La Caravane du Tour de France, c’est 36 marques qui distribuent des goodies aux supporters avant l’arrivée des cyclistes. Nous avons pu interroger Margot (20 ans) et Jérôme (28 ans) avant le grand départ de l’épreuve cet après-midi pour 3 333 km à la rencontre des spectateurs de la Grande Boucle.
Chaque année, les personnes participant à cette aventure ont chacune un rôle précis : conducteurs, distributeurs de goodies, animateurs… mais aussi techniciens, logisticiens ou coordinateurs de marque. La Caravane, créée en 1930, ouvre la route environ deux heures avant les coureurs et forme un cortège de véhicules décorés qui met en scène l’univers de chaque marque. Véritable dispositif publicitaire itinérant, elle fonctionne comme une petite entreprise mobile, avec des équipes chargées d’assurer l’animation, la sécurité, la gestion des stocks et le bon déroulement de chaque étape.
Margot, benjamine du cortège Krys
À 20 ans, Margot Vogel s’apprête à troquer temporairement ses livres d’anatomie contre l’effervescence de la caravane Krys. Étudiante en médecine à Nice, elle s’apprête à faire sa rentrée en troisième année. Cette Strasbourgeoise d’origine a décroché ce qu’elle considère comme un véritable « job d’été de rêve. »
L’envie de participer à cette aventure lui vient directement de sa maman, qui avait eu l’opportunité de côtoyer la course par le passé. « Elle nous a dit que c’était vraiment une expérience à faire absolument, que c’était vraiment mémorable », se souvient la jeune femme. C’est donc tout naturellement qu’elle a tenté sa chance en envoyant une vidéo de candidature.
Cet été, Margot occupera le poste d’hôtesse de distribution, une mission idéale pour sa personnalité dynamique et ouverte : « On est un peu au sein de la course et aussi très proches du public, c’est quelque chose qui m’a motivée […] Le public y est pour beaucoup dans l’ambiance du tour et dans sa renommée. »
Si le rythme itinérant et les courtes nuits du mois de juillet peuvent en effrayer certains, Margot aborde la fatigue avec une sérénité désarmante, bien entraînée par son quotidien universitaire : « Le rythme ne m’effraie pas… je suis en médecine. Pendant les partiels, on ne dort pas beaucoup. » Sa seule petite pointe d’anxiété concerne la volonté de bien faire son travail et d’être à la hauteur, mais elle se dit rassurée par l’expérience de ses collègues.
Bien qu’elle garde la tête sur les épaules — « On nous a dit que c’est dans une ambiance de fête, mais pour nous ça reste un travail » — Margot a glissé dans son sac un vieil appareil photo numérique pour immortaliser les liens forts qui se tissent au sein de l’équipe. Se disant à la fois « nerveuse » et profondément « excitée », la benjamine n’a qu’une hâte : s’élancer sur les routes du Tour de France.
Jérôme, conducteur expérimenté
À 28 ans, Jérôme Brami aborde le Tour de France avec des étoiles plein les yeux. Breton d’origine — né à Vannes et ayant grandi à Lorient — il a concrétisé un rêve d’enfant transmis par son père en s’installant à Nice en 2021 pour y étudier à l’École 42. Aujourd’hui indépendant, il s’est éloigné de l’informatique pour se lancer dans le convoyage et l’importation de véhicules de prestige et de camping-cars vers Barcelone.
Pourtant, l’été, ce cycliste passionné met son activité entre parenthèses pour retrouver ce qu’il appelle sa « colonie de travail. » Pour sa troisième année consécutive dans la caravane — la deuxième sous les couleurs de Basic-Fit — Jérôme ne cache pas son bonheur : « Je vis les semaines les plus heureuses de ma vie. La caravane c’est exceptionnel. »
Au volant du « quad » du « sac à dos » iconique de la marque, son rôle est avant tout stratégique. Seul caravanier à ne pas distribuer de goodies par manque de place, il se consacre entièrement à la régulation du cortège. Une tâche technique, car son véhicule équipé d’une lourde structure s’avère parfois « un peu bancal. » Il anticipe les mouvements du public et gère l’espace avec la caravane qui le précède : « C’est toute une sorte de science de la course qui se développe avec le temps pour que ce soit harmonieux. »
Cette année, le grand départ à l’étranger résonne fort pour lui qui travaille avec l’Espagne : il y voit « une sorte de choc culturel avec la population qui sera fervente. » En tant que mordu de vélo, il trépigne aussi à l’idée de franchir l’Alpe d’Huez, l’un de ces cols mythiques qui le faisaient « rêver à la télévision quand [il était] tout petit. »
Dans ses bagages, ses chaussures de course pour aller se dépenser en groupe après les étapes et une petite enceinte pour mettre l’ambiance complètent ses indispensables. À l’aube du départ, son état d’esprit tient en un mot : « Excitation. » Une impatience totale, parfois teintée d’une nostalgie anticipée : « Je vois les jours passer et je me dis que ça nous rapproche un petit peu plus de la fin… J’ai envie de faire ça 12 mois dans l’année ! »
Bien qu’ils ne se connaissent pas et s’élancent chacun de leur côté, Jérôme et Margot partagent une même impatience à l’approche de la Grande Boucle. Qu’il s’agisse de veiller sur la sécurité du cortège ou d’aller à la rencontre des spectateurs, tous deux s’apprêtent à vivre un mois de juillet hors du commun. Ces deux profils inspirants prouvent, chacun dans leur rôle, que la jeunesse azuréenne ne manque ni de dynamisme ni de passion pour relever de grands défis estivaux.
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