Sept mois après l’élection de la nouvelle municipalité menée par Éric Ciotti, le syndicat CGT Nice Métropole Côte d’Azur a tenu une conférence de presse pour dénoncer le manque de visibilité, le blocage des négociations salariales et l’augmentation préoccupante de la souffrance au travail.
Ce vendredi 16 octobre, c’est un état des lieux alarmant qu’ont dressé les représentants syndicaux de la CGT territorial lors de leur conférence de presse. Sandy Voredini et Andrew Renault co-secrétaire général, ainsi que Stéphane Poulet, trésorier du syndicat et élu au CST, ont exposé les vives inquiétudes qui traversent l’ensemble des trois entités, où travaillent entre 12 000 et 14 000 agents.
Au cœur des préoccupations figure la restructuration drastique des services. L’organigramme est passé de 140 directions à environ 40 aujourd’hui. D’après le syndicat, cette première ébauche d’organigramme comporte de nombreux postes vacants ou assurés par des directeurs par intérim.
Cette situation crée un flou qui touche l’ensemble des chaînes hiérarchiques (sous-directions, chefs de service, chefs d’unité, agents d’exécution). La CGT redoute des suppressions de postes, ciblant en premier lieu les agents contractuels dont les contrats ne sont pas renouvelés.
Le syndicat pointe également des départs spontanés d’agents cherchant à fuir l’insécurité organisationnelle, ce qui déstabilise des services déjà en manque d’effectifs. Interrogée sur les justifications données par la collectivité, la CGT évoque l’argument d’annonces de 60 millions d’euros d’économies budgétaires et un souhait de resserrer l’encadrement.
Baisse de revenus et négociations au point mort
Sur le volet financier, la réorganisation entraîne une baisse des régimes indemnitaires pour les cadres dont les responsabilités diminuent. Par ailleurs, la CGT déplore l’arrêt de toutes les négociations salariales entamées sous l’ancienne municipalité, suspendues en raison de la période électorale puis non relancées depuis sept mois.
Sur le plan financier et du pouvoir d’achat, le syndicat dénonce une dégradation continue de la situation des agents territoriaux face au coût élevé de la vie et du logement dans le département. La CGT porte une revendication globale d’augmentation de 150 € net sur le régime indemnitaire pour l’ensemble des personnels des trois entités. Au-delà de cette mesure générale, des négociations salariales urgentes sont réclamées pour des secteurs particulièrement précarisés. Le personnel de l’éducation, les animateurs (dont la majorité est rémunérée au SMIC) et les artistes contractuels de l’Opéra de Nice sont concernés. Enfin, le syndicat regrette vivement le refus de l’exécutif d’accorder la gratuité des transports en commun aux agents, alors même que cette mesure a été octroyée aux personnels soignants et à la pénitentiaire.
Risques psychosociaux, la CGT alerte sur la souffrance au travail
Sur le front de la santé mentale, le constat de Stéphane Poulet est sans appel. « Surcharge de travail, isolement, manque de reconnaissance et défaillances organisationnelles alimentent une souffrance préoccupante et en constante hausse. »
Bien qu’un courrier d’alerte circonstancié de quatre pages ait été adressé au Maire de Nice et Président de la Métropole, le 17 septembre dernier, la CGT déplore une absence totale de réponse concrète. Pire encore, lors des récentes instances de sécurité et conditions de travail, il est apparu que le logiciel de médecine préventive gérant le Document Unique d’Évaluation des Risques était techniquement inadapté au nouvel organigramme, rendant la collectivité aveugle face à la détresse de ses salariés.
Bien que le dialogue ne soit pas totalement rompu avec les instituions, la CGT ayant été reçue par la direction générale en août, le syndicat dénonce l’absence de réponses concrètes et le report des arbitrages à janvier.
Face à cette situation, des préavis de grève et des processus de mobilisation sectoriels sont en préparation pour la mi-novembre, notamment dans les secteurs de l’Opéra, de l’éducation, et au sein des musées. Interrogé sur l’absence d’un mouvement général, le syndicat explique que le contexte politique et l’inquiétude quant à la sécurité de l’emploi freinent certains agents, en particulier contractuels, à se déclarer grévistes.
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