Accueilli en triomphe, Nathan Mesiano se rapproche un peu plus de la Mini Transat 2027

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Sur le port de Beaulieu-sur-Mer à 11 heures ce vendredi matin, nombreux sont ceux qui étaient réunis pour accueillir Nathan Mesiano, seul sur son bateau depuis le 3 septembre. Le jeune homme de 19 ans, amputé du bras droit après une tentative de suicide, voit son rêve de participer à la Mini Transat 2027 proche de se concrétiser.

Certains parcours de vie forgent le respect et l’admiration. L’histoire du jeune Nathan Mesiano, 19 ans, en fait partie. Une histoire qui était proche de s’arrêter il y a quelques années et qui continue, aujourd’hui, de s’écrire de la plus belle des manières.

Passionné par les bateaux depuis son plus jeune âge, Nathan a vécu une enfance au rythme du vent et des voiles, jusqu’au point de bascule de sa vie, en 2022. Cette année-là, à 15 ans, Nathan passe tout proche de la mort. Il fait une tentative de suicide en se laissant percuter par un train et perd son bras droit suite au choc.

Très vite, cet accident devient un déclic, et le jeune Berlugan décide de vivre son rêve à fond, celui de participer aux plus grandes courses du monde sur un voilier : « le fait de passer aussi proche de la mort, ça permet de réaliser à quel point la vie est précieuse. Ce qui m’a aidé à me relever ce sont mes proches, et la passion que j’ai pour la voile. »  

Premier objectif de son rêve, participer à la Mini transat 2027 en septembre prochain. Une course en solitaire d’une quarantaine de jours à travers l’océan Atlantique, reliant La Rochelle à Salvador de Bahia au Brésil.

Pour y parvenir, le jeune Azuréen devait valider plusieurs courses qualificatives afin d’attester de ses capacités. L’émotion était donc palpable ce vendredi matin à quelques minutes de son retour, sur le port de Beaulieu-sur-Mer.

Après 15 jours passés seul en mer Méditerranée, sur son bateau Eos, les proches du jeune homme ne cachaient pas leur impatience à l’idée de le serrer dans leurs bras.

Nathan Mesiano : « Parfois, j’ai eu envie de tout arrêter »

A peine un premier pied sur la terre ferme, et voilà déjà Nathan assaillit de câlins. Sa mère, son petit frère, ses oncles, ses tantes, ses grands-parents, tous se sont précipités un à un sur le ponton, au plus proche du voilier, pour serrer leur héros. « Ça fait bizarre de voir autant de monde quand on vient de passer 15 jours seul », s’est exclamé le jeune azuréen, le sourire aux lèvres.

Passé l’émotion des retrouvailles, il était temps pour Nathan de raconter ses aventures, et la vie seul sur un voilier de 6,50 mètres de long n’est pas de tout repos : « le plus dur pour moi ça a été le manque de sommeil. On ne dort pas plus de 20-30 minutes d’affilée, pour pouvoir toujours être opérationnel sur le bateau. J’ai dû dormir 10 heures lors des cinq derniers jours. »

Et quelques fois, en plus du manque de sommeil et de la solitude, les conditions climatiques viennent elles aussi durcir les traversées : « parfois le vent était très irrégulier, et juste en dormant 20 minutes, le bateau avait complètement tourné. Je me suis retrouvé avec les voiles dans l’eau, puis à l’envers, les nerfs étaient vraiment mis à rude épreuve, j’ai eu envie de tout arrêter. J’ai craqué plusieurs fois pendant cette course, à un moment à 3 heures du matin j’avais plein de problèmes de voiles. Je me suis effondré dans le bateau et j’ai pleuré pendant une heure. »  

Mais très vite, la passion reprend le dessus. Sophie, la maman de Nathan, raconte elle aussi ces moments plus compliqués vécus par son fils : « quand je lui ai dit de se lancer et de réaliser ses rêves, j’étais loin de me rendre compte de ce que ça représentait. L’autre jour il m’a appelé à 6 heures du matin pour me raconter à quel point c’était difficile, et qu’il avait envie de tout arrêter. On a discuté, et puis très vite au bout d’un quart d’heure il m’a dit qu’il était à sa place et que malgré les épreuves il vivait son rêve. »

Nathan Mesiano debout pendant son discours
Nathan Mesiano lors de son discours
Photo : DR – @Marc Lapolla

Un soutien sans faille

Autour de lui pendant son récit, les applaudissements cassent par à-coup un silence qui en dit long sur la profondeur du moment. Sans sourciller, Nathan Mesiano alterne entre récit d’aventure et gratitude profonde pour ses proches, sans qui il n’en serait pas là aujourd’hui.

