Réunis ce vendredi au Centre Universitaire Méditerranéen, les élus de la Métropole Nice Côte d’Azur ont adopté, lors du conseil métropolitain, la délibération fixant les taux de fiscalité locale pour 2026. Elle prévoit notamment une baisse d’un point de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM).
La délibération 21.2, relative à la fixation des taux de fiscalité locale, a été adoptée lors du conseil métropolitain présidé par Éric Ciotti. Elle prévoit une diminution d’un point du taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui passe de 10,46 % à 9,46 %. Cette mesure avait déjà été annoncée la veille par le président de la Métropole lors d’une prise de parole au Port de Nice. Elle constitue la troisième étape d’un ensemble de décisions visant à alléger la fiscalité locale.
Pierre-Paul Leonelli en première ligne
Lors des débats, l’ancien premier adjoint de Nice, Pierre-Paul Leonelli, a reconnu que la baisse de la taxe constituait « une opportunité pour les contribuables », tout en exprimant plusieurs réserves sur ses effets à moyen terme. Il a rappelé que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères finance intégralement la collecte et le traitement des déchets sur le territoire métropolitain. Selon lui, cette diminution entraînera un manque à gagner estimé à 12,5 millions d’euros sur un budget d’environ 150 millions d’euros consacré à ce service.
Il a également souligné que la Métropole affiche déjà un niveau de taxation relativement faible comparé à d’autres territoires. À titre d’exemple, il a indiqué que le taux de la TEOM atteint 12,25 % à Cannes, 13 % à Menton ou encore près de 18,7 % à Grasse, tandis que certaines grandes métropoles comme Montpellier ou Lille appliquent également des taux supérieurs.
Des interrogations sur les investissements futurs
Dans son intervention, Pierre-Paul Leonelli a appelé à la vigilance sur la capacité de la collectivité à financer certains projets liés à la gestion des déchets. Il a notamment évoqué la création d’un centre de tri à proximité de l’usine de valorisation énergétique de l’Ariane, un équipement destiné à renforcer l’autonomie du territoire dans le traitement des déchets. Actuellement, une partie des déchets triés est envoyée sur un site situé à Cannes. L’élu a mentionné plusieurs projets d’équipements ou d’infrastructures, comme la future base logistique de Pont-Michel, estimée à environ 40 millions d’euros, ou encore le développement de recycleries et de nouvelles déchetteries sur le territoire métropolitain.
L’opposition a également exprimé des réserves sur certaines orientations budgétaires de la Métropole, notamment concernant les investissements dans les transports. Juliette Chesnel-Le Roux a ainsi dénoncé la baisse de certaines autorisations de programme liées aux transports. « Ce que nous constatons est extrêmement préoccupant », a-t-elle déclaré, évoquant « la diminution de 1,5 million d’euros du budget d’investissement » concernant le projet de future ligne 4 du tramway. Pour l’élue, « ce n’est pas une simple ligne comptable », mais « un signal politique pour les métropolitains », qui pourrait, selon elle, fragiliser un projet qu’elle juge « structurant pour l’ouest de la métropole ».
Malgré ces réserves, la délibération fixant les taux de fiscalité locale et actant la baisse de la TEOM a été adoptée par le conseil métropolitain. Les élus ont ensuite approuvé l’ensemble des délibérations budgétaires associées, notamment les reprises anticipées de résultats de l’exercice 2025 et les budgets supplémentaires pour 2026.
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