Conseil municipal de Nice : la baisse de la taxe foncière adoptée, mais contestée

Le conseil municipal de Nice a adopté ce vendredi la baisse des taux de fiscalité locale promise par le maire Éric Ciotti. Si les délibérations financières ont été votées, les échanges ont été marqués par de vives critiques de l’opposition sur le financement et la méthode employée.

Réuni ce vendredi à l’hôtel de ville, le conseil municipal devait examiner un bloc de treize délibérations financières, dont la plus attendue portait sur la baisse des taux de fiscalité locale. La mesure figurait parmi les engagements centraux de la nouvelle majorité municipale.

Présentée par l’adjoint aux finances Olivier Breuilly, la réforme prévoit notamment une diminution de la taxe foncière sur le bâti, mais aussi de la fiscalité sur le non-bâti et sur les résidences secondaires. « Cette mesure n’est pas un geste symbolique, c’est du pouvoir d’achat. C’est aussi une mesure pour l’attractivité de notre territoire », a défendu l’élu. Selon la municipalité, cette baisse doit représenter plusieurs dizaines de millions d’euros de recettes en moins pour la ville.

Une opposition critique sur le financement

Si plusieurs élus ont reconnu qu’une baisse d’impôts pouvait être un objectif politique légitime, l’opposition a contesté la manière dont elle est financée. Philippe Pradal, président du groupe Tous pour Nice, a notamment souligné que la situation financière de la ville reposait en partie sur la gestion de la précédente mandature. « En 2025, la ville de Nice a dégagé un excédent budgétaire libre d’affectation de 24 millions d’euros », a-t-il rappelé.

Selon lui, une grande partie de la baisse de recettes serait compensée par des ressources non durables, comme la reprise de résultats budgétaires ou des crédits annulés. L’élu a également pointé une réduction de certains investissements. « Quand on regarde les baisses prévues, le sport est touché, la culture aussi, et même le plan de vidéoprotection est amputé de crédits », a-t-il affirmé. Philippe Pradal a également critiqué la méthode employée, le plan d’économies ayant été présenté publiquement avant d’être débattu en commission des finances. « Le plan d’économie de 60 millions d’euros me paraît mélanger un petit peu des choux et des carottes », a-t-il ironisé.

Un choix « idéologique » selon la gauche

Du côté de la gauche, Julien Picot, président de la commission des finances et élu du groupe Unis pour Nice, a dénoncé une orientation budgétaire qu’il juge risquée. « Un élu d’opposition de gauche doit savoir agir : être un garde-fou, et incarner un contre-pouvoir exigeant et transparent. Vous savez mon opposition totale à vos orientations, et à votre camp politique. Mais dans l’intérêt général des Niçoises et des Niçois, nous devons avoir des débats de fond : projet contre-projet. C’est notre seule boussole. »

Avant de poursuivre : « La baisse de la taxe foncière peut séduire à première vue. Elle paraît populaire. Mais elle repose avant tout sur une idéologie ultralibérale, démagogique et dangereuse », a-t-il déclaré devant l’assemblée. Selon lui, supprimer plus de 50 millions d’euros de recettes pourrait à terme fragiliser les services publics locaux. « Moins de recettes, c’est moins de services : moins pour les écoles, moins pour les crèches, moins pour la culture, moins pour le sport », a-t-il estimé.

Interpellé par Julien Picot sur l’évolution future de la fiscalité, Éric Ciotti a été catégorique, et n’a pas exclu de nouvelles baisses : « non, je ne m’y engage pas. J’espère ardemment qu’on continuera la baisse », a répondu le maire, affirmant que les économies réalisées doivent être « placées au service du pouvoir d’achat des Niçois. » Des propos salués par les applaudissements de la majorité. Malgré ces critiques, l’ensemble du bloc financier a finalement été adopté.

Le groupe Tous pour Nice a toutefois choisi de ne pas participer au vote sur plusieurs délibérations, dont celle concernant la baisse de la fiscalité.

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