À Nice, le torball veut sortir de l’ombre

Sport spectaculaire mais encore méconnu, le torball était à l’honneur samedi 25 avril au complexe sportif Albert Malatesta à Nice. Pour sa 16ᵉ édition, le tournoi international organisé par ANICES a réuni plusieurs équipes européennes autour d’une même passion : un handisport exigeant, stratégique et porteur de nombreux bénéfices pour ses pratiquants.

Nice, Turin, Mons, Zurich, Teramo, Hasselt… Huit formations européennes se sont affrontées à l’occasion du tournoi international de torball organisé à Nice. Dans les tribunes, les quelques spectateurs venus découvrent une discipline où chaque mouvement se guide au son.

Tous sur le même pied d’égalité

Dans le gymnase du complexe sportif Albert Malatesta, le silence est presque total. Sur les gradins, plusieurs panneaux invitent le public à se taire. Une condition essentielle : au torball, tout se joue à l’oreille.

Cette discipline handisport est pratiquée par des personnes déficientes visuels ou valides, équipés de lunettes opaques afin de garantir l’égalité entre tous. Sur le terrain, deux équipes de trois joueurs s’affrontent en faisant rouler un ballon sonore, contenant une clochette, sous trois fils tendus au milieu du terrain. L’objectif est simple : envoyer la balle au ras du sol pour franchir la ligne de but adverse, tandis que les défenseurs plongent de tout leur long pour intercepter le tir.

Chaque action se déroule dans un silence de cathédrale. Les joueurs tendent l’oreille, repèrent le bruit de la clochette et anticipent la trajectoire. Puis, dès qu’un but est marqué, la salle éclate en applaudissements nourris.

Une discipline qui rassemble…

Alors que l’équipe de Turin inscrit un sixième but face à celle de Zurich, Sébastien Filippini observe attentivement la rencontre. Joueur de l’équipe Nice 2 et fondateur de ANICES en 2007, il milite depuis des années pour développer la visibilité du torball. « Le rayonnement de la discipline passe par la communication. C’est pour ça qu’on essaie de multiplier les initiatives pour faire connaître ce sport. Cette année, par exemple, on a fait des affiches dans le tramway niçois pour annoncer le tournoi. L’idée, c’est d’attirer des curieux, de montrer que le handisport peut être spectaculaire et accessible au public », explique-t-il.

Pour les joueurs, ces compétitions sont aussi un moment de retrouvailles et de partage. « On est surtout contents d’être ensemble, de jouer avec les copains et d’affronter des équipes européennes. Ça crée une ambiance particulière et ça fait monter l’excitation avant les matches, sourit Cédric Bouchet, joueur de Nice 2. Quand on voit des équipes qui viennent d’Italie, de Belgique ou de Suisse, on a forcément envie de se dépasser. »

Sur le banc, les émotions sont tout aussi fortes. Coach de l’équipe Nice 1, Christelle Gilles suit chaque action avec attention. « Quand on est coach, on vit tout de l’extérieur mais avec énormément d’intensité. On analyse les placements, on essaie de rassurer les joueurs, de les encourager », confie-t-elle.

… et qui aide au quotidien

Au-delà de l’aspect compétitif, le torball joue aussi un rôle important dans la vie quotidienne de ses pratiquants. Souleymane Jedani, joueur de l’équipe Nice 1, en mesure directement les bénéfices. « Faire ce sport aide énormément à se repérer dans l’espace. On apprend à écouter différemment, à anticiper les déplacements et à utiliser les repères autour de nous », explique-t-il.

Selon lui, les réflexes développés sur le terrain peuvent ensuite servir dans la vie de tous les jours. « On travaille l’orientation, la perception des distances et la confiance en soi. Ce sont des choses qui peuvent vraiment aider au quotidien, pas seulement dans le sport. »

ANICES 2 aux portes du Graal

Côté résultats, l’équipe ANICES 1, composée de Bernard, Cédric, François, Soulaymane, a connu un tournoi contrasté. Elle s’est inclinée face à Mons (2-4), Turin (0-2), Teramo (1-8) et ANICES 2 (1-3), mais s’est imposée contre Hasselt (4-3) et Zurich (5-0). Lors du match de classement, elle a terminé sur une note positive avec une victoire face à Hasselt (2-1).

De son côté, ANICES 2, emmenée par Mikael, Philippe, Sébastien et Yacine, a réalisé un très beau parcours. L’équipe a commencé par un match nul contre Turin (2-2), avant de céder face à Hasselt (2-4), Teramo (2-3) et Mons (0-3). Elle a ensuite rebondi avec une victoire contre ANICES 1 (3–1) et Zurich (5-1). En phase finale, ANICES 2 s’’est imposée en demi-finale contre Teramo (4-3) avant de s’incliner en finale face à Mons sur la plus petite des marges (1-2).

Classement final :

1 : Mons
2 : ANICES 2
3 : Turin
4 : Teramo
5 : ANICES 1
6 : Hasselt
7 : Zurich.

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