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8 juillet 2024

Hassan Fadli : 5 Ironmans pour vaincre Alzheimer

Ce mercredi 12 juin s’est tenue une conférence sur le sport comme moyen de prévention et de sensibilisation. L’occasion d’interviewer Hassan Fadli, Ambassadeur Alzheimer qui porte le projet « 5 Ironmans pour vaincre Alzheimer ».

C’est à l’amphithéâtre Garibaldi que s’est déroulé la projection du documentaire d’Hassan Fadli, réalisé par Adrien Rivollier. Suivie d’une conférence où professeurs d’universités, chercheurs, médecins ou encore la directrice de France Alzheimer 06 ont participé.

De nombreuses études montrent qu’une activité physique régulière réduit le risque d’être atteint de maladie neurocognitives de 30% environ. Hassan Fadli l’a compris. Et pour cela il a décidé de se lancer le défi de participer à cinq Ironmans, dans cinq pays d’Europe, sur une année. Un défi de taille, mais avec deux missions principales : la sensibilisation autour de la maladie d’Alzheimer auprès du grand public. Et mener un projet de prévention pour informer sur les moyens de prévention de cette maladie. Il nous en parle lors d’une interview pour Nice Premium.

Lancement du projet

Racontez-nous le jour où vous avez décidé de vous lancer dans ce projet ?

« C’était le lendemain d’une conversation que j’ai eu avec mon papa qui m’a suggéré, sous un figuier au fond du jardin, de faire quelque chose pour la communauté, le bien que nous sommes, nous, les gens. C’était un grand moment, un bel échange, hyper naturel, hyper profond. Et puis, je lui dis « mais de quel ordre ? », il m’a dit « cette maladie ». Et c’était en fait une reconnaissance, il était sorti de sa perte de déni, il acceptait qu’il fût en plein déclin cognitif, il commençait même à perdre son discernement. »

Il poursuit : « il n’y a pas de solution concrète, pas de médicament, mais visiblement, il y a de la prévention, alors pourquoi tu ne ferais pas quelque chose ? Ça m’a travaillé. Le lendemain, je suis parti courir dans les bois. Puis je suis revenu avec l’idée de courir cinq Ironmans pour la cause Alzheimer. »

Pourquoi l’Ironman ?

« Parce que je pratiquais le triathlon quand j’étais plus jeune. J’ai repris ce sport y a dix ans en arrière, après une carrière d’expert où j’ai pu voyager un peu partout dans le monde. Je me suis dit toujours dit que l’Ironman, j’aimerais bien en faire un. Mais le faire, pour le faire, c’est peu motivant, peu gratifiant, peu encourageant. Tandis que là, c’est la réponse qui s’est présentée naturellement : ne pas en faire un, mais en faire plusieurs en une année. Une façon de secouer la conscience et l’intérêt autour de : pourquoi ce mec va courir cinq Ironman en une année ? Pour quelle cause ? Quel est le besoin ? L’état des lieux ? La situation de cette maladie aujourd’hui ?

Je me vois encore en train de m’occuper de mon père, c’est hyper douloureux. On ne se rend pas compte de la difficulté du métier d’aidant. Je crois qu’il m’a donné ce projet pour qu’on sorte de cette période difficile qu’on a tous vécue avec ma famille. On avait besoin d’être porté par un projet fort, grand, qui a du sens. Et avec le sport, comme moyen vecteur de message sur la cause. Mon père m’a suggéré et initié ce projet, ça s’appelle la résilience : rebondir d’un moment tragique et douloureux. »

Pourquoi cinq et pourquoi ce choix de pays ?

« Alors cinq parce que ça rentre dans une main. Ce sont aussi les moyens de prévention et les facteurs de risque de l’Alzheimer : la nutrition, la stimulation cognitive, l’activité sociale, la santé cardiovasculaire et enfin l’activité physique. Et puis ça permet d’aller voir l’Europe du Nord, l’Europe du Sud et l’Europe centrale. De comprendre les spécificités de chacun des pays visités, les cultures et les systèmes de santé différents. Et c’est aussi toute l’idée de ce documentaire, de ce projet : c’est d’aller voir toutes ces pratiques différentes dans l’application et dans le suivi des personnes. »

« J’ai des nouvelles casquettes, mais je suis passionné » 

Hassan Fadli

Aujourd’hui, vous vous consacrez à 100% dans cette association. Quels étaient les risques, appréhensions et les doutes en vous lançant dedans ?

