Tourisme sur la Côte d’Azur : une saison estivale 2026 globalement positive

🇬🇧 Also available in English

Malgré les canicules, les incendies et les tensions internationales, la Côte d’Azur conserve une fréquentation touristique positive. Les réservations plus tardives et les arbitrages budgétaires modifient toutefois les habitudes des visiteurs.

La Côte d’Azur ne connaît pas un été 2026 uniforme. Après deux saisons touristiques positives en 2024 et 2025, la destination Azuréenne conserve une activité soutenue, avec des résultats différents selon les périodes et les clientèles.

Juin a marqué un temps fort pour l’hébergement marchand. Juillet s’est montré plus stable. A la mi-août, le pic de fréquentation apparaît moins marqué. Une évolution qui intervient dans un contexte particulier, entre épisodes de canicule, feux de forêt et tensions internationales.

Pour Charles Ange Ginésy, président du département des Alpes-Maritimes et président de Côte d’Azur France Tourisme, cette évolution confirme la nécessité de faire évoluer le modèle touristique : « Ce que vient confirmer cette saison estivale, c’est que l’avenir appartient aux territoires qui ont une vision. »

Les visiteurs étrangers continuent de soutenir la fréquentation

Les clientèles internationales restent au cœur de l’activité estivale. Près de 60 % des nuitées réalisées habituellement en juillet et août sont liées à des visiteurs étrangers.

Le marché américain conserve une place importante. Au 9 août, les réservations aériennes depuis les États-Unis progressent de 8 %. L’Amérique du Sud affiche également une hausse de 7 %.

Une autre dynamique se dessine en Europe. Les réservations depuis l’Europe centrale et orientale augmentent de 25 %. Les Pays baltes enregistrent une progression de 57 %, tandis que la Pologne atteint 56 %.

Tous les marchés ne suivent toutefois pas la même trajectoire. La Scandinavie recule de 16 %, l’Allemagne de 7 % et le Benelux de 6 %. Les pays du Golfe enregistrent également une baisse de 16 %, sur fond de tensions au Moyen-Orient.

À fin juin, les nuitées générées par les voyageurs arrivant via l’aéroport Nice Côte d’Azur progressent de 15 %. La hausse atteint 17 % pour les clientèles internationales.

Alexandra Borchio Fontimp, présidente déléguée de Côte d’Azur France Tourisme, estime que cette situation confirme le rôle de la destination dans un contexte plus incertain. « Cette saison estivale confirme une nouvelle fois la force d’attraction de la Côte d’Azur, dans un environnement pourtant plus incertain et plus volatil. »

La clientèle française participe également à cette activité. Entre janvier et mai, les nuitées dans les hôtels et résidences ont progressé de 2 %. La proximité géographique joue un rôle important puisque un visiteur français sur trois vient de la région. L’Île-de-France représente pour sa part près d’un visiteur sur quatre.

L’aéroport Nice Côte d’Azur et l’événementiel soutiennent l’été

L’accessibilité reste l’un des leviers de la fréquentation. L’aéroport Nice Côte d’Azur dessert cet été 132 destinations dans 47 pays, avec 62 compagnies aériennes. À l’été 2025, le réseau comptait 122 destinations dans 44 pays.

L’offre de sièges augmente également de 8 % en moyenne entre juin et septembre. Une progression qui accompagne la demande internationale.

Le calendrier événementiel joue aussi un rôle. Grand Prix de Monaco, Cannes Lions, festivals de jazz d’Antibes et de Nice, Festival d’Art Pyrotechnique et Plages Électroniques à Cannes ont animé le début de l’été.

Le Tour de France Femmes à Nice, le départ de la Vuelta à Monaco et la French Flyair à Menton avec la Patrouille de France ont également contribué à diversifier les motifs de déplacement.

L’offre touristique ne repose toutefois pas uniquement sur le littoral. Les épisodes de fortes chaleurs ont ponctuellement favorisé les territoires de montagne. Valberg, Gréolières, La Colmiane, Saint-Martin-Vésubie, Auron et Isola 2000 proposent des activités autour de la nature et de la fraîcheur.

