Du 2 septembre au 2 novembre 2025, la Casa Fiat de Cultura de Belo Horizonte accueillera l’exposition « Niki de Saint Phalle, Rêves de liberté ». Le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice (MAMAC), actuellement fermé pour rénovation, y déploiera une partie de sa collection. Cette initiative s’inscrit dans la volonté du musée de maintenir une présence nationale et internationale durant sa fermeture.
Depuis janvier 2024, le MAMAC a engagé un vaste chantier de rénovation. Les travaux devraient durer quatre ans. Dans ce contexte, l’institution a choisi de multiplier les partenariats et d’exporter ses collections hors de ses murs. Après plusieurs expositions en France et en Europe, le musée franchit une nouvelle étape avec cette présentation au Brésil.
À Belo Horizonte, le MAMAC prêtera 66 œuvres, dont certaines n’ont jamais été montrées dans ce pays. Parmi elles figurent des pièces des débuts de Niki de Saint Phalle, comme Scorpion and Stag (1956-58) ou Assemblage Painting (vers 1959). On retrouvera également ses célèbres peintures Tirs, dont Long shot – second shooting session (1961). L’œuvre Erica (1965), annonciatrice de la série des « Nanas », sera l’un des points forts du parcours.
Cette exposition bénéficie aussi du soutien de la Pinacoteca de São Paulo, qui enrichira le projet par plusieurs prêts. L’ensemble permettra de montrer pour la première fois au public brésilien une collection d’une telle ampleur consacrée à Niki de Saint Phalle.
Christian Estrosi, maire de Nice, se félicite de cette collaboration : « c’est un honneur pour Nice que de contribuer à cette exposition, qui s’inscrit à la suite des grandes expositions consacrées à cette artiste exceptionnelle, à Toulouse, Houston et San Diego, mais aussi en Norvège, en Suisse et en Allemagne, et plus récemment à Kansas City. Cette collaboration exceptionnelle avec la Casa Fiat de Cultura, dans le cadre de la saison France-Brésil 2025, s’incarne dans un parcours de 66 œuvres du MAMAC, dont les fameuses « NANAS », les premières peintures et de nombreuses sculptures. Avec cette exposition, un nouveau chapitre s’ouvre pour le MAMAC, qui contribuera sans nul doute à faire rayonner Nice à l’international comme le MAMAC l’a toujours fait. »
Une artiste en dialogue avec les luttes de son temps
Niki de Saint Phalle (1930-2002) reste l’une des figures marquantes de l’art du XXe siècle. Autodidacte, elle s’impose dans les années 1960 grâce à des œuvres percutantes, à mi-chemin entre geste artistique et performance. Ses peintures Tirs, réalisées en tirant à la carabine sur des poches de couleur, symbolisent sa volonté de rompre avec les codes établis.
L’artiste est aussi connue pour ses « Nanas », silhouettes colorées représentant une féminité libre et joyeuse. Ces sculptures incarnent son engagement pour l’émancipation des femmes et son désir de mettre en avant une image positive du corps féminin.
Au-delà de la dimension formelle, l’exposition brésilienne mettra en lumière les combats portés par l’artiste. Ses œuvres témoignent de son intérêt pour les questions sociales : lutte contre le racisme, soutien aux droits civiques des Afro-Américains, dénonciation des inégalités de genre. Dans les années 1980, Niki de Saint Phalle s’engage aussi dans la sensibilisation au VIH/SIDA, comme le rappelle la Trilogie des obélisques (1987).
Ce dialogue entre art et engagement sera au cœur de l’exposition Rêves de liberté. En réunissant des pièces couvrant plusieurs décennies, elle donnera à voir la richesse d’un parcours où esthétique et convictions se rejoignent.
La Casa Fiat de Cultura, un relais international
Depuis son ouverture en 2006, la Casa Fiat de Cultura s’est affirmée comme un centre culturel de premier plan au Brésil. Située à Belo Horizonte, elle a déjà accueilli plus de 80 expositions et présenté plus de 2 000 œuvres. Son programme varié permet au public brésilien de découvrir des périodes et des mouvements allant de la Renaissance au Pop Art, jusqu’aux formes contemporaines.
Accueillir l’exposition du MAMAC s’inscrit dans cette logique d’ouverture. L’institution entend offrir un espace de dialogue entre les œuvres européennes et les publics sud-américains. L’événement participe aussi à la saison France-Brésil 2025, qui multipliera les échanges artistiques entre les deux pays.
Pour le MAMAC, ce partenariat représente un enjeu stratégique. Le musée niçois possède l’une des trois plus grandes collections au monde consacrées à Niki de Saint Phalle, avec près de 195 œuvres. Ce fonds a été constitué notamment grâce au don généreux de l’artiste elle-même en 2001. En exportant une partie de ce patrimoine, le musée poursuit sa mission de diffusion, même en période de fermeture.
Une visibilité internationale pour Nice
Au-delà de l’exposition elle-même, le projet illustre la volonté de Nice d’affirmer sa place dans le paysage culturel mondial. La présentation au Brésil contribue à renforcer l’image de la ville comme un pôle artistique dynamique, capable d’entretenir des collaborations avec des institutions prestigieuses.
Le choix de Niki de Saint Phalle, artiste franco-américaine liée à l’histoire du MAMAC, apparaît cohérent. Sa démarche, à la fois plastique et politique, résonne encore aujourd’hui. En montrant ses œuvres à Belo Horizonte, le musée niçois offre au public brésilien une occasion rare de découvrir une artiste qui a marqué son époque par sa créativité et ses engagements.
L’exposition Niki de Saint Phalle, Rêves de liberté s’inscrit donc à la croisée des chemins : une vitrine internationale pour le MAMAC, un hommage à une artiste emblématique et une ouverture vers de nouveaux publics.