Trois ans après le 7 octobre, Nice garde le souvenir des victimes et le refus de la haine

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Trois ans après les attaques terroristes du 7 octobre 2023 en Israël, un hommage solennel s’est tenu à Nice. Devant le mémorial dédié aux victimes à la colline du Château, représentants de l’État, élus locaux et membres de la communauté juive se sont rassemblés. Ensemble, ils ont rappelé l’importance du souvenir, tout en affirmant leur volonté d’affronter la montée de l’antisémitisme avec fermeté.

Le 7 octobre 2023, plus de 1 200 personnes, dont 51 citoyens français, ont perdu la vie lors d’une attaque terroriste d’une grande violence menée par le Hamas, décrite par les spécialistes comme le pire pogrom (massacre dirigé contre une minorité ethnique ou religieuse, N.D.L.R.) depuis la Shoah. Ce jour-là, 251 personnes ont aussi été prises en otage. Trois ans plus tard, sous une pluie fine et un ciel gris, l’émotion reste vive à la colline du Château, où un mémorial a été installé pour ne jamais oublier. « Cela fait déjà trois ans et nous avons l’impression que c’était encore hier », exprime Jérôme Culioli.

Un par terre de bougies devant le mémorial du 7 Octobre 2023 pour les 3 ans
Photo: Matteo Jeune

Lors de cette cérémonie de commémoration, les prises de parole ont montré que la douleur reste présente, mais que la détermination à vivre en paix demeure plus forte que tout.

Pour Jérôme Culioli, président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) Sud-Est Corse, cette date rappelle un traumatisme profond pour la communauté juive. Il a évoqué le choc ressenti ce matin-là, mais aussi le courage des familles et le soulagement d’avoir vu les derniers otages être libérés un an auparavant. Malgré la tristesse des événements, Jérôme Culioli a tenu à transmettre un message d’espoir pour l’avenir. « Dans ce dilemme entre la tristesse du souvenir et la joie de la fête, ce seront toujours la joie et la vie qui domineront. »

Le soutien de la ville et le message d’espoir

Le maire de Nice, Éric Ciotti, a lui aussi partagé son souvenir des lieux du drame, où il s’était rendu peu après les attaques. Il a souligné la force du peuple juif face à la barbarie et rappelé le rôle de Nice dans ce travail de mémoire.

« Aujourd’hui, le ciel est sombre, mais qui mieux que les Juifs pour savoir qu’un soleil se cache même derrière les plus épais nuages. Ce soleil, c’est celui de la paix. »

Au-delà de l’hommage aux victimes, les discours ont largement abordé la question de l’antisémitisme en France. Depuis trois ans, les actes et les insultes visent de nombreux citoyens en raison de leur religion. Les intervenants ont dénoncé les pièges d’une haine qui cherche parfois à se cacher derrière des discours politiques. Jean-Marie Girier, préfet des Alpes-Maritimes a insisté sur la nécessité d’ouvrir les yeux face à cet antisémitisme, qu’il soit direct ou plus discret.

« L’antisémitisme ne devient pas acceptable sous couvert de débats intellectuels. La haine en costume ou en kéfié reste de la haine. » Il a également fermement condamné l’idée que les citoyens juifs français devraient se justifier ou s’expliquer sur la situation au Proche-Orient pour avoir le droit de vivre en sécurité dans leur propre pays.

Face à l’inquiétude de nombreuses familles, les autorités ont tenu à rassurer la population. La protection des écoles, des lieux de culte et des rassemblements reste une priorité absolue pour les forces de l’ordre, les policiers et les militaires déployés sur le terrain. Le préfet a conclu la cérémonie en rappelant que la protection de chaque citoyen est un devoir fondamental pour le pays : « Quand un citoyen ne peut plus prier ou s’instruire en sécurité, c’est la République tout entière qui est atteinte. Vous n’êtes pas une communauté tolérée, la République, c’est vous. » 

Trois ans après le drame, la ville de Nice a ainsi réaffirmé son soutien aux victimes et son attachement aux valeurs de liberté, de sécurité et de fraternité.

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