Le tribunal administratif de Nice a annulé, ce vendredi 9 octobre, l’élection de Pierre Ippolito, quatrième adjoint au maire de Nice, Éric Ciotti. L’entrepreneur maralpin faisait l’objet de deux recours contestant son éligibilité en raison de ses liens avec des sociétés titulaires de marchés publics. La décision peut encore faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’État.
Le tribunal administratif de Nice a rendu sa décision après l’audience du mardi 6 octobre. Les magistrats ont prononcé l’annulation de l’élection de Pierre Ippolito, élu sur la liste conduite par Éric Ciotti lors des élections municipales de mars 2026.
Deux recours avaient été déposés contre son élection. Le premier émanait de Marc Concas, ancien élu de l’équipe de Christian Estrosi. Le second avait été engagé par l’ancien préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux. Les deux requêtes contestaient l’éligibilité de l’entrepreneur au regard de l’article L. 231 du code électoral.
Pierre Ippolito occupe depuis mars les fonctions de quatrième adjoint au maire de Nice, avec des délégations aux entreprises, au commerce, au développement économique et à l’enseignement supérieur.
Au cœur du dossier figure la situation professionnelle de l’élu. Ses sociétés bénéficient de marchés publics conclus avec la Ville de Nice, la Métropole Nice Côte d’Azur et la Régie Ligne d’Azur. Cette situation soulevait la question d’un risque de conflit d’intérêts et de la compatibilité de ses fonctions de dirigeant avec un mandat électif.
Lors de l’audience du 6 octobre, le rapporteur public avait conclu à l’inéligibilité de Pierre Ippolito. Les magistrats ont finalement suivi cette analyse en prononçant l’annulation de son élection.
Jean-Marie Benguettat et Alexandre Saradjian appelés à le remplacer
La décision concerne uniquement l’élection de Pierre Ippolito et n’annule pas l’ensemble du scrutin municipal de mars 2026. Son remplacement est prévu au conseil municipal par Jean-Marie Benguettat et au conseil métropolitain par Alexandre Saradjian.
L’annulation n’est toutefois pas encore définitive. Un délai de recours d’un mois est ouvert. En cas de contestation, le Conseil d’État devra se prononcer sur la décision du tribunal administratif.
La question de l’éligibilité de Pierre Ippolito avait déjà été soulevée pendant la campagne municipale. Maître Marc Concas, avocat de Christian Estrosi durant cette période, avait alors contesté la possibilité pour l’entrepreneur de siéger au sein de la future majorité municipale.
L’avocat estimait que les fonctions de dirigeant exercées par Pierre Ippolito et les marchés publics détenus par ses sociétés soulevaient une difficulté au regard de l’article L. 231 du code électoral. Le contentieux avait alors été renvoyé à l’examen du juge de l’élection après le scrutin.
La décision rendue ce vendredi intervient donc plusieurs mois après ces premières contestations. Pierre Ippolito doit désormais attendre l’éventuelle suite judiciaire pour connaître les conséquences définitives de cette annulation sur son mandat.
L’adjoint au maire de Nice est annoncé comme invité du journal télévisé d’ICI Côte d’Azur ce vendredi 9 octobre, à partir de 19h14.
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