Hantavirus : une habitante de Juan-les-Pins transférée à l’IHU de Marseille après une suspicion de contamination

Une habitante de Juan-les-Pins a été transférée ce mardi 12 mai par le Samu des Alpes-Maritimes vers l’IHU de Marseille. Une suspicion d’hantavirus est à l’origine de cette prise en charge. Des tests sont en cours tandis que les autorités sanitaires surveillent plusieurs cas contacts liés au navire de croisière MV Hondius.

Une habitante de Juan-les-Pins, dans les Alpes-Maritimes, a été transférée ce mardi 12 mai dans l’après-midi vers Marseille par le Samu. Une suspicion d’hantavirus a motivé ce transfert vers une structure de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille.

Selon plusieurs sources médicales, la prise en charge se déroule à l’IHU de Marseille, centre national de référence des maladies vectorielles. Des examens complémentaires sont en cours. Les analyses doivent également être transmises à l’Institut Pasteur à Paris.

L’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur n’a pas confirmé l’information. L’ARS renvoie vers la cellule de crise du ministère de la Santé et vers la conférence de presse de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist qui s’est exprimé sur le sujet : « je n’ai pas connaissance à ce jour de cas dans le sud de la France. »

Cependant ce transfert n’a pas lieu d’être inquiétant à ce stade puisque une admission à l’IHU reste possible pour une surveillance simple. Une prise en charge en réanimation ne se ferait pas dans cette structure.

Une surveillance renforcée après l’épidémie sur le MV Hondius

Le dossier sanitaire reste suivi de près après l’apparition de plusieurs contaminations à bord du navire de croisière MV Hondius. Le bateau, qui devait rallier Ushuaïa au Cap-Vert, a connu une épidémie d’hantavirus. Trois passagers sont morts : un couple néerlandais âgé d’une soixantaine d’années et une voyageuse allemande.

En France, 22 cas contacts ont été identifiés. Une ressortissante française présente à bord du navire a été testée positive lundi 11 mai après une évacuation à Tenerife, en Espagne. Stéphanie Rist a précisé qu’une hospitalisation dans « un hôpital spécialisé en maladies infectieuses, avec toute une technique dans les chambres qui est très protectrice pour éviter évidemment que le virus se propage », était en cours.

Un autre passager considéré comme cas contact a également été transféré mardi 12 mai au CHU de Rennes depuis Concarneau.

Lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, Stéphanie Rist a indiqué que les Français identifiés comme cas contacts étaient « hospitalisés » ou « en cours d’hospitalisation. » Les huit Français présents dans un premier avion entre Sainte-Hélène et Johannesbourg avec la passagère malade « sont actuellement hospitalisés. »

La ministre de la Santé a aussi affirmé qu’« il n’y a pas d’éléments en faveur d’une circulation diffuse du virus sur le territoire national. »

Parmi les cinq ressortissants français rapatriés après la croisière, une femme contaminée reste hospitalisée à Paris dans un état grave. « Une patiente testée positive à l’hantavirus présente une forme grave et est actuellement en réanimation dans un état grave », a déclaré Stéphanie Rist.

Aucun traitement antiviral ni vaccin disponible

La souche « Andes » de l’hantavirus provoque une atteinte des vaisseaux sanguins. Une « maladie de la paroi des vaisseaux, qui va léser les parois des vaisseaux », a expliqué Olivier Schwartz, virologue et directeur de l’Unité virus et immunité de l’Institut Pasteur.

Le scientifique a également rappelé l’absence de traitement spécifique. « Il n’y a pas de traitement antiviral approuvé efficace. On fait uniquement des soins de support. On s’en protège par la restriction physique : le port du masque, le lavage des mains suffisent à faire une barrière suffisante. » Aucun vaccin n’existe actuellement contre cette maladie.

Selon Xavier de Lamballerie, directeur de l’unité des virus émergents et directeur du laboratoire de virologie hospitalier à l’IHU de Marseille, la patiente transférée depuis les Alpes-Maritimes serait un cas contact. « Des cas contacts, nous allons en trouver partout, il ne faut pas stresser. J’ai zéro inquiétude », a indiqué le spécialiste à La Provence.

NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.

Soutenir NicePremium