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13 juillet 2024

L’Edito du Psy – Terrorisme et intégration

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bobine-50.jpg« Nous sommes au plus haut niveau d’élévation de la menace terroriste ». Cette assertion préoccupante d’un des principaux responsables de l’Uclat, l’Unité française de Coordination de la Lutte antiterroriste vient a priori confirmer la crédibilité des informations transmises à Paris par les services américains de renseignement. La France, comme ses voisins européens les plus proches, pourrait devenir la cible « d’attentats suicides ou à l’explosif », programmés par des filiales de l’organisation djihadiste d’Al-Qaida. Craintes qui ne sauraient être minimisées à la lumière des récentes menaces d’enlèvement ou tentatives d’assassinats ciblés contre des ressortissants français en Algérie et en Afghanistan, deux pays où nos compatriotes sont particulièrement exposés en raison de leur traditionnelle présence économique dans le premier cas et par leur engagement militaire aux côtés de l’OTAN dans le second.

Néanmoins, tout comme leurs partenaires européens, ce que les services français redoutent le plus procède d’un autre scénario : l’initiative isolée – et donc plus difficilement repérable – d’un individu décidé à commettre au prix de sa vie et au nom d’une cause à laquelle il s’identifie sans appartenir structurellement à l’organisation qui la revendique, un attentat meurtrier. La Grande-Bretagne et, plus récemment, l’Allemagne ont ainsi découvert avec stupéfaction que des nationaux de naissance, fraîchement convertis à l’Islam radical pour la plupart, ou des étrangers en apparence solidement « intégrés » dans la culture européenne étaient capables de perpétrer des actes criminels en référence à une idéologie religieuse importée. « Intégrés ». Mot qui dérange dans l’actualité politique. Le procès en Cour d’assises du financier présumé des attentats de 1995 à Paris devrait être l’occasion de rappeler le cas de Khaled Kelkal, identifié comme le principal suspect dans l’affaire de la bombe sur le TGV Paris-Lyon et abattu par les gendarmes en septembre de la même année. Interviewé quelques mois auparavant par un sociologue canadien dans le cadre de son étude, il avait expliqué qu’il ne « s’identifiait pas aux différentes valeurs de la République » mais se référait à la seule lecture – évidemment très personnelle – du Coran.

Si elles se révèlent nécessaires, les lois destinées à renforcer les procédures d’intégration ne suffisent évidemment pas pour déclencher le désir « de vivre ensemble » et celui d’appartenir à une « communauté de destin ». L’acceptation du modèle français – d’autant plus réussie qu’elle est voulue – repose également sur un ensemble de représentations qui fonctionnent comme un pôle d’attraction et dont la dimension économique n’est pas négligeable. On peut comprendre que la croissance ne soit pas au rendez-vous. Tout comme les efforts demandés en terme de régimes spéciaux de retraite, de franchise médicale et d’heures de travail. Mais à l’heure où chacun est sollicité pour accomplir à son niveau un effort salutaire pour le pays, l’Etat devrait prendre garde aux scandales financiers susceptibles d’entacher la crédibilité de son action : les soupçons de délit d’initiés qui pèsent sur plusieurs dirigeants de la firme EADS avec une complicité passive de l’administration tout comme les interrogations qui entourent les douteuses transactions financières de l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie ont de quoi déclencher chez les plus jeunes comme chez les plus démunis incompréhension et colère. Et constituer un terreau propice à tous les reniements et aux récupérations idéologiques ou religieuses les plus extrémistes.

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