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18 juin 2024

Élections européennes 2024 : les jeunes vont-ils voter ?

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76% des 18-34 ans ont prévu de s’abstenir aux prochaines élections européennes. Alors que le vote est prévu du 6 au 9 juin, la situation est inquiétante. Entre désintérêt et désengagement, abstention ou tentés par le Rassemblement National…les jeunes sont scrutés de près et avec attention.

C’est 360 millions d’Européens qui sont appelés à voter et 81 députés que la France devra élire. Leur rôle ? Débattre et voter des lois proposées par la Commission européenne. Mais les élections européennes de 2024 s’annoncent marquées par l’abstention et battrait peut-être un record.

Selon un sondage de l’IFOP-Fiducial, celle-ci doit atteindre les 76% chez les jeunes de 18 à 34 ans. La raison ? ces derniers estiment de ne pas être représentés politiquement et seraient dépolitisés. Pour cela, c’est auprès des jeunes Niçois que la question a été posé. En s’intéressant sur les intentions de vote et la place de la politique dans leur quotidien. 

La place de la politique dans la ville de Nice

Pour cette occasion, le 29 mars dernier, la ville de Nice à organiser un jeu de rôle intergénérationnel pour comprendre le fonctionnement du Parlement européen. Entre les enjeux mais aussi l’impact de l’Union européenne sur le quotidien des citoyens français.

Bien que ce jeu ait réuni 150 jeunes et séniors, l’étude de l’IFOP montre qu’une grande partie des jeunes français n’ont pas prévu de voter.

Le défi du désintérêt politique 

À l’approche des élections européennes, la décision est prise pour plusieurs Niçois. Inculture politique, lassitude, douteux quant à l’utilité du vote dans les décisions politiques…telles sont les raisons de cet absentéisme.

Comme le dit Sarah, étudiante de 22 ans : « Je ne m’intéresse pas du tout à la politique et c’est aussi car on ne nous initie pas à ça. Je n’ai donc pas prévu de voter car les décisions prises politiquement n’ont pas de répercussions sur ma vie.» 

D’après Public Sénat, des chercheurs parleraient « d’abstention intermittente » pour caractériser ce comportement électoral. C’est-à-dire un vote important lors de l’élection présidentielle, mais moindre lors des autres scrutins comme celui des européennes.

Comme l’explique Valentin, 23 ans : « J’ai l’habitude d’aller voter mais que pour les présidentielles car j’estime que c’est l’élection la plus importante. Je ne vois pas réellement l’impact que peut avoir les élections européennes. » Selon une étude de l’Insee, en 2019, 62% parmi les 18-24 ans ne se sont pas déplacés pour voter alors qu’ils possédaient une carte électorale.

« Voter est un droit et un devoir du citoyen » 

Parmi ceux qui ont prévu de voter, c’est 32% des 18-24 ans favorables à Jordan Bardella et donc au RN. Ce taux révèle que les jeunes sont la deuxième catégorie d’âge à voter en faveur de l’extrême droite. Entre ceux qui ont prévu de voter, Baptiste, Niçois de 23 ans : « On peut se demander si voter ça change quelque chose à la politique du pays mais je voterais. C’est un droit et un devoir en tant que citoyen. On a la chance de pouvoir s’exprimer, même si on vote blanc, c’est un geste de protestation qui peut être exercera son influence .»

Bien que certains jeunes aient prévu de voter, la connaissance en matière de politique reste tout de même minime. Tel est le cas de Valentin (un autre intervenant, ndlr), 25 ans, qui a prévu de voter pour le LFI sans raisons apparentes. « Je ne saurais pas vraiment expliquer mon choix car je n’ai pas une grande connaissance sur les partis politiques. Mais je connais les grandes lignes », explique-t-il. 

Le clivage politique ne permet pas une réelle représentation de la population 

Cependant, la politique d’aujourd’hui montre un clivage gauche-droite depuis la victoire d’Emmanuel Macron et son « nouveau centre ». Selon Libération, Emmanuel Macron a brandi le slogan « et de gauche et de droite », devenu « ni de droite ni de gauche », pour être ensuite qualifié de « et de droite et de droite ». De ce fait, le clivage ne permet pas aux jeunes de se sentir représentés.

Il y a aussi une évolution des mentalités et une ouverture sur certains sujets. Les générations prennent du bon de chaque parti plutôt que de s’identifier à une seule idéologie.

Comme l’explique Léa, 19 ans : « Je ne me sens pas du tout représentée car je prends des idées bonnes de tous les bords mais il n’y a pas un parti qui a toutes ses idées en pratique, donc c’est 50/50. En tant que femme, vu la complexité pour les femmes d’avoir le droit de vote, je trouverais ça horrible de ne pas le faire ». 

Des nouvelles façons de s’engager 

D’après la fondation Jean Jaurès, l’absence de vote chez les jeunes ne traduit pas un désengagement de leur part. Une enquête réalisée par BVA Xsight en 2022 montre que 55% des 18 à 24 ans se disent engagés. Syndicat, association ou bien de façon individuelle.

Bien que les jeunes ne portent pas d’intérêts à la politique et ne voient pas d’utilité au vote, leurs combats et prise de position s’accentuent sur les réseaux. Selon le Baromètre 2023, l’engagement en ligne via les pétitions et les réseaux sociaux demeure « l’implication citoyenne la plus répandue dans la jeunesse. » Une nouvelle façon de montrer leur opposition et leur mécontentement lors des décisions prises politiquement.

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