Sécurité dans les trains : à Nice, des gendarmes réservistes formés

La sécurité dans les trains et les gares du réseau TER ZOU était au cœur d’une formation organisée à Nice par la Garde régionale des transports. Une quinzaine de gendarmes réservistes y ont appris à intervenir efficacement dans cet environnement jugé particulièrement complexe.

Dans une rame du Train des Merveilles immobilisé sur le site ferroviaire de Saint-Roch à Nice, la scène semble presque réelle. Face à un gendarme jouant le rôle d’un passager qui refuse de présenter son billet, deux gendarmes réservistes interviennent. L’homme proteste, élève la voix. Quelques secondes plus tard, les militaires le maîtrisent et l’accompagnent vers la sortie du wagon. Autour d’eux, une quinzaine de réservistes observent la scène. L’exercice fait partie d’une formation destinée à renforcer la sécurité dans les trains régionaux.

Apprendre à intervenir dans un environnement contraint

Encadrée par la sûreté ferroviaire de la SNCF, la formation repose sur des mises en situation concrètes. Dans l’espace étroit du wagon, les réservistes apprennent à contrôler un voyageur récalcitrant ou à gérer un incident à bord. Formateur lors de la session, Nicolas rappelle les particularités de ce type d’intervention. « Un train, ça bouge. On est dans un milieu confiné avec très peu de place », explique-t-il aux réservistes lors du débriefing.

Après une première démonstration face à un passager refusant d’obtempérer, les gendarmes répètent les gestes techniques. Positionnement, maintien de la distance, coordination entre les agents : chaque mouvement est analysé avant un second essai. « Ce n’est pas un métier qui s’improvise. Ça se travaille », insiste le formateur. Pour la SNCF, l’objectif est de transmettre aux réservistes les spécificités de l’intervention ferroviaire.

Florian Bou, directeur adjoint de la sûreté ferroviaire pour la zone Méditerranée, souligne les contraintes de ce terrain d’action particulier. « Intervenir dans une rame de TER, c’est intervenir dans un espace restreint avec parfois une forte affluence, ce qui complexifie l’intervention professionnelle », explique-t-il. « L’idée est de partager avec eux nos techniques d’intervention dans cet environnement très spécifique. »

Un dispositif de sécurité renforcé dans les trains régionaux

Cette formation s’inscrit dans le cadre de la Garde régionale des transports, un dispositif lancé en 2022 par la Région Sud pour renforcer la sécurité dans les trains et les gares. Depuis sa création, des gendarmes réservistes viennent compléter les effectifs de la sûreté ferroviaire. Vice-présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur chargée de la sécurité, Véronique Borré rappelle les objectifs du dispositif. « C’est une convention novatrice qui permet d’avoir plus de 1 500 jours de réservistes dans les trains de la région », explique-t-elle devant le Train des Merveilles.

Selon la Région, cette présence supplémentaire permettrait d’améliorer la sécurité dans les transports. Chaque année, environ 400 interpellations sont réalisées grâce à ces patrouilles. « Si on prend les chiffres de l’année dernière, sur les atteintes aux personnes, on a une baisse de 17 %, et sur les atteintes aux biens, c’est pratiquement 20 % », complète-t-elle. Le dispositif représente un financement régional d’environ 420 000 euros par an.

Des réservistes mobilisés aux côtés de la gendarmerie

Les réservistes sont intégrés dans les patrouilles et déployés dans plusieurs départements de la région. Jean-Baptiste Jouany, officier adjoint au commandement du groupement de gendarmerie des Alpes-Maritimes, explique que ces missions constituent aussi une opportunité pour les volontaires.

« Les réservistes savent à l’avance qu’ils pourront effectuer un certain nombre de jours de réserve dans l’année », indique-t-il. Depuis la mise en place du dispositif, 49 réservistes ont déjà été formés pour intervenir dans les gares et les trains du réseau régional.

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