Nissa Rugby en Pro D2 : Éric Ciotti, le club et les joueurs engagés dans un bras de fer avant l’appel

L’avenir du Nissa Rugby en Pro D2 reste suspendu à la procédure d’appel prévue début août. Entre la lettre ouverte des joueurs, la réponse de la Ville de Nice et les déclarations d’Éric Ciotti, chaque partie défend sa position tandis que le temps presse pour réunir les garanties financières exigées par l’Autorité de régulation du rugby.

Deux mois après la montée acquise sur le terrain face à Mont-de-Marsan, le Nissa Rugby joue désormais une autre rencontre. Cette fois, le combat se déroule sur le terrain financier. Faute d’avoir présenté les garanties demandées par l’Autorité de régulation du rugby (A2R), le club a été relégué administrativement malgré son accession sportive en Pro D2.

Une procédure d’appel doit désormais être examinée mardi 4 ou mercredi 5 août. Ce délai laisse quelques jours aux différentes parties pour tenter de trouver une issue.

Dans ce contexte, les joueurs ont publié une lettre ouverte afin d’alerter sur les conséquences d’un échec. Le collectif rappelle que la montée représente le résultat d’une saison entière de travail et estime que les engagements pris autour du projet ne doivent pas disparaître avec les changements politiques.

Dans leur courrier, les joueurs évoquent également les conséquences humaines d’une éventuelle relégation : « Aujourd’hui, certains pourraient se retrouver sans contrat, sans projet sportif et parfois sans emploi, non pas en raison de leurs performances, mais parce que les conditions financières promises ne seraient plus réunies. »

Les rugbymen appellent les responsables à trouver une solution et demandent des mesures permettant de préserver le club. Au-delà de l’effectif professionnel, la lettre souligne les répercussions possibles pour les salariés, les licenciés, les bénévoles, les partenaires et les familles. « Aujourd’hui, nous avons peur. Peur que, dans quelques jours, tout s’arrête. Peur de devoir annoncer à nos familles que nous devons partir, parfois en urgence, parfois sans savoir où nous jouerons demain », expliquent-ils.

La municipalité défend son soutien financier et demande un budget revu

Face à cette mobilisation, la ville de Nice affirme avoir présenté un plan destiné à éviter la relégation du club tout en assurant un développement durable.

La municipalité indique avoir consacré plus de 3,5 millions d’euros au Nissa Rugby cette saison entre subventions et investissements sur les infrastructures. En intégrant l’ensemble des collectivités, à l’exception de la Région, le soutien public atteindrait près de 4,5 millions d’euros.

Pour la saison prochaine, la ville propose de maintenir ce niveau d’accompagnement, tout en rappelant avoir atteint le plafond autorisé par le Code du sport. La municipalité exclut donc toute augmentation supplémentaire afin de préserver l’équilibre avec les autres clubs niçois.

Le projet prévoit également la construction, à partir de septembre 2027, d’une tribune permanente de 1 400 places dédiée aux hospitalités. Cet équipement doit permettre au club de développer de nouvelles recettes et de renforcer son modèle économique. La ville présente cette réalisation comme la première étape d’un projet de stade qui pourrait évoluer en cas d’installation durable du Nissa Rugby en Pro D2 puis, à terme, en Top 14.

Concernant le déficit estimé par le club à 1,2 million d’euros lié à l’absence de tribune hospitalités, la municipalité estime que cette perte a déjà été compensée cette saison par une hausse de 1 146 000 euros des subventions. La municipalité rappelle également que la Région n’aurait pas versé les 70 000 euros promis à la société exploitant le club.

La Ville juge enfin que le budget présenté n’est pas adapté à une première saison en Pro D2. La masse salariale prévisionnelle des joueurs augmenterait de 88 %, passant de 2 millions à 3,8 millions d’euros, un niveau supérieur à celui de plusieurs formations du championnat.

Éric Ciotti renvoie la responsabilité aux dirigeants

Interrogé par ICI Azur, le maire de Nice estime que la collectivité est arrivée au terme de son effort financier. « Nous sommes allés jusqu’au maximum de l’effort que nous pouvons consentir. Nous sommes prêts à engager 3,5 millions d’euros pour le Nissa Rugby, ce qui est une somme considérable. »

Éric Ciotti rappelle également l’engagement de la ville pour financer la future tribune d’hospitalités, évaluée à 10 millions d’euros. Le maire appelle désormais les dirigeants et les investisseurs à revoir le projet financier du club : « Nous attendons maintenant de l’actionnaire et du président du club une position responsable : d’abord un engagement et de bâtir un budget responsable, car derrière il y a beaucoup d’argent public dont je suis comptable et je ne ferai pas n’importe quoi. »

L’élu cible aussi la politique salariale mise en place cette saison : « Il y a un effort à faire sur certains salaires démesurés dans le club. Ils doivent être regardés afin de trouver un budget plus raisonnable. »

Selon les dernières estimations, malgré un apport de 2,5 millions d’euros de l’actionnaire, près de 2 millions d’euros manqueraient encore pour satisfaire aux exigences financières de l’A2R.

L’audience d’appel prévue en début de semaine prochaine doit désormais déterminer si le Nissa Rugby pourra conserver sa place en Pro D2. En cas de confirmation de la relégation administrative, Mont-de-Marsan récupérerait la place laissée vacante dans le championnat.

NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.

Soutenir NicePremium