Dauphins de Marineland : après l’abandon de Beauval, le refuge de Tarente revient au cœur du débat

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Après l’abandon du projet de sanctuaire de Beauval, l’avenir des dauphins de Marineland reste incertain. L’association C’est Assez ! demande au gouvernement d’étudier leur transfert vers un refuge marin à Tarente, en Italie.

L’abandon du projet de Beauval rebat les cartes pour les dauphins de Marineland. Annoncée le 25 août par Rodolphe Delord, directeur général du ZooParc de Beauval, la décision laisse les cétacés sans solution d’accueil en France.

Le projet devait permettre de prendre en charge une partie des dauphins concernés par la fermeture de Marineland d’Antibes. Huit des douze dauphins présents sur la Côte d’Azur ont déjà rejoint l’Espagne, à Selwo Marina, en juillet. Quatre femelles se trouvent toujours à Marineland.

Le projet de Beauval devait aussi concerner les animaux de Planète Sauvage. Prévu sur deux hectares et demi, le site devait comprendre dix bassins et trois lagons. Le coût du projet est finalement passé de 25 à 30 millions d’euros envisagés initialement à 45 millions d’euros. Une étude de faisabilité avait déjà représenté 1,5 million d’euros.

Rodolphe Delord, directeur général du ZooParc de Beauval, a expliqué à l’AFP que « les incertitudes juridiques et financières qui pèsent aujourd’hui sur le projet ne nous permettent pas de le mener dans des conditions acceptables. »

C’est Assez ! demande au gouvernement de privilégier Tarente

Dans ce contexte, l’association C’est Assez ! relance une autre piste. Une pétition adressée à Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, à Sébastien Lecornu, Premier ministre, et à Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, demande de permettre le transfert des quatre dauphins encore présents à Marineland vers le San Paolo Dolphin Refuge de Tarente.

L’association présente cette structure comme une alternative à la captivité. Le refuge, développé par la Jonian Dolphin Conservation, dispose désormais des autorisations officielles nécessaires à son fonctionnement. Selon C’est Assez !, sept hectares de zone marine sont prévus pour permettre aux dauphins d’évoluer dans un environnement marin plus vaste.

La pétition demande également au gouvernement de ne pas autoriser de nouveau transfert vers un établissement de captivité et de maintenir les animaux auprès de leurs soigneurs dans l’attente d’une solution.

C’est Assez ! rappelle par ailleurs que le refuge de Tarente avait déjà été étudié dans le cadre des réflexions concernant l’avenir des cétacés de Marineland. L’association affirme que des vétérinaires mandatés par le ministère avaient rendu un avis favorable à l’accueil de dauphins dans cette structure.

L’EAAM dénonce l’absence d’alternative après Beauval

Le débat dépasse désormais le seul cas de Marineland. L’Association Européenne pour les Mammifères Aquatiques (EAAM) estime que l’abandon de Beauval montre les limites des alternatives actuellement proposées aux établissements zoologiques. L’organisation défend une prise en charge fondée sur « la science, les évaluations du bien-être animal, l’expertise vétérinaire et les réalités pratiques du terrain. »

L’EAAM cite notamment l’Oceanogràfic de Valence, qui a participé à la prise en charge de deux bélugas et de quatre dauphins provenant d’un établissement canadien fermé.

Deux positions se retrouvent ainsi face à face. C’est Assez ! demande au gouvernement de faire de Tarente une priorité pour les dauphins de Marineland. L’EAAM considère, de son côté, que les institutions zoologiques disposent déjà des compétences et infrastructures nécessaires pour assurer la prise en charge de cétacés issus d’établissements fermés.

Pour les quatre femelles toujours présentes à Antibes, une nouvelle question se pose désormais : quelle solution sera retenue après la disparition du projet de Beauval ?

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