Dans un match 2 déjà capital, la Roca Team a sombré sur le parquet grec après un début pourtant accrocheur. Dominés dans l’intensité, dépassés dans tous les secteurs et mentalement touchés, les Monégasques ont subi la loi d’un Olympiakos implacable, emmené par un Sasha Vezenkov incandescent. Une défaite lourde, marquée par frustration, maladresse et résignation.
Le début de rencontre laissait pourtant entrevoir une bataille âpre. Un vrai mano à mano, où chaque possession comptait, où chaque tir était contesté. Tyler Dorsey répondait présent côté grec, tandis que Kevarius Hayes s’imposait comme le point d’ancrage monégasque dans la raquette. Monaco tenait, Monaco répondait, Monaco existait.
Mais très vite, un homme a changé le rythme du match : Sasha Vezenkov. Insolent de réussite, clinique dans ses gestes, il enchaîne les paniers avec une facilité déconcertante. Tir extérieur, jeu sans ballon, finition près du cercle : tout y passe. Treize points en un quart-temps, presque sans déchet. Monaco recule, encaisse, plie… puis finit par rompre.
Les premières fissures apparaissent avec les erreurs de Juan Begarin. Mauvais choix, pertes de balle, précipitation : l’Olympiakos n’en demandait pas tant. Chaque approximation est punie immédiatement. L’écart grimpe, doucement mais sûrement. Evan Fournier commence alors son chantier offensif, apportant du liant et de la justesse. En face, Mike James tente de maintenir le navire à flot, alternant création et prises de responsabilités, mais cela ne suffit pas.
Puis vient le basculement. Les Monégasques ne répondent plus. L’attaque se fige, les systèmes disparaissent, les tirs deviennent forcés. En défense, les impacts ne sont plus là, les aides arrivent en retard, les rotations sont inexistantes. Même sur de bonnes séquences défensives, les Grecs plantent des tirs impossibles, comme pour enfoncer un peu plus le clou. Le banc monégasque s’agite, le coach coupe le jeu avec un temps mort… mais rien n’y fait.
L’écart enfle brutalement : dix points, puis 12, puis 16. Et la sensation que le match échappe totalement. La Roca Team ne marque plus : seulement six points en huit longues minutes. Une disette terrible à ce niveau. En face, Thomas Walkup sanctionne à longue distance, encore et encore. Chaque tir est un coup de poignard.
La frustration atteint son paroxysme. Alpha Diallo, Mike James, Jared Blossomgame arrosent à trois points sans réussite. Les possessions deviennent stériles, désordonnées. L’écart explose : +28 pour l’Olympiakos. Et puis l’image forte de la soirée : Mike James, hors de lui, craque. Protestations virulentes, insultes envers les arbitres… exclusion immédiate. Le leader monégasque quitte le terrain, symbole d’une équipe qui a perdu ses nerfs autant que le match.
Le naufrage continue après la pause
La seconde mi-temps, elle, n’aura été qu’un long soupir. L’intensité retombe d’un cran, voire de plusieurs. L’Olympiakos n’a plus besoin d’appuyer. Le tempo ralentit, les systèmes sont exécutés sans urgence. Les titulaires soufflent, le banc prend le relais. Le public savoure, sans tension, presque déjà tourné vers la suite.
Monaco, de son côté, semble absent. Pas de révolte, pas de réaction d’orgueil, pas de série pour relancer une dynamique. Juste une équipe qui subit, qui enchaîne les possessions sans conviction. Les tirs extérieurs continuent de fuir, les pénétrations sont mal négociées, et la défense reste perméable. Le match glisse lentement vers sa fin, sans véritable enjeu.
Les deux équipes jouent alors avec une idée en tête : le match 3. L’Olympiakos gère, Monaco encaisse. L’écart reste massif, l’issue ne fait aucun doute depuis longtemps. Score final : (94-64)
Ce match 2 laisse une impression brutale : celle d’un écart important entre les deux formations, au moins sur cette rencontre. Monaco devra totalement se réinventer pour espérer exister dans cette série. Car au-delà du score, c’est l’impact, l’intensité et la maîtrise collective qui ont fait défaut.
Et à ce niveau-là, ça ne pardonne jamais.
Matthieu Brabant
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