Odeurs d’égouts : les Niçois suffoquent 

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Plusieurs secteurs niçois sont impactés par des fortes odeurs d’égouts depuis le début de l’été. Similaires à des senteurs d’œuf pourri, ces émanations sont la conséquence des chaleurs qui touchent l’hexagone depuis plusieurs semaines. Un calvaire au quotidien pour les riverains concernés. Dans ce contexte, la régie Eau d’Azur a déjà pris des initiatives.

27°C, c’est la température des effluents à Nice, soit environ 2°C au-dessus de la normale. En cause, « des températures nocturnes qui ne baissent plus depuis le mois de juillet », selon Hervé Paul, président de la régie Eau d’Azur. « Cette hausse accélère donc la fermentation et la formation du gaz H₂S, aussi appelé hydrogène sulfuré », précise-t-il. 

C’est précisément ce gaz qui est à l’origine des odeurs nauséabondes présentes dans plusieurs quartiers, comme à Pasteur, Cessole ou encore dans l’est de la ville. Jacques, habitant des quartiers-Est, est bien victime de ce phénomène : « Je n’arrive même plus à ouvrir mes fenêtres pour me rafraîchir un minimum, ça sent vraiment mauvais en soirée. » Un ressenti identique pour Nadia, qui s’inquiète surtout pour ses enfants : « Les petits se plaignent de l’odeur à peine le pied posé dehors, c’est compliqué d’aller au parc dans ces conditions. »

Du côté de l’arrêt de tram Ferber, à quelques dizaines de mètres de la station d’épuration Haliotis, une résidente confirme le calvaire des soirs d’été : « D’habitude, on n’y prêtait même plus attention. Mais là, depuis quelques semaines, c’est vraiment insupportable, surtout quand il n’y a pas de vent. »

Des habitants formés à repérer les odeurs

Pour tenter de modérer le problème, Eau d’Azur se mobilise en mettant en place un dispositif inédit : un jury de nez, composé de volontaires vivant vers la station d’épuration. Formés à la reconnaissance olfactive pour l’occasion, ces citoyens sont chargés de décrire avec précision les émanations qu’ils perçoivent au quotidien. Les équipes techniques peuvent donc mieux cerner l’ampleur et la localisation du phénomène.

D’autres actions ont déjà été mises en place. Du nitrate de calcium et du chlorure ferreux sont injectés dans les stations de relevage, des clapets anti-remontées sont installés et des interventions ont lieu pour humidifier les bouches d’égouts asséchées. Quinze capteurs d’odeurs ont également été déployés entre le port et la station Haliotis pour contrôler le niveau d’hydrogène sulfuré.

Haliotis 2, la solution de demain

Cette mobilisation s’inscrit dans un effort financier de la Métropole. Une enveloppe de 19,4 millions d’euros est d’ores et déjà fixée pour l’assainissement sur les années 2027/2028. Une partie de ces investissements doit surtout servir à Haliotis 2

Ce projet vise à moderniser complètement la station d’épuration de la ville, pour en faire une usine à énergie positive au service de 26 communes. L’objectif est notamment de renforcer le traitement des odeurs, avec plus de 28 tours de désodorisation capables de traiter 300 000 m³ d’air par heure. La fin du chantier est prévue pour 2031.

Pour signaler une quelconque nuisance olfactive, le service d’assainissement des eaux invite à contacter Allô Mairie au 3906.

Le chantier Haliotis 2.
Le chantier Haliotis 2 devrait se finir en 2031. – Photo : Alexandre Oberlin.

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