Six ans après la tempête Alex, le souvenir reste présent dans les vallées de la Vésubie, de la Roya et de la Tinée. Ce vendredi 2 octobre, un hommage a été rendu aux victimes de la catastrophe et à celles et ceux qui se sont mobilisés dans les heures qui ont suivi. Dans le même temps, la reconstruction se poursuit, avec plus de 615 millions d’euros de crédits mobilisés par l’État.
Le 2 octobre 2020, les vallées des Alpes-Maritimes ont été frappées par la tempête Alex. En quelques heures, les crues ont bouleversé le quotidien de milliers d’habitants. Des routes, des ponts et des bâtiments ont été détruits. Des vies ont été emportées.
Six ans plus tard, cette date reste un moment de recueillement pour les habitants du haut pays. Ce vendredi 2 octobre, plusieurs cérémonies ont été organisées pour rendre hommage aux victimes, mais aussi aux secours, aux bénévoles et à toutes les personnes mobilisées après la catastrophe. À Plan-du-Var, puis dans la vallée de la Vésubie, ces hommages ont rappelé que derrière les chantiers et les chiffres de la reconstruction demeurent des souvenirs qui continuent de marquer le territoire.
À Saint-Martin-Vésubie, une cérémonie a notamment été prévue devant le monument aux morts. Un hommage particulier a également été consacré aux sapeurs-pompiers Loïc Millo et Bruno Kohlhuber, disparus pendant la tempête.
Cette journée intervient alors que les vallées continuent de se reconstruire. Dans un point publié à l’occasion de ce sixième anniversaire, l’État rappelle les moyens engagés depuis la catastrophe.
Plus de 615 millions d’euros mobilisés pour reconstruire les vallées
Depuis la tempête Alex, puis la tempête Aline en octobre 2023, l’État accompagne les collectivités, les habitants et les entreprises touchés par les intempéries. Plus de 615 millions d’euros de crédits ont été déployés pour soutenir la reconstruction.
Plus de 305 millions d’euros sont consacrés aux infrastructures. Les crédits concernent notamment les routes, les ouvrages d’art, les travaux hydrauliques ainsi que les réseaux d’eau potable et d’assainissement.
La reconstruction des ponts d’Ambo et de Caïros dans la vallée de la Roya et de la Bévéra, ainsi que des ponts Venanson et Maïssa dans la vallée de la Vésubie, doit intégrer les risques liés aux crues. L’objectif est de reconstruire des infrastructures adaptées aux conditions des zones de montagne et à leur exposition aux inondations torrentielles, à l’érosion des berges et aux glissements de terrain.
Le Fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit Fonds Barnier, accompagne également les propriétaires touchés. Près de 500 biens ont été pris en compte dans ce dispositif. Sur 480 bâtiments sinistrés ou fortement endommagés, 250 doivent faire l’objet d’une acquisition amiable, représentant 330 lots.
Plus de 90 % des acquisitions prévues sont engagées. Sur les 140 démolitions prévues, 90 ont été réalisées.
À Fontan, un autre chantier concerne directement le bâti ancien et les berges dans la traversée du vieux village. Le projet repose sur le dispositif expérimental « Mieux reconstruire après inondation » (MIRAPI). L’opération porte sur 150 mètres et 40 bâtiments, pour un coût estimé à environ 13 millions d’euros hors taxes.
L’État doit assurer environ 60 % du financement, soit 8 millions d’euros. Les travaux sur le front bâti ont commencé au printemps 2025 et doivent se poursuivre jusqu’à la fin de l’année. La protection des berges doit être réalisée dans la continuité.
La reconstruction concerne aussi l’activité économique. Plus de 550 entreprises, dont 50 exploitations agricoles, ont bénéficié d’un accompagnement. Plus de 10 millions d’euros ont été alloués par les collectivités territoriales et l’État.
Depuis la tempête Alex, 446 entreprises se sont réinstallées. Un fonds d’appui de 4 millions d’euros a également été créé pour accompagner les entreprises sinistrées dans la reconstitution de leur outil de production et la reprise de leur activité.
Six ans après la catastrophe, les vallées portent encore les traces du 2 octobre 2020. Les cérémonies organisées ce vendredi rappellent la dimension humaine du drame. Les chantiers en cours témoignent, eux, d’une reconstruction qui se poursuit, avec la volonté d’adapter les infrastructures aux risques auxquels ces territoires restent exposés.
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