« Un rêve qui se réalise » : entretien avec Joseph Strazzanti, responsable du Pôle Mer de Villefranche-sur-Mer 

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Inauguré il y a une semaine, le Pôle Mer « Département des Alpes-Maritimes – Loïc Leferme » fonctionne déjà à plein régime. Son responsable, Joseph Strazzanti, a de nombreux projets en tête. Aidé par des têtes d’affiches comme Jean-Pierre Dick, et le soutien des locaux, le Pôle Mer va de surprise en surprise et se développe au-delà du sportif.

Sourire aux lèvres à l’idée de présenter son nouveau « bébé », Joseph Strazzanti, responsable du Pôle Mer de Villefranche-sur-Mer n’a pas mis de temps à prendre ses marques dans ses nouveaux locaux.

Présent depuis 35 ans au département des Alpes-Maritimes pour le développement des sports nautiques, il incarne aujourd’hui la volonté de Charles-Ange Ginésy, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, de créer un espace qui regroupe tout ce qui touche au maritime.

Du sportif en passant par le scientifique, le Pôle Mer a été pensé pour réunir tous les acteurs du monde de la mer, afin de tirer profit des compétences de chacun pour optimiser la réussite.

Ce Pôle Mer succède à de nombreuses politiques pour promouvoir le milieu marin dans les Alpes-Maritimes. Quels ont été les prémices de ce projet ?

« Si on revient dans le passé, la première partie ça a été de faire en sorte que les clubs de voile puissent vivre toute l’année, puisqu’avant, les moniteurs de voile étaient moniteurs de voile l’été et devenaient moniteurs de ski l’hiver. Donc l’hiver, il n’y avait plus personne dans les clubs, et il ne se passait rien. Depuis l’arrivée du plan voile en 1991, on a pu faire découvrir les bases nautiques aux collégiens pendant les heures d’EPS, et donc ça a permis d’employer les moniteurs à l’année. On a pu développer les bases nautiques, pérenniser des salaires et se lancer dans la compétition. Rapidement, le département est devenu numéro un en France en résultat sportif. »

Concrètement, que va-t-il se passer au Pôle Mer ?

« L’idée du Pôle Mer c’est vraiment de regrouper la course au large, l’apnée, mais aussi le côté scientifique autour de la préservation du patrimoine maritime. Pour la course au large, on a la chance d’avoir le Niçois Jean-Pierre Dick qui met son bateau à disposition pour entraîner les jeunes compétiteurs et transmettre son savoir. On a un partenariat avec la Fédération Française de Voile, eux nous sélectionnent pendant l’année des jeunes d’un très bon niveau qui ont envie d’essayer la course au large. On les confie à Jean-Pierre et au Pôle Mer et on va les préparer, on va les faire naviguer avec lui sur son bateau qui est hyper high-tech pour voir comment ils s’en sortent sur les manœuvres de solitaire. Ensuite, s’ils accrochent vraiment, on va les aider pour trouver des sponsors, les fidéliser, et avoir un projet solide. Ça ressemble à ce qui a été fait avec Nathan Mesiano, qui avait passé plusieurs jours en mer avec Jean-Pierre en janvier.

Pour l’apnée c’est le même principe. Toute l’équipe de Claude Chapuis, de Loïc Leferme et de Guillaume Néry a réussi à faire en sorte que la rade de Villefranche devienne la Mecque de l’apnée mondiale. On a fait cinq championnats du monde ici, donc ça avait encore du sens d’associer l’apnée au Pôle Mer. »

Et au-delà de la dimension sportive, quels sont les projets ?

« On a un gros programme au département sur le plan Méditerranée 06 qui touche à plein de domaines autour de l’environnement. L’idée c’est qu’il y ait des colloques ici, des réunions autour de ces sujets de préservation de la diversité marine. On a aussi une petite partie musée au Pôle Mer où les jeunes peuvent se sensibiliser grâce à des livres, sur les bonnes pratiques à adopter avec le monde marin. L’objectif, c’est d’essayer de capter tout ce qui touche à la mer et d’en faire profiter le plus grand nombre. »

Vue d'ensemble de l'intérieur du Pôle Mer
Photo : Ulysse Vincelot

Comment tout cela va-t-il pouvoir s’organiser au quotidien ?

« Alors, nous sommes trois à être sur le Pôle Mer donc on va essayer de mettre en place des plannings de réservation de salle. Les associations qui voudront faire leurs assemblées générales ou des formations pourront le faire. On va essayer de regrouper tout ça, de faire en sorte qu’il y ait une cohérence, une équité, et que ça ne soit pas toujours utilisé par les mêmes. Au départ, notre première vocation c’était les associations, les organismes, les fédérations. Mais finalement, depuis qu’on a ouvert, on voit qu’on a plein de particuliers qui viennent. La limite ça va être notre présence à nous trois. On va organiser un roulement pour que ça soit ouvert le plus longtemps possible. »

Cela fait une semaine que le Pôle Mer a été inauguré, qu’est-ce qui a déjà changé en une semaine ?

« Franchement en une semaine il s’est déjà passé plein de choses, par exemple pour la section nautique du STAPS de Nice c’est plus pratique. Depuis des années tous les jeudis ils vont avec un camion faire leurs activités, et ils se changent dans le camion. Là maintenant ils peuvent venir se changer dans les vestiaires, poser leurs affaires. On a aussi une petite cuisine avec un frigo, ils peuvent y laisser leur repas.

Et puis en plus on a des surprises tous les jours. On a des retraités du coin, des amoureux de la mer, qui se proposent de nous aider en faisant des permanences de temps en temps bénévolement. Encore ce matin, Rudy Sadiche, un artisan du port est venu nous voir pour mettre à disposition du Pôle Mer un bateau qu’il est en train de racheter, une petite merveille, ‘L’Amadour’. C’est un voilier magnifique qui est dans le port de Villefranche depuis toujours et qu’on voulait essayer de conserver. Et là il vient de nous emmener l’ancien skipper du bateau qui dit « moi, je suis à votre disposition bénévolement pour le faire fonctionner ». C’est encore en cours, mais l’idée ça serait que le bateau devienne l’ambassadeur du département sur les gros événements qu’on finance, les Régates Royales, les Voiles d’Antibes et qu’on puisse développer un programme de formation. Le fait de voir autant d’engouement autour du Pôle Mer c’est magnifique, pour moi c’est un rêve qui se réalise. »

Rudy Sadiche, artisan du port, sur le bateau l'Amadour
Rudy Sadiche, artisan du port, sur le voilier l’Amadour
Photo : Ulysse Vincelot

Quels sont les autres projets en cours ?

« On en a plein. On est en lien avec le Pôle IA de Nice sur un dossier de création de caméras qui filment la plongée sous-marine. C’est un outil très spécifique, et on aimerait innover là-dessus, parce que c’est une société roumaine qui a le monopole de ce type de matériel et ça coûte très cher à acheter.

On a fait une journée de la sécurité en mer avec la préfecture maritime et c’est super parce qu’en fait les plaisanciers, ils ont du matériel à bord imposé pour leur sécurité, mais personne ne leur apprend à s’en servir. Donc on a fait un évènement pour leur montrer comment on ouvre une survie, comment on monte dedans, comment on enfile une combinaison de survie. C’est le genre de choses qu’on veut refaire aussi. »

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