Tourisme : Éric Ciotti dévoile sa feuille de route

Face à près de 300 professionnels réunis pour le lancement de la saison estivale 2026, Éric Ciotti a détaillé ses orientations pour le tourisme. Retour du tourisme d’affaires, nouveaux équipements, baisse de la fiscalité et préparation des Jeux olympiques d’hiver 2030 structurent une stratégie présentée comme un levier économique majeur.

Dans un contexte de transition politique locale, le lancement de la saison touristique 2026 à Nice a servi de tribune à Éric Ciotti pour poser les bases d’une nouvelle stratégie. Devant un public composé d’acteurs de l’hôtellerie, de la restauration et de la culture, le maire a insisté sur le rôle central du secteur dans l’économie locale. « Le tourisme, naturellement, continue et constituera toujours le premier moteur de notre activité économique. »

Les données avancées confirment ce poids. Le territoire métropolitain enregistre 2,7 milliards d’euros de retombées économiques et près de 22 000 emplois directs. La fréquentation atteint 15,2 millions de visiteurs, avec une progression de 3 %. Dans ce contexte, la municipalité affiche une volonté de consolidation et d’adaptation. « Rien ne sera ménagé pour continuer à faire de notre territoire une terre d’accueil, une terre d’excellence. »

L’objectif affiché repose sur une ambition internationale. La ville doit « continuer à s’installer dans cette image de capitale internationale. » Cette orientation passe par plusieurs axes, dont le premier concerne le tourisme d’affaires.

Le retour du tourisme d’affaires au cœur de la stratégie

La disparition du palais des congrès Acropolis a laissé un vide identifié comme structurel. « Nice a subi une faiblesse structurelle en supprimant quasiment son offre de congrès. » La municipalité souhaite répondre à cette situation par une nouvelle offre. Une infrastructure « de très grande qualité » est envisagée afin de renforcer l’activité hors saison estivale.

Trois localisations sont étudiées : le site de l’actuel palais éphémère OcéaNice, le secteur du théâtre de Verdure sur le jardin Albert-Ier, et le parking Sulzer. La proximité avec le centre-ville et le littoral constitue un critère déterminant.

Le projet porté précédemment au MIN fleurs n’a finalement pas retenu. « Je pense que ce lieu n’est pas le plus adapté pour un palais des congrès. » Le site pourrait accueillir d’autres fonctions. La perspective évoquée concerne l’implantation de sièges de grandes entreprises dans la continuité du Grand Arénas. « La configuration, avec l’aéroport à proximité, la gare ainsi que l’autoroute, s’y prête. Cela permettrait de redynamiser cette plaine du Var qui est un peu économiquement morte. »

Cette relance du tourisme d’affaires vise à lisser la fréquentation. L’objectif consiste à « faire monter les taux d’occupation dans l’intersaison. » La stratégie s’inspire de modèles reposant sur des événements internationaux réguliers.

Culture, fiscalité et simplification administrative

Le deuxième levier identifié concerne l’offre culturelle. Une réflexion porte sur la création d’événements à large rayonnement. « Il faut réinventer, inventer des événements à rayonnement national et international. » La programmation actuelle est jugée insuffisante pour attirer des flux importants dans les musées. « Je souhaite que l’on réinvente des événements culturels à rayonnement national et même international (…) Car cela fait bien longtemps (…) que l’on n’a pas accueilli une grande exposition phare capable d’attirer des centaines de milliers de personnes… »

La stratégie repose aussi sur le rôle du secteur privé. « Au delà de la puissance dans l’organisation des événements, je crois profondément que l’essentiel réside dans l’offre privée. » Hôtels, restaurants et commerces sont présentés comme des acteurs déterminants de l’attractivité.

Dans cette logique, un « contre-choc fiscal dès le 24 avril répartis entre la ville et la métropole » est annoncé. Le montant atteint 55 millions d’euros. Le dispositif comprend « une baisse de 20% de la taxe foncière, de 10% de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, ainsi que d’une baisse de la taxe sur les ordures ménagères. »

Une simplification des règles accompagne cette orientation. Les procédures liées aux permis de construire, aux autorisations d’ouverture ou à l’occupation de l’espace public doivent être accélérées. « Le but est d’accompagner ceux qui créent, ceux qui investissent et ceux qui sont les premiers créateurs de richesse. » La collectivité entend jouer un « rôle facilitateur » afin de « créer un terreau fertile pour que l’initiative prospère. »

Un contexte marqué par les Jeux olympiques d’hiver 2030

L’aéroport Nice Côte d’Azur constitue un autre pilier de cette stratégie. L’infrastructure, récemment agrandie avec l’extension du Terminal 2, est présentée comme « un atout extraordinaire » avec 130 destinations internationales. Cette connectivité représente un levier dans la perspective des Jeux olympiques d’hiver 2030. L’accueil de cet événement est qualifié de « sujet prioritaire. » « Nous ne sommes pas loin d’aboutir sur un accord gagnant-gagnant. »

La question des croisières reste encadrée. La position adoptée se veut équilibrée et s’inscrit dans le cadre fixé par l’arrêté préfectoral limitant les flux.

À court terme, les indicateurs sont orientés à la hausse. Le taux d’occupation atteint 69 % en avril. La période d’avril à juin affiche 58 %. Le mois de mai atteint 61 %, soit une progression de 2 % par rapport à 2025. Le mois de juin se situe à 51 %, un niveau comparable à l’année précédente.

La saison 2026 s’appuie sur une quarantaine d’événements. Festivals et compétitions sportives participent à cette dynamique. « Nous avons un taux d’occupation de 69% en avril, de 58% pour la période entre avril et juin, de 61% en mai (…) et de 51% en juin. »

La municipalité cherche à consolider un secteur structurant pour l’économie locale, tout en modifiant certains outils et priorités.

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