La manifestation déclarée organisée ce samedi 31 octobre à Nice a rassemblé 4 200 personnes dans une ambiance globalement calme. Si le cortège s’est dispersé sans incident majeur, la soirée a été marquée par plusieurs regroupements et des tirs de mortiers, entraînant de nouvelles interpellations.
La mobilisation était particulièrement surveillée ce samedi dans le centre-ville de Nice. Après deux précédents week-ends marqués par des violences et des dégradations, les autorités avaient renforcé le dispositif de sécurité à l’occasion de cette nouvelle journée de manifestation. À l’appel du syndicat Solidaires 06, 4 200 personnes ont finalement défilé dans les rues de la capitale azuréenne, selon les chiffres de la préfecture des Alpes-Maritimes.
Dès la matinée, plusieurs commerçants installés sur le parcours avaient pris leurs précautions. Des terrasses ont été rentrées et certains établissements ont baissé leurs rideaux de fer pour une « fermeture exceptionnelle. » Le tracé avait notamment été pensé pour éviter l’avenue Jean-Médecin et les principales artères commerçantes, déjà touchées par les dégradations du 17 octobre.
Parti de la place Masséna vers 14h45, le cortège a rejoint la place Garibaldi en passant par le boulevard Jean-Jaurès et le secteur du port. Les manifestants ont défilé au son de la musique, avec des pancartes et des drapeaux syndicaux, notamment ceux de la CGT Éducation, de Force ouvrière et de Solidaires 06.
Plusieurs slogans ont été entendus pendant le parcours, parmi lesquels « La jeunesse emmerde le FN », « Siamo tutti antifascisti » ou encore « Tout le monde déteste les fachos. » Des moments plus festifs ont également ponctué la mobilisation, avec des musiciens et des danseurs au sein du cortège.
Les forces de l’ordre ont procédé à des contrôles d’identité place Garibaldi, notamment auprès de personnes portant des masques ou des pancartes ACAB, malgré les restrictions en vigueur. Aucun affrontement majeur n’a toutefois été signalé pendant la manifestation déclarée.
Une manifestation calme, puis des tensions à la tombée de la nuit
La dispersion a débuté vers 16h52 et s’est déroulée sans encombre. Des prises de parole syndicales ont ensuite eu lieu place Masséna, où les derniers participants se sont progressivement dispersés. Un nouvel appel à manifester a été lancé pour le jeudi 5 novembre à 10 heures.
Dans son bilan communiqué en début de soirée, la préfecture des Alpes-Maritimes a confirmé l’absence d’incident pendant le rassemblement déclaré. « La manifestation s’est déroulée dans le calme et aucun incident majeur n’est survenu », ont indiqué les services de l’État, qui ont également salué le dispositif policier déployé pour sécuriser les participants et protéger les commerces.
Le bilan initial faisait état de sept interpellations en marge du cortège et lors de contrôles en gare. Les motifs évoqués concernaient notamment le port d’arme, le port de masque dissimulant le visage et l’outrage.
La situation a toutefois évolué après la dispersion. Un peu avant 19 heures, plusieurs groupes masqués et mobiles se sont constitués dans le centre-ville. Les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser ces regroupements. Cinq interpellations supplémentaires ont ensuite été annoncées vers 19h20, à la suite de tirs de mortiers.
La journée s’est également accompagnée d’un rassemblement statique en soutien à la Palestine, place Garibaldi. Plus de 70 personnes y ont participé avant une dispersion à 18h15, sans incident.
Dans les Alpes-Maritimes, les autorités avaient mobilisé 650 policiers nationaux et gendarmes pour encadrer les différents rassemblements et prévenir de nouveaux débordements. À Nice, la vigilance reste de mise pour la soirée d’Halloween. Un arrêté préfectoral interdit les rassemblements revendicatifs non déclarés dans les centres-villes de Nice et de Cannes jusqu’à 6 heures dimanche matin. Un couvre-feu concernant les mineurs non accompagnés d’un représentant légal est également appliqué dans plusieurs secteurs de la ville, de 22 heures à 6 heures.
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