Le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030 a acté le transfert des épreuves de glace de Nice vers la métropole de Lyon. Cette décision, prise après plusieurs semaines d’analyses et d’échanges avec le CIO et les fédérations internationales, modifie en profondeur la carte des sites des Jeux. À Nice, les réactions politiques se multiplient déjà.
Réuni avec les représentants du Comité international olympique (CIO), le Bureau exécutif du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030 (COJOP) a confirmé, vendredi 30 mai, le transfert du pôle glace de Nice vers Lyon.
Cette décision intervient après l’abandon du projet d’accueil des compétitions de hockey sur glace à l’Allianz Riviera. Selon le COJOP, « les participants ont dû tirer les conséquences de la décision du nouveau maire de Nice de ne pas accueillir les compétitions de hockey sur glace à l’Allianz Riviera. » Les solutions étudiées sur le territoire niçois n’ont pas permis de maintenir le concept initial.
Le comité d’organisation rappelle également la volonté du CIO et des fédérations internationales de conserver un pôle glace unique. Dans ce contexte, le regroupement de l’ensemble des disciplines de glace, à l’exception du patinage de vitesse, dans la métropole lyonnaise apparaît comme l’option retenue. Des analyses techniques et budgétaires doivent encore être menées avant la validation définitive prévue fin juin.
Un changement majeur pour le projet Alpes 2030
Le transfert vers Lyon modifie l’équilibre territorial imaginé lors de la candidature des Alpes françaises. Le projet initial reposait notamment sur la création d’un héritage durable pour les sports de glace à Nice. Le COJOP reconnaît que cette perspective disparaît désormais et indique que l’ensemble des parties prenantes regrette cette évolution.
La métropole de Lyon devrait accueillir les compétitions dans des équipements existants, notamment la Halle Tony Garnier et le Palais des sports de Gerland. Avec cette nouvelle répartition, la région Auvergne-Rhône-Alpes concentrerait trois des quatre pôles des Jeux, aux côtés de la Savoie et de la Haute-Savoie.
Éric Ciotti dénonce une décision politique
Dans un communiqué, le maire de Nice, Éric Ciotti, dit prendre acte de la décision du COJOP et du CIO. L’édile estime que les Niçois sont « privés d’une partie de cet événement » et considère que « cette décision relève davantage d’un choix politicien guidé par la satisfaction de lobbys privés que de considérations techniques ou organisationnelles. »
La municipalité défend néanmoins la position adoptée ces dernières semaines. Éric Ciotti rappelle l’engagement de ne pas immobiliser l’Allianz Riviera pendant une saison complète et de ne pas engager de dépenses jugées excessives pour les contribuables.
Selon la ville, près de 140 millions d’euros de dépenses publiques initialement prévues pour l’organisation des épreuves olympiques ne seront finalement pas engagées. Ces crédits concernaient notamment la construction d’une patinoire olympique et plusieurs aménagements d’infrastructures.
Le maire annonce que ces moyens financiers seront réorientés vers les équipements sportifs de proximité, avec des projets de rénovation et de modernisation destinés aux clubs, aux associations et aux pratiquants.
Les communistes réclament un plan pour les équipements sportifs
Julien Picot, au nom des communistes niçois, voit dans cette décision « l’échec de Ciotti sur les JO à Nice. » Le responsable politique rappelle l’opposition exprimée depuis plusieurs années face au coût des épreuves de glace pour les collectivités locales.
Les communistes demandent désormais que les budgets rendus disponibles soient affectés à un programme de rénovation des infrastructures sportives existantes. Julien Picot souligne également le déficit d’équipements sportifs à Nice par rapport à la moyenne des grandes villes françaises et plaide pour des investissements tournés vers la pratique sportive quotidienne.
La validation définitive de la nouvelle carte des sites des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030 doit intervenir à la fin du mois de juin, en concertation avec le CIO, le Comité international paralympique et les fédérations internationales.
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