Dix ans après l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, la ville rend hommage aux 86 victimes ce mardi 14 juillet. La présence de Marine Le Pen, invitée par le maire Éric Ciotti, suscite des réactions politiques contrastées avant une cérémonie placée sous le signe du souvenir et du recueillement.
Nice commémore ce mardi les dix ans de l’attentat du 14 juillet 2016. Une journée de recueillement en mémoire des 86 victimes et des plus de 400 blessés, en présence du président de la République Emmanuel Macron, des anciens chefs de l’État François Hollande et Nicolas Sarkozy, du prince Albert II de Monaco, ainsi que de nombreux représentants politiques qui seront présents en fin de journée pour la fin des commémorations.
La matinée a débuté par un défilé républicain sur la place Masséna. Militaires, policiers, pompiers et équipes du Samu ont été chaleureusement applaudis par les familles des victimes et le public présent.
Invitée par Éric Ciotti, maire UDR de Nice, Marine Le Pen a pris place au premier rang de la cérémonie matinale à côté des députés Christelle D’Intorni et Bernard Chaix. Selon l’équipe municipale, « l’ensemble des présidents de partis ainsi que les présidents de groupe de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Parlement européen », ont été conviés aux commémorations du dixième anniversaire de l’attentat.
À son arrivée, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a reçu des applaudissements. À l’issue du défilé, Marine Le Pen a expliqué la raison de sa présence : « extrêmement important d’être présente pour exprimer sa compassion et la volonté de faire en sorte qu’on ne s’endorme pas dans la lutte contre le terrorisme (…) Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas eu d’attentat qu’il faut baisser la garde. »
Cette présence a toutefois alimenté la controverse. La gauche niçoise a dénoncé une politisation de cette journée d’hommage. Dans un communiqué, David Nakache (tous citoyens 06), estime que l’invitation adressée à Marine Le Pen et Jordan Bardella transforme la commémoration en un événement partisan alors que, selon les élus, cette date devrait rester un moment d’unité nationale consacré aux victimes et à leurs proches : « La douleur des victimes et familles de victimes est immense. Leur situation est particulièrement difficile car au trauma de l’attentat se sont ajoutés des faits post – attentat. Le besoin de transparence et de vérité est grand. L’hommage national doit leur être intégralement consacré et ne pas être détourné de son objet. »
Le débat a également été alimenté par un éditorial de Nice-Matin, qui écrit : « La mémoire et le deuil appellent le silence et le respect, pas une opération de communication ourdie comme un jalon vers l’Élysée. »
À l’inverse, le président du département des Alpes-Maritimes, Charles Ange Ginésy, a appelé à l’unité dans un message publié à l’occasion du 14 juillet. « Cette année, cette fête nationale revêt une résonance toute particulière, car nous commémorons également les dix ans de l’attentat de Nice, en hommage aux victimes, à leurs proches et à tous ceux qui ont fait preuve d’un courage exemplaire. Ensemble, unis dans le souvenir comme dans l’espérance, faisons vivre les valeurs qui nous rassemblent. Vive la République, vive la France. »
Le secrétaire départemental du PCF des Alpes-Maritimes et membre de l’opposition au conseil municipal de Nice, Julien Picot, a également appelé à faire de cette journée un moment de rassemblement. Dans un communiqué, l’élu estime que, « le recueillement est un devoir. Mais la mémoire n’a de sens que si elle nourrit un engagement. » Julien Picot ajoute que « face au terrorisme, notre réponse ne doit jamais être la peur, le repli ou la division et appelle à défendre une République une et indivisible, fidèle à sa devise : Liberté, Égalité, Fraternité. »
La suite des commémorations
La cérémonie officielle doit débuter à 18 heures sur la place Masséna. Un montage de témoignages ouvrira l’hommage. Ensuite, 43 enfants et 43 premiers secouristes déposeront un rameau d’olivier sur les 86 chaises bleues symbolisant chacune une victime de l’attentat de la Promenade des Anglais.
La soirée s’achèvera avec un spectacle de 2 016 drones, avant que 86 faisceaux lumineux ne soient projetés dans le ciel à 22h34, heure à laquelle le camion utilisé par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait été immobilisé le 14 juillet 2016.
Au-delà des échanges politiques, plusieurs proches des victimes présents sur place ont regretté que l’attention se porte par moments davantage sur les responsables politiques que sur la mémoire des disparus. Pour de nombreuses familles, cette journée doit avant tout rester celle du souvenir, du recueillement et de l’hommage rendu aux 86 victimes de l’attentat de Nice.
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