Affaire de la tête de cochon : Éric Ciotti demande à se constituer partie civile

Après les révélations publiées par Nice-Matin sur un dispositif parallèle présumé durant la campagne des élections municipales à Nice, Éric Ciotti annonce vouloir se constituer partie civile dans l’information judiciaire. Le député estime que cette démarche permettra de faire toute la lumière sur les faits, tandis que Christian Estrosi conteste fermement les accusations.

Éric Ciotti souhaite se constituer partie civile dans l’information judiciaire ouverte autour de l’affaire dite de la « tête de cochon ». L’annonce intervient au soir des révélations publiées par Nice-Matin sur le déroulement de la campagne des élections municipales de 2026 à Nice.

Le maire de Nice a chargé son avocat, Maître Franck de Vita, de formaliser cette démarche auprès des magistrats instructeurs.

Selon les informations publiées par Nice-Matin, plusieurs personnes mises en examen dans le dossier décrivent l’existence d’un dispositif parallèle à la campagne officielle de Christian Estrosi. D’après leurs déclarations, une équipe officieuse aurait animé des comptes sur les réseaux sociaux, créé des pages présentées comme des pages de soutien et diffusé des contenus hostiles à Éric Ciotti. Un budget de 50 000 euros aurait également été consacré à la promotion de ces publications sur la plateforme Meta.

Le quotidien rapporte également que l’un des protagonistes affirme qu’une demande aurait été formulée pour fabriquer, à l’aide de l’intelligence artificielle, de fausses vidéos ainsi qu’un faux enregistrement mettant en scène Éric Ciotti, Cyril Hanouna et Vincent Bolloré. Le même témoin soutient qu’un marché public de deux millions d’euros à la Métropole Nice Côte d’Azur aurait été promis à deux membres de cette équipe en cas de victoire de Christian Estrosi.

Dans son communiqué, Éric Ciotti précise ne pas tirer de conclusions sur la seule base des informations publiées dans la presse. Le député considère toutefois que, si ces faits étaient confirmés par l’information judiciaire, un préjudice direct aurait été subi.

« Durant cette campagne, Éric Ciotti a été la cible d’attaques d’une violence inouïe. Il découvre, avec les Niçois, que certaines d’entre elles pourraient avoir été conçues, financées et orchestrées dans le but de lui nuire et de tronquer le scrutin. »

Le communiqué ajoute que la constitution de partie civile doit permettre aux juges d’instruction de vérifier la matérialité des faits, de confronter les différentes versions, d’identifier l’origine des financements et de déterminer les responsabilités éventuelles.

Éric Ciotti conclut en affirmant que « les Niçois ont le droit de savoir si leur vote a été manipulé » et réitère sa confiance dans le travail de la justice.

Une enquête ouverte depuis la campagne municipale

L’affaire remonte au 27 février 2026, en pleine campagne des élections municipales à Nice. Une tête de porc avait été découverte accrochée au portail du domicile de Christian Estrosi. Une photographie de l’élu accompagnée d’une insulte et d’une étoile de David avait également été retrouvée sur place. Le maire avait alors dénoncé un acte « abject » et déposé plainte.

Une information judiciaire avait été ouverte quelques jours plus tard pour plusieurs infractions, notamment « provocation publique à la haine ou à la violence à raison de la religion », « violences aggravées visant un élu public », « accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel » et « association de malfaiteurs en vue de la commission de délits. »

Lors d’une conférence de presse organisée le 12 mars au coeur d’une campagne municipale marquée par un déferlement d’affaires extra-politique , Christian Estrosi avait assuré vouloir « connaître la vérité » et rejeté toute implication dans une éventuelle mise en scène. Le maire s’était présenté comme « victime d’une machination absolument ignoble » et avait indiqué ne plus vouloir s’exprimer publiquement sur le dossier jusqu’aux conclusions de l’enquête.

À cette période, les enquêteurs écartaient progressivement la piste d’une ingérence étrangère. Les investigations s’orientaient vers une opération susceptible d’avoir été menée dans l’entourage politique du maire, sans qu’aucun élément ne permette alors d’établir une implication ou une connaissance des faits par Christian Estrosi.

Christian Estrosi dément et annonce une plainte

Dans son enquête, Nice-Matin rapporte également les déclarations d’un certain Amine S., mis en examen dans ce dossier. Le cyberactiviste affirme avoir avancé les dépenses publicitaires sur Meta avec sa carte bancaire et soutient qu’un marché public de deux millions d’euros lui aurait été promis, ainsi qu’à l’un de ses associés, en cas de victoire de Christian Estrosi.

Par la voix de Maîtres Olivier Baratelli et Gérard Baudoux, Christian Estrosi conteste fermement ces affirmations. Les avocats rappellent que l’ancien maire de Nice a déposé plainte après les faits puis s’est constitué partie civile dès la désignation des juges d’instruction.

La défense souligne que l’information judiciaire est toujours en cours et affirme que Christian Estrosi souhaite que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Les conseils qualifient les déclarations rapportées d’« accusations aussi incongrues que scandaleuses » et annoncent le dépôt d’une plainte pour dénonciation calomnieuse sur le fondement de l’article 226-10 du Code pénal.

Les avocats rappellent enfin que leur client se considère comme victime dans cette affaire et indique faire confiance aux magistrats instructeurs pour établir les responsabilités éventuelles.

NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.

Soutenir NicePremium