« C’était un moment particulier de choisir sa bataille. J’étais directeur de recherche et développement pendant 20 ans. J’ai eu une très belle carrière, mais j’étais épuisé. Je suis arrivé à une intersection et je n’avais plus trop de motivation pour ce métier. Par contre, il y avait un truc à faire avec cette association. Il y a un risque et des doutes : est-ce que je pourrais aller au bout ? Est-ce que je pourrais fédérer ? Est-ce que je pourrais avoir une équipe, des coachs, des partenaires, des sponsors, le financement ? Et puis j’ai débusqué chacune de ces boxes. J’ai mis en place un plan d’action pour arriver, non pas sur la ligne de départ, mais sur la ligne d’arrivée.

Et puis après j’ai dû sécuriser un budget, des fonds propres donc il y a une approche un peu kamikaze. Plus de salaires du jour au lendemain, tu mets tes fonds propres dans un projet où tu vas peut-être tout perdre. C’est typiquement la prise de risque. Et quand c’est un engagement qui fait appel à tes valeurs, on se dit que ça peut marcher. L’an passé, c’était dur, et là 2024 ça va beaucoup mieux, on a pu fédérer davantage et on est beaucoup plus confiant pour la suite. C’était difficile au début comme tout projet. Mais j’ai beaucoup appris. Et c’est finalement en levant le pied aujourd’hui, que les planètes s’alignent. »

Vous parlez d’épuisement dans votre ancien travail. Est-ce qu’il n’y a pas une forme d’épuisement à faire 10 à 15h d’entraînement par semaine ?

« Il y a une forme d’épuisement dans ce projet, car c’est un projet qui est personnel. C’est une passion, une histoire personnelle partie d’un contexte personnel. Mais pour moi, l’épuisement est plus fort dans la gestion du projet. Je coordonne, je fais le management, la communication, le site web, les médias, les contacts, la coordination du budget, du planning. J’ai des nouvelles casquettes, mais je suis passionné.

Et non, pour les entraînements, on y va graduellement, j’ai des coachs en nutrition, préparation physique, mentale. On a la chance d’avoir une belle équipe. Et la partie entraînement, c’est plutôt une partie de détente. L’entraînement d’Ironman, c’est faible intensité mais du volume. Et une routine s’est installée, on essaye d’éviter la fatigue et la blessure grâce aux coachs. »

L’importance de la sensibilisation et de la prévention

Qu’est-ce que vous mettez en place justement pour sensibiliser ?

« Le meilleur moyen de sensibiliser, c’est de parler de la maladie. Tous les canaux, les plateformes sont utiles. Ça passe par des conférences, des rencontres et interviews. Par exemple, on a passé la matinée à la faculté de médecine, avec des professeurs. Puis, on a participé à un atelier avec des étudiants en orthophonie. Et puis on a compris les bienfaits de l’orthophonie. Donc, notre rôle, c’est de témoigner. C’est un moyen de sensibilisation. Ensuite, le documentaire sera la résultante principale du projet. On espère viser le grand public par les chaînes et les plateformes TV.« 

Comment pouvons-nous contribuer à ce projet ?

« Faire parler du projet, le relayer le projet, relayer nos capsules vidéo, nos missions. Nous inviter à venir à vos écoles. On a déjà organisé des conférences au sein de collèges et lycées. On parle aux jeunes, car la maladie se déclenche à l’âge de 30 – 35 ans. Donc la meilleure prévention possible, c’est le plus tôt possible.

Donc invitez-nous auprès de vos écoles. Car oui, il y a un côté culturel, un côté média, un côté documentaire, un côté sport et un côté santé public. On coche pas mal de rubriques finalement pour intéresser un large public. C’est un c’est un challenge, je ne pense pas qu’on l’a réussi aujourd’hui, mais tout est à faire demain. »

Quelle suite pour vous ?

« On va prolonger clairement la promotion du sport pour la prévention santé. On a quelques idées en tête autour d’événements sportifs et de challenges sportifs. Mais 2025, on prolonge l’exercice. »

Alors, rendez-vous ce dimanche 16 juin 2024 à Nice, pour suivre son 3ème Ironman.

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