Les championnats du monde d’Ironman 70.3 se déroulent ce week-end à Nice. Chez les femmes, Taylor Knibb est l’immense favorite en l’absence de Lucy Charles-Barclay. Marjolaine Pierré, la niçoise, peut espérer se mêler à la lutte. Côté masculin, un remake de l’édition 2025 entre Jelle Geens et Kristian Blummenfelt semble se dessiner.
1,9 kilomètres de natation dans la mer Méditerranée, 90 kilomètres de vélo dans l’arrière-pays niçois, et 21,1 kilomètres de course à pied sur la Promenade des Anglais, voilà ce qui attend les athlètes ce week-end lors des championnats du monde d’Ironman 70.3 à Nice.
Quand on parle d’Ironman « 70.3 », on désigne un format qui correspond à la moitié d’un Ironman « classique » (ou Ironman longue distance, N.D.L.R.). L’épreuve de ce week-end sacrera les champions du monde masculin et féminin 2026 sur ce format, autant dire que les enjeux sont colossaux pour les athlètes.
Le parcours niçois rend cette édition 2026 plus incertaine que les précédentes. L’année dernière à Marbella, les difficultés étaient réparties à vélo comme en course à pied. Cette année, le juge de paix de l’épreuve s’appelle le Col de Vence, que les coureurs grimperont à vélo. A lui seul, il représente plus de la moitié du dénivelé total de l’épreuve de 630 mètres sur 1 190 au total.
Alors forcément, en conférence de presse, le col de Vence est au cœur de toutes les discussions. « Je me suis bien préparé pour le col de Vence. Je l’ai grimpé hier sous la pluie et tout s’est bien passé donc je me dis que samedi au soleil, tout devrait aller », a déclaré la Suissesse Julie Derron, médaillée d’argent en triathlon aux Jeux olympiques de Paris 2024.
Pour Kat Matthews, deuxième des championnats du monde d’Ironman 70.3 en 2023 et 2024 : « le plus dangereux sera la descente du col de Vence, j’espère ne pas laisser trop d’énergie dans la montée pour rester lucide dans la descente. »
Chez les hommes, même constat. Pour Kristian Blummenfelt, deuxième en 2025 à Marbella, le col de Vence risque de faire des différences : « Je pense qu’il y aura plus d’écart entre nous tous cette année. A Marbella l’année dernière, on a eu une succession de montées courtes et quand l’un de nous attaquait en montée, il se faisait reprendre par le groupe dans la descente. Cette année il y aura le terrain de jeu pour créer des écarts de plusieurs minutes. »
La Niçoise Marjolaine Pierré aura sa carte à jouer
Chez les femmes, une des grandes favorites manque à l’appel, la Britannique Lucy Charles-Barclay. Elle qui avait obtenu le titre à Marbella en 2025 a décidé de renoncer à l’Ironman 70.3 cette année. Elle indique préférer se concentrer sur les championnats du monde d’Ironman longue distance qui auront lieu à Kona dans un mois.
En plus de la Suissesse Julie Derron et de la Britannique Kat Matthews, qui sont de véritables prétendantes au podium, trois autres femmes sortent du lot.
Evidemment, la Niçoise d’adoption Marjolaine Pierré sera l’attraction du week-end. Elle portera les espoirs de réussite tricolore sur ses épaules : « pour moi c’est un avantage de courir ici et même un privilège. En 2024 quand j’ai couru ici pour l’Ironman longue distance je débutais et le fait d’être à domicile et de connaître le parcours ça avait été un gros plus. »
Questionnée elle aussi sur le parcours, elle a admis le caractère décisif du col de Vence sans pour autant minimiser le reste de l’épreuve : « on a beaucoup parlé du col de Vence et de la partie à vélo mais c’est un Ironman, pas juste une course cycliste. Je pense qu’il faudra être super forte après le vélo, bien digérer cette partie pour performer en course à pied. »
De son côté la Norvégienne Solveig Løvseth, championne du monde 2025 de l’Ironman longue distance arrive sur la Côte d’Azur en sans références. Après une saison 2026 en dents de scie, elle affirme manquer de repères : « J’ai eu plusieurs semaines où j’étais vraiment malade et où je n’ai pas pu pratiquer. Je ne pense pas pouvoir gagner cette course si je suis tout à fait honnête. »
Mais la grande favorite sera Taylor Knibb, l’Américaine. Deuxième en 2025, elle avait remporté l’Ironman 70.3 en 2022, 2023 et 2024. Avec un gros point fort sur la partie vélo, elle pourrait faire de grandes différences compte tenu du parcours. Consciente de son statut, elle reste prudente quant à ses adversaires : « Je pense qu’il y a beaucoup de qualité sur cette ligne de départ, toutes les filles ont une chance. Je n’ai jamais couru ici donc je pars avec ce désavantage. »
Le départ aura lieu samedi 12 septembre à 7 heures depuis la Plage des Ponchettes, dans la Baie des Anges.
Une course indécise chez les hommes
Côté masculin, la course est encore plus ouverte. Jelle Geens, vainqueur en 2024 et 2025, fait figure de favori, mais il sort d’une saison 2026 compliquée : « j’ai passé quatre mois sans courir. J’ai eu une blessure, cela prend du temps d’être de retour. J’espère pouvoir me battre pour la victoire plutôt que le top 20. »
Le Belge reconnaît néanmoins que le parcours lui est favorable : « c’est vrai qu’avec mon petit gabarit je vais sûrement être plus à l’aise dans le col de Vence que mes concurrents. Je préfère ça que 90 kilomètres de vélo sur du plat, mais si je n’ai pas de bonnes jambes au final je ne gagnerai pas. »
Le Norvégien Kristian Blummenfelt est l’autre grand favori. Défait au sprint l’année dernière à Marbella face à Jelle Geens, le champion du monde d’Ironman 70.3 2022 voudra prendre sa revanche.
Derrière eux, plusieurs outsiders peuvent prétendre à la victoire finale. Hayden Wilde, Néo-zélandais, deuxième en 2024, Rico Bogen, Allemand, vainqueur en 2023, Marten Van Riel, Belge, vainqueur de plusieurs Ironman 70.3, ou encore Casper Stornes, Norvégien, troisième en 2025. Tous pourraient profiter d’un marquage entre Jelle Geens et Kristian Blummenfelt pour tirer leur épingle du jeu.
Côté français, Vincent Luis semble être la meilleure chance de podium, mais il arrive en moins bonne forme que les triathlètes cités ci-dessus. Neuvième en 2025, il faudrait une grande performance du Vésulien pour espérer un podium.
Comme pour les femmes, le départ aura lieu depuis la Plage des Ponchettes, dans la Baie des Anges, dimanche 13 septembre à 7 heures.
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