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22 février 2024

Que faire face au cyberharcèlement ?

La sociologue Monique Dagnaud a conduit une conférence portant sur le fléau qu’est le cyberharcèlement. Voilà quelques informations à prendre en compte sur ce sujet.

L’association du Cercle Condorcet des Alpes Maritimes a organisé une conférence dans le but de débattre et d’informer sur le sujet du cyberharcèlement. Cette instance, fondée en 1991, a pour habitude de faire des conférences ou des colloques, libres d’accès, qui prônent le débat toujours dans une bonne ambiance. Ces conférences ou colloques peuvent porter sur des thèmes très variés comme la philosophie morale, la politique, la société, l’économie, l‘histoire, l’actualité, l’éducation, la culture, la science ou même l’éthique. Donc, pour cette conférence sur le cyberharcèlement ils ont invité Monique Dagnaud afin d’avoir l’avis d’une experte à ce sujet.

Qui est Monique Dagnaud ?

Monique Dagnaud est une sociologue, directrice de recherche CNRS-EHESS à Paris. C’est une sociologue des médias et des réseaux sociaux, elle est donc experte dans le domaine du cyberharcèlement. Elle s’est rendue ce mercredi 31 janvier, à l’Espace Magnan, pour nous parler d’un sujet très important de nos jours…le cyberharcèlement. Le but de cette conférence était de répondre à différentes questions très intéressantes: Quelles sont la nature et l’ampleur du phénomène de cyberharcèlement? Comment affecte-t-il la jeunesse? Comment les réseaux sociaux ancrent-ils la violence à l’école ? En quoi participent-ils à un « brouillard numérique » dans la vie des adolescents ? Quels sont les embarras du droit face à un climat et à des pratiques délétères qui ont prospéré ? Quels problèmes et difficultés rencontre la mise en œuvre d’une régulation du numérique en ce domaine ?

Quelques statistiques importantes

La conférence était plutôt tournée vers le cyberharcèlement envers les enfants et les adolescents. L’étude IFOP de novembre 2023 sur le harcèlement, donne des chiffres intéressants. Elle annonce que 15% des adolescents entre 13 et 15 ans ont déclaré être victimes d’harcèlement et 24% pour les jeunes entre 16 et 20 ans. C’est considérable surtout si on considère le fait que parmi ces cas de harcèlement, 44% concernent du cyberharcèlement.

Le Baromètre OpinionWay/Apprentis d’Auteuil d’aout 2022 a interrogée des jeunes entre 15 et 20 ans, ils ont déclaré à 56% avoir vu des vidéos/photos humiliantes circuler dans les smartphones. Et 28% avouent avoir été témoins de cyberharcèlement qu’il n’a pas été dénoncé.

Et pour finir, la Direction générale de l’enseignement scolaire en 2018 déclare que 25% des collégiens disent avoir fait l’objet d’une cyberattaque. Le cyberharcèlement est un phénomène extrêmement vaste. Il est impossible à gérer de manière 100% efficace à cause de l’immensité que représente internet. N’importe qui peut se cacher derrière un écran c’est pourquoi il est important de rester extrêmement vigilant.

L’exemple de Jessi Slaughter

L’affaire de Jessi Slaughter survenue en 2010 est surement l’exemple le plus connu de cyberharcèlement. C’est donc l’histoire de Jessica Leonhardt, elle a 11 ans à cette époque et est très présente sur internet. Elle converse via des chats en ligne et aime poster des vidéos d’elle chantant et racontant sa vie. Mais un jour elle a eu le malheur de se vanter d’avoir eu un rapport sexuel avec un chanteur de rock de l’époque. Elle est ensuite devenue une victime facile pour internet, elle était innocente, extravertie, fragile, mais absolument pas préparée à ce qui aller lui arriver. Ce sont des millions de personnes qui se sont réunis pour se moquer d’elle, à base de vidéos, d’images et de memes. C’est arrivé jusqu’au point où des gens avaient trouvé son adresse et faisaient livrer chez elle des choses improbables, comme des centaines de pizzas. Le père, inquiet pour sa fille, décida de répondre lui aussi en vidéo pour faire cesser ce harcèlement. Il dit porter plainte à la « cyber police » si cela continue. Évidemment les choses ont empiré et maintenant le père est devenu lui aussi la cible d’internet.

Jessi Slaughter, victime du premier cyberharcèlement de masse.

Que faire contre le cyberharcèlement ?

La CNIL donne d’excellents conseils pour prévenir le cyberharcèlement comme le fait d’utiliser des pseudonymes et des avatars. De paramétrer ses comptes et ses profils sur les réseaux sociaux pour garder la main sur les informations que l’on souhaite partager. De bien évidemment sécuriser ses comptes en ligne : mot de passe solide et différent selon les comptes. De bien réfléchir avant d’agir en ligne, il est connu que ce que l’on écrit, partage, « aime » peut avoir des conséquences réelles pour les personnes concernées. Il est important aussi de demander l’accord avant de poster une photo de quelqu’un. Même si vous n’êtes pas directement concerné, restez vigilant et signalez les faits, comportements et contenus illicites.

Le cyberharcèlement est quelque chose d‘extrêmement grave qui en a poussé plus d’un au suicide. Si vous êtes témoin ou victime de cyberharcèlement, parlez-en et agissez ! Vous pouvez en parler à une personne de confiance. Vous pouvez signaler les contenus et leurs auteurs à la plateforme sur laquelle les contenus sont publiés, en conservant des preuves indiquant la date, l’heure et l’auteur des contenus. Vous pouvez bloquer le compte du ou des auteurs des contenus violents pour ne plus voir ses contenus. Et évidemment vous pouvez porter plainte à la police.

Si vous avez besoin d’aide, il existe trois numéros de téléphone gratuits et anonymes qui sont à l’écoute des jeunes. Appelez le 30 18, le 30 20 et le 119

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