Pour le président du département, cette complémentarité s’inscrit dans une stratégie plus large : « Le Green Deal et le Smart Deal ne sont pas des slogans. Ils constituent la feuille de route qui nous permet d’inventer un modèle de tourisme plus équilibré, plus résilient et plus humain. »

L’hébergement poursuit également sa transformation. La moitié des chambres classées sont désormais en catégorie 4 ou 5 étoiles. Quatre établissements azuréens disposent par ailleurs de la distinction Palace.

Des chiffres positifs mais des touristes plus attentifs à leurs dépenses

Les performances de l’hébergement marchand restent globalement favorables à la mi-août.

Dans l’hôtellerie, les nuitées progressent de 3 % en juin. Le taux d’occupation atteint 87 % en juin, puis 87 % en juillet. Le RevPAR augmente de 13 % en juin et de 4 % en juillet. L’indicateur reste stable en août.

Les résidences de tourisme affichent un taux d’occupation de 80 % en juin, soit un point de plus qu’un an auparavant.

Les locations touristiques entre particuliers poursuivent aussi leur progression. Les nuitées augmentent de 8 % en juin, 4 % en juillet et 10 % durant la première quinzaine d’août. Le RevPAR progresse en moyenne de 7 % sur les trois mois.

L’hôtellerie de plein air connaît en revanche une trajectoire différente, avec un recul de fréquentation en juillet avant une stabilisation en août.

Derrière ces résultats se dessine surtout une modification des comportements. Les réservations de dernière minute deviennent plus fréquentes. Les visiteurs surveillent davantage les prix et adaptent leurs choix à la météo ou aux événements.

Le budget moyen dépensé sur place baisse de 6 %, à 120 euros par personne et par jour. Les dépenses sont davantage arbitrées entre restauration, shopping et activités payantes. Les promenades, randonnées, sorties à vélo et autres activités gratuites ou en plein air peuvent ainsi bénéficier de ces changements.

Alexandra Borchio Fontimp souligne cette évolution des habitudes : « Nous observons parallèlement des comportements qui évoluent rapidement, avec des réservations plus tardives et une vigilance accrue sur les budgets. »

Le rapport qualité-prix devient donc un élément plus présent dans les décisions de séjour. Une évolution qui pourrait également favoriser les réservations tardives en fonction des conditions météorologiques.

Septembre pourrait prolonger la saison sur la Côte d’Azur

Le mois d’août ne devrait pas nécessairement marquer la fin de la dynamique touristique. Les premiers indicateurs disponibles pour septembre sont orientés à la hausse.

Au 18 août, les réservations hôtelières affichent une avance d’un point par rapport à la même période de référence. Dans les locations touristiques entre particuliers, 16 % de nuitées supplémentaires sont déjà réservées par rapport à septembre 2025.

Le retour de plusieurs événements internationaux dans les secteurs du nautisme, du luxe et du sport doit contribuer à cette prolongation de la saison.

Pour la présidente déléguée de Côte d’Azur France Tourisme, cette évolution doit désormais s’inscrire dans la durée : « Cette nouvelle donne nous invite à poursuivre notre travail collectif avec les professionnels azuréens pour conforter notre compétitivité, valoriser la diversité de nos expériences et inscrire la fréquentation touristique dans une saison toujours plus étendue et respectueuse de l’environnement. »

Du littoral aux stations de montagne, la Côte d’Azur aborde donc la fin de l’été avec des indicateurs globalement positifs. Mais derrière les chiffres, le profil du visiteur évolue. Les séjours se décident plus tard, les dépenses sont davantage surveillées et les périodes de fréquentation pourraient continuer à s’étendre au-delà des mois de juillet et août.

Charles Ange Ginésy résume cette ambition autour d’un tourisme qui doit conjuguer attractivité et préservation : « Un tourisme qui fait rayonner notre territoire sans le dénaturer. De la Méditerranée au Mercantour, nous démontrons qu’il est possible de concilier excellence, innovation et responsabilité. »

NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.

Soutenir NicePremium