Forum d’engagement à Nice, un moyen d’ouvrir les possibles aux jeunes

Ce 10 juin, a été organisé un forum d’engagement au Kiosque à Musique du Jardin Albert 1er. Le but : informer et pousser les jeunes à s’engager ou réaliser des projets. Entre service civique, stages, séjours organisés ou entreprenariat, les stands présents offraient un large éventail d’options pour guider les jeunes Niçois vers l’engagement.

Des stands taillés pour répondre aux besoins des jeunes

Près d’une vingtaine de stands épousaient la forme du kiosque et dédiaient