Région Sud : Renaud Muselier sous pression après la fin du transport à la demande dans les vallées

Le président de la Région Sud est contesté sur plusieurs dossiers. Le RN-UDR-I dénonce un contrat de communication pouvant atteindre 6 millions d’euros. Dans les Alpes-Maritimes, la fin du transport à la demande dans les vallées provoque aussi des réactions politiques.

Franck Allisio président du groupe RN-UDR-I au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur a cible cette fois un contrat passé avec des agences de communication. Selon l’élu, le marché pourrait représenter jusqu’à six millions d’euros et prévoit notamment le recours à des influenceurs pour valoriser l’action de la collectivité. Le montant avancé correspond toutefois au plafond potentiel du marché et non à une somme déjà dépensée.

À moins de deux ans des prochaines élections régionales, Franck Allisio dénonce « un nouveau caprice aux frais du contribuable » et accuse Renaud Muselier de ne pas s’appliquer la rigueur budgétaire demandée aux habitants. Le groupe d’opposition rapproche également ce contrat de la baisse de trois millions d’euros des investissements consacrés aux lycées dans le budget régional 2026. Franck Allisio assure qu’en cas d’alternance, le RN-UDR-I ferait de la réduction des « dépenses inutiles » une priorité. Les économies dégagées seraient alors réorientées vers la sécurité dans les gares, les transports régionaux, le soutien à l’économie locale ou encore la rénovation des lycées.

La fin du transport à la demande inquiète dans les vallées

Un autre dossier concerne directement les Alpes-Maritimes. Sans concertation annoncée avec les élus locaux et la population, la Région Sud doit mettre fin dès le 1er septembre au transport à la demande (TAD) sur le territoire de la Communauté de communes Alpes d’Azur. Dès le 23 juillet, Charles Ange Ginésy, président du département des Alpes-Maritimes et de la Communauté de communes Alpes d’Azur, avait écrit à Renaud Muselier afin de demander un retour sur cette décision et l’ouverture d’une véritable concertation.

Sans réponse à ce courrier et après confirmation par la direction régionale, Charles Ange Ginésy a décidé de rendre sa contestation publique. La démarche est soutenue par Jérôme Viaud, président de l’Association des Maires des Alpes-Maritimes, et Pierre Corporandy, président de l’Association des Maires Ruraux des Alpes-Maritimes. Le président du département dénonce une décision prise en pleine période estivale et rappelle l’importance du TAD pour les habitants des vallées : « Je veux le dire clairement : au-delà du retour en arrière inadmissible, c’est aussi la méthode qui interroge. Supprimer un dispositif de transport qui fonctionne bien, sans concertation, constitue une décision inacceptable pour nos territoires ruraux. Charles Ange Ginéssy insiste : Dans nos vallées, plus qu’ailleurs, le transport est une nécessité pour les personnes âgées ou en situation de handicap, les jeunes, les habitants isolés ou ne pouvant plus conduire. Pour toutes ses populations le TAD est une condition essentielle d’accès aux soins, aux commerces, à l’emploi et aux services du quotidien. Le supprimer, c’est accentuer l’isolement de ceux qui disposent déjà de moins de services publics, ce qui creuse un peu plus les fractures territoriales. »

Le secrétaire départemental du PCF06, Julien Picot, rejoint également la contestation. Le Parti communiste français demande à Renaud Muselier de suspendre la suppression du dispositif et d’engager une concertation avec les élus locaux, les usagers et les acteurs concernés. Pour les communistes, le transport constitue un service public nécessaire dans les territoires ruraux, notamment pour les personnes âgées, les jeunes, les personnes en situation de handicap et les habitants sans véhicule.

Renaud Muselier répond à Charles Ange Ginésy

Renaud Muselier conteste toutefois la présentation du dossier faite par Charles Ange Ginésy. Le président de la Région rappelle que la Communauté de communes Alpes d’Azur a choisi de devenir autorité organisatrice de la mobilité en 2021. « Arrêtez de vous cacher, il y a cinq ans, vous avez fait le choix de devenir autorité organisatrice de la mobilité. Ce n’était pas un choix contraint, mais une décision éclairée, libre et prise dans l’intérêt de la population. »

Renaud Muselier rappelle également que la Région Sud n’a pas l’exclusivité de la compétence des transports. « Il n’y a pas de pouvoir régalien en matière de transport, ça n’existe pas. La Région n’a pas l’exclusivité de la compétence des transports. À Nice, c’est la Métropole, à Grasse c’est la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse et à Puget-Théniers c’est la communauté de communes Alpes d’Azur. C’est comme ça en France et en Région. »

Le président de la Région interroge aussi le choix effectué en 2021, alors que les capacités financières de la communauté de communes étaient déjà contraintes. « Vous évoquez par ailleurs les capacités financières de la communauté de communes mais pourquoi avez-vous demandé et obtenu en 2021 la compétence des transports alors que les capacités financières de la communauté de communes étaient les mêmes qu’aujourd’hui ? » Renaud Muselier rappelle par ailleurs que l’État et la Région reversent des financements à la collectivité en raison de son statut d’autorité organisatrice des transports.

La réponse se termine par une mise en cause directe de Charles Ange Ginésy : « Avec le volet financier que vous percevez, il est temps de vous hisser à la hauteur des décisions prises. Ne vous défaussez plus assumez et engagez-vous !!! »

Entre le contrat de communication contesté par le RN-UDR-I et la suppression annoncée du transport à la demande dans les vallées, plusieurs choix de la Région Sud font donc l’objet de critiques. Les échanges autour du TAD opposent désormais directement Renaud Muselier et Charles Ange Ginésy, tandis que le groupe RN-UDR-I entend faire des dépenses régionales un sujet de la prochaine campagne.

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