Deux hommes, ont été tués et six personnes blessées lundi 11 mai dans le quartier des Moulins à Nice. La JIRS de Marseille pilote désormais l’enquête sur cette fusillade liée au narcotrafic. Véhicules incendiés, tireur à trottinette, vidéo relayée sur les réseaux sociaux et réponses politiques : les investigations se poursuivent après cette nouvelle attaque en plein jour.
La Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille a repris la main sur l’enquête ouverte après la fusillade survenue lundi vers 15h20 dans le quartier des Moulins à Nice. Un homme arrivé en trottinette électrique a ouvert le feu devant le commerce « Le palais sucré », à proximité d’un point de deal.
Les constatations ont permis de retrouver dix-neuf étuis de calibre 7,62 x 25 sur place. Le parquet évoque des tirs « en rafale ». Deux hommes ont été tués et six personnes blessées.
Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour « assassinats en bande organisée, tentatives d’assassinats en bande organisée et association de malfaiteurs. » L’enquête a été confiée au Service interdépartemental de police judiciaire des Alpes-Maritimes.
Les investigations portent aussi sur l’incendie des véhicules utilisés par les assaillants. Une heure après les tirs, un Renault Captur a été retrouvé calciné à Roquefort-les-Pins, à une quinzaine de kilomètres de Nice. Selon le parquet, le véhicule avait été volé la veille à Marseille. Une trottinette se trouvait à bord.
Les enquêteurs cherchent désormais à établir des liens entre cette fusillade et plusieurs attaques récentes dans le même secteur. Dans la nuit du 8 au 9 mai, le commerce Montel Market avait déjà été visé par des tirs et une explosion. Un adolescent de 15 ans avait aussi été blessé par balle le 9 mai dans le quartier Nice-Est.
Une vidéo du « tueur à la trottinette » circule sur les réseaux sociaux
Vingt-quatre heures après les faits, une vidéo relayée sur les réseaux sociaux circule largement. Les images, qui n’ont pas encore été authentifiées par la justice, semblent montrer le déroulement de l’attaque et la fuite du tireur.
Selon plusieurs témoins, un homme vêtu d’une longue parka sombre et portant une capuche serait arrivé sur une trottinette électrique avec un sac de courses Carrefour plaqué contre le ventre. L’arme utilisée, décrite par un ancien militaire présent sur place comme une « vieille mitraillette », aurait été dissimulée dans ce sac.
La vidéo montre aussi une fuite coordonnée. Le tireur aurait rejoint une voiture stationnée à proximité avant de quitter les lieux avec plusieurs complices. Les images montrent également le suspect déposer sa trottinette dans le coffre du véhicule avant de monter côté passager.
Cette séquence alimente les investigations de la JIRS de Marseille sur cette nouvelle attaque liée au narcotrafic dans le quartier des Moulins.
Nouveau poste de police municipale et réactions après la fusillade
Présent sur place dès lundi puis revenu mardi matin place des Amaryllis, Eric Ciotti a annoncé l’ouverture d’un poste de police municipale dès lundi prochain dans le quartier des Moulins.
Le local occupé jusqu’à présent par l’association Adam (Aide aux Devoirs et Animation des Moulins) sera réaffecté à cette implantation policière. Le maire de Nice a également demandé un renfort des effectifs d’enquêteurs et annoncé la création de brigades mixtes réunissant police nationale et police municipale.
Dans une déclaration, Eric Ciotti a estimé que les narcotrafiquants avaient « déclaré la guerre à l’État français » et que celui-ci était « en train de la perdre ». Le maire réclame « une mobilisation générale et un combat national » contre le trafic de drogue.
Plusieurs réactions politiques ont suivi cette annonce. Anthony Borré a appelé à « des moyens exceptionnels » face à une situation « d’une extrême gravité ». L’ex premier adjoint sous la mandature de Christian Estrosi estime qu’un nouveau poste de police municipale ne suffira pas à régler « le problème de fond » et demande aussi des moyens pour « la prévention, l’éducation, l’accompagnement des familles et la reconquête républicaine du quartier. »
Le collectif ViVA! dénonce de son côté « l’échec du tout sécuritaire. » Le rassemblement critique la fermeture des locaux de l’association Adam et réclame « une réponse globale et courageuse » associant justice, police de proximité, prévention, services publics et soutien au tissu associatif.
Parti communiste français, par la voix de Julien Picot, estime que « la communication sur l’insécurité développée à outrance par Éric Ciotti durant la campagne des municipales à Nice n’a aucun effet sur la réalité. » Le PCF demande une réunion d’urgence entre l’État et la mairie afin de définir des mesures immédiates contre le narcotrafic à Nice.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