Son bateau, Eos, il le doit à une cagnotte lancée sur internet pour récolter des fonds, et à Benjamin Mondou, président de Century 21 Lafarge Transactions et mécène de Nathan Mesiano.

Tout part d’une vidéo postée par Nathan sur les réseaux sociaux dans laquelle il expliquait son parcours, son rêve de participer à la Mini Transat 2027, et sa volonté de trouver des soutiens financiers. Benjamin Mondou, touché par son histoire, propose alors au jeune homme de le rencontrer : « ce garçon est solaire, je lui ai tout de suite dit que j’allais l’aider, sans même savoir réellement comment j’allais m’y prendre. J’ai appelé mes copains sportifs, mes copains artistes, et ensemble on a monté une vente aux enchères. On a récolté plus de 20 000 euros au mois de novembre 2025, et ça a permis de financer une partie du bateau. »

Aujourd’hui la relation entre les deux hommes est particulièrement touchante. Sans filtre, le jeune skipper a tenu à largement remercier celui sans qui cette aventure n’aurait probablement jamais vu le jour : « Benjamin c’est une personne humainement extraordinaire, ça a été le premier à croire en mon projet. Moi je croyais que c’était trop beau pour être vrai, et ma mère aussi, et finalement il a tenu toutes ses promesses depuis le début. Avant chaque départ de course il prend de mes nouvelles, j’ai un appel, un message. Merci aussi à sa famille, à ses enfants. Pour l’anecdote je suis même allé pêcher avec eux avant de partir à ma qualif et c’était génial. »

Même sentiment de l’autre côté, pour le mécène, qui considère aujourd’hui Nathan comme « un fils » : « Nathan il est génial, il ne se plaint jamais de son handicap, il n’en parle même pas. Pour lui ça a été une évidence de concourir avec les valides. Il a une force, une détermination, un engagement, il a beaucoup de leçons à nous donner, et moi je le prends souvent en exemple. Avec Nathan, la vie est belle, et c’est fabuleux. »

Nathan Mesiano, son petit frère, sa mère, et son mécène
De gauche à droite : Le petit frère de Nathan Mesiano – Nathan Mesiano – Sophie Mesiano – Benjamin Mondou
Photo : DR – @Marc Lapolla

Cap sur la Mini Transat 2027

Des émotions, Nathan en a vécu jusqu’au bout de son discours. Après avoir évoqué ses péripéties de course, le jeune homme s’est tourné vers l’avenir, en évoquant les frais pour participer à la Mini Transat 2027, liés à la réparation de son bateau, au transport du matériel etc…

Alors qu’il expliquait ouvrir de nouveau une cagnotte, le jeune skipper a été coupé par Stéphane Cherki, maire d’Eze, qui s’est engagé à l’aider financièrement : « je me permets de te couper trois minutes pour te dire que les 15 000 euros c’est moi qui te les donne. »

Nathan Meziano pendant son discours coupé par le maire d'Eze
Nathan Meziano avec Stéphane Cherki, maire d’Eze
Photo : DR – @Marc Lapolla

S’en est suivi une énième salve d’applaudissements, et pas mal de regards humidifiés en voyant la joie du garçon à l’annonce de la nouvelle. Un nouveau moment teinté d’émotions qui prouve à quel point le sport peut être fédérateur.

Maintenant qu’il a rempli tous les critères sportifs, et probablement financiers, Nathan Mesiano doit attendre le mois de janvier 2027 pour obtenir la validation de sa participation à la Mini Transat 2027.

D’ici là, sommeil, nutrition, connaissance de son bateau, Nathan compte bien ne rien laisser au hasard pour mener à bien son rêve, et il conseille à chacun d’entre nous d’en faire autant : « foncez, réalisez vos rêves. Vous n’êtes ni trop jeunes, ni trop vieux, ni trop handicapés pour faire ce qui vous rend heureux dans la vie, vous êtes juste vous, et c’est bien assez pour réaliser vos rêves, alors lancez-vous. »

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