Les passants ont pu apercevoir un camion inhabituel dans les rues de Nice depuis quelques jours. Baptisé « L’Enfer mobile », ce véhicule de l’association PETA diffuse des cris de cochons afin de sensibiliser le public aux conditions de transport et d’abattage des animaux destinés à la consommation.
Depuis la semaine dernière, les Niçois ont pu croiser un camion peu commun dans plusieurs secteurs de la ville, notamment sur la Promenade des Anglais. Baptisé « L’Enfer mobile », ce véhicule appartient à l’association de défense des animaux PETA et reproduit l’apparence d’un camion transportant des cochons vers un abattoir.
Des haut-parleurs installés sur le véhicule diffusent de véritables enregistrements des cris de cochons au moment de leur mise à mort. Une mise en scène destinée à attirer l’attention sur les conditions de transport et d’abattage des animaux élevés pour la consommation.
« À Nice, où la cuisine locale inclut des produits à base de porc, nous sommes là pour rappeler que derrière chaque morceau de viande de cochon se trouve un être sensible qui ressent la peur, le stress et la douleur », déclare Mimi Bekhechi, directrice exécutive de PETA. « Avec « l’Enfer mobile », nous levons le voile sur ce que l’industrie préfère garder hors de vue : des cochons entassés dans des camions de transport, privés d’eau, soumis aux intempéries et à des températures extrêmes et contraints d’endurer de longs trajets avant d’être abattus. »
PETA dénonce les conditions d’élevage, de transport et d’abattage
À travers cette opération, PETA souhaite dénoncer les pratiques de l’industrie porcine. Selon l’association, les porcelets subissent notamment la coupe de la queue, le limage des dents et la castration des mâles sans traitement antidouleur.
L’association met également en avant les conditions de transport avant l’abattage. Des trajets parfois longs, réalisés dans des camions où les animaux sont exposés au stress, aux intempéries et aux fortes températures. PETA rappelle aussi que des accidents de la route impliquant des véhicules transportant des animaux surviennent régulièrement en France.
Selon l’association, entre 22 et 23 millions de cochons sont élevés, transportés puis abattus chaque année en France pour la consommation de viande.
En faisant circuler « L’Enfer mobile » dans plusieurs villes françaises connues pour leurs spécialités à base de porc, PETA entend inviter les consommateurs à repenser leur alimentation. L’association propose gratuitement son « Guide du végan en herbe » aux personnes souhaitant découvrir une alimentation sans produits d’origine animale et rappelle, dans sa devise, que « les animaux ne nous appartiennent pas et [que] nous n’avons pas à les utiliser pour notre nourriture. »
Un précédent dans les Alpes-Maritimes au début de l’été
L’opération menée par PETA intervient quelques semaines après un épisode qui avait suscité de nombreuses réactions dans les Alpes-Maritimes. Début juillet, 45 vaches destinées à un abattoir en Italie étaient restées immobilisées pendant près de deux jours après la panne de leur bétaillère sur l’autoroute A8, à hauteur de Nice. Le troupeau avait ensuite été transféré sur un terrain de la Chambre d’agriculture à La Gaude avant de reprendre la route, le 5 juillet, à bord d’un autre camion.
Durant cette immobilisation, plusieurs associations de protection animale s’étaient mobilisées, dénonçant les conditions de transport des bovins en pleine période de canicule. Les animaux avaient finalement été nourris et abreuvés avant leur départ vers l’Italie. À l’issue de l’affaire, Henry-Jean Servat, adjoint au maire de Nice délégué au bien-être animal, avait notamment appelé à la création d’aires de repos adaptées pour les animaux transportés sur de longues distances vers les abattoirs.
Cette affaire, largement relayée dans les Alpes-Maritimes, avait relancé le débat sur les conditions de transport des animaux d’élevage, un sujet également mis en avant par PETA avec le passage de « L’Enfer mobile » dans les rues de Nice.
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