Le maire de Nice, Éric Ciotti, a annoncé avoir saisi le procureur de la République après la diffusion du morceau M*R*H du rappeur Boro700. Le titre, écouté plus de 920 000 fois sur Spotify en moins d’un mois, contient des références à plusieurs attentats islamistes, des menaces visant des responsables politiques niçois et des propos injurieux.
Le maire de Nice, Éric Ciotti, a saisi le procureur de la République de Nice après la publication du morceau M*R*H du rappeur parisien Boro700. Mis en ligne le 7 juillet sur les plateformes de streaming, le titre, dont le nom fait référence au terroriste Mohammed Merah, a dépassé les 920 000 écoutes sur Spotify en moins d’un mois.
Le texte multiplie les références à plusieurs attentats terroristes ayant frappé la France ainsi qu’à leurs auteurs. Le morceau évoque notamment Mohammed Merah, auteur des attaques de Toulouse et Montauban en 2012, Salah Abdeslam, condamné pour les attentats du 13 novembre 2015, ainsi qu’Adolf Hitler. Plusieurs passages ciblent également Éric Ciotti et Christian Estrosi, avec des insultes et des menaces visant aussi leurs proches : « Bataclan, faisaient les morts, allongez-vous, je vais en shooter à l’œil, J’bai** la femme à Estrosi et Ciotti, allumer sept terrasses (allusion aux “sept terrasses” et zones de restauration touchées lors des attentats du 13 Novembre 2015, N.D.L.R), on est dans les tranchées », peut-on entendre au début du titre.
Dans un courrier adressé au procureur de la République de Nice révélé par nos confrères d’Europe 1 et daté du 3 août, Éric Ciotti estime que « La diffusion de tels contenus, largement relayés sur les réseaux sociaux, est de nature à porter une atteinte grave à la mémoire des victimes de terrorisme, à banaliser des actes d’une extrême gravité et à alimenter un climat de haine et d’intimidation à l’égard des responsables publics. »
Le maire de Nice demande ainsi au parquet d’apprécier « les qualifications pénales susceptibles d’être retenues et les suites qu’il conviendra d’engager. »
Éric Ciotti écrit également au ministre de l’Intérieur
En parallèle de cette saisine, Éric Ciotti a adressé un second courrier au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le maire de Nice qualifie Boro700 de « propagateur de haine et rappelle que la liberté d’expression ne saurait en aucun cas justifier l’apologie du terrorisme, l’appel à la violence, ou l’intimidation de responsables publics. »
Dans cette lettre, Éric Ciotti souligne aussi la portée particulière de ces propos à Nice, dix ans après l’attentat du 14 juillet 2016.
« De tels propos banalisent la violence terroriste et criminelle, portent une atteinte insupportable à la mémoire des victimes et contribuent à diffuser une culture de la haine incompatible avec les valeurs de la République, écrit le maire de Nice. Cette situation revêt une résonance particulière à Nice, ville meurtrie par l’attentat du 14 juillet 2016, dont nous avons commémoré les dix ans il y a quelques semaines seulement. Comme toutes les villes et tous les Français frappés par le terrorisme, nous savons le prix de ces tragédies. Pour les familles des victimes, les blessés et l’ensemble de ceux qui demeurent marqués par ces attentats, de tels propos constituent une blessure supplémentaire. »
Le courrier évoque également les attaques visant les proches des deux responsables politiques niçois. « Au-delà des références au terrorisme, ce morceau s’en prend directement à Christian Estrosi et à moi-même en choisissant d’attaquer nos compagnes respectives. Cette instrumentalisation de nos proches, au moyen de propos à caractère sexuel d’une extrême vulgarité dont je m’abstiendrai de reproduire la teneur, révèle une volonté manifeste d’intimider les responsables publics jusque dans leur sphère la plus privée », poursuit Éric Ciotti.
Le morceau M*R*H reste accessible sur les principales plateformes de streaming au moment de la saisine du procureur de la République.
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