev Rail Sud Inter-métropoles (TRSI), exploitant de la ligne depuis juin 2025. Le mouvement intervient en pleine période du Festival de Cannes et pourrait perturber les déplacements entre Marseille, Cannes et Nice.
Dans un communiqué, Sud-Rail affirme avoir « abouti sur des sujets » lors des négociations menées avec la direction. Le syndicat estime toutefois que « les discussions sur l’organisation du travail sont actuellement bloquées par la direction, qui se refuse à négocier sur des bases acceptables pour permettre aux cheminots de ne pas être les low-cost du ferroviaire. »
Ce préavis constitue le troisième épisode social depuis l’arrivée de Transdev sur cette ligne régionale. Une première grève avait eu lieu en novembre 2025. Un autre mouvement avait finalement été levé en février après des discussions de dernière minute.
Conditions de travail et rémunérations au centre des tensions
Sud-Rail, première organisation syndicale au sein de TRSI, dénonce un cadre social aligné sur « le minimum de la branche ferroviaire. » Jordan Mandelli, co-secrétaire régional du syndicat, évoque une dégradation des conditions de travail.
« Ce qui bloque, c’est que le cadre fixé par la direction en termes de rémunération, d’organisation du temps de travail, c’est le minimum de la branche ferroviaire », affirme Jordan Mandelli. « Concrètement, on parle de plus de jours travaillés, d’heures de repos réduites entre deux journées de service, de modifications des plannings au dernier moment, ce qui est un désastre pour l’équilibre des salariés. Ces derniers sont éreintés, cela a un impact sur le niveau de sécurité. Il y a des démissions. »
Le syndicat critique également « le dogmatisme de la direction » et accuse Transdev de pratiquer un « dumping social. » Dans un tract, Sud-Rail évoque « presque dix jours de travail supplémentaire par rapport aux standards de la branche » ainsi qu’une réduction des week-ends, des repos doubles et des temps de récupération.
Pour rappel, Sud-Rail avait déjà déposé un préavis de grève du 5 au 12 novembre 2025 pour les salariés de Transdev sur la ligne TER Marseille-Nice. Quatre mois après le lancement du service, les agents dénonçaient des salaires jugés trop bas et des conditions de travail difficiles.
La promesse d’un « nouveau souffle » pour la liaison ferroviaire entre Marseille et Nice avait rapidement laissé place à des tensions sociales. Entré en service le 29 juin 2025, Transdev, premier opérateur privé à concurrencer la SNCF sur cette ligne régionale, avait dû faire face à ce premier conflit social porté par Sud-Rail.
Dans un courrier adressé à la direction, le délégué syndical Frédéric Michel alertait alors sur les pertes salariales subies par plusieurs employés.
À l’arrivée de TRSI sur la ligne Marseille-Nice, une partie des salariés de la SNCF avait rejoint le nouvel opérateur dans le cadre du transfert prévu par la loi. Les avantages liés au précédent statut doivent être maintenus pendant quinze mois avant une renégociation des accords collectifs.
Contactée sur les revendications syndicales, la direction de Transdev indique seulement que « les négociations se poursuivent avec les 3 organisations syndicales. » Une ultime réunion doit se tenir le 20 mai afin de tenter de trouver un accord avant le début du mouvement.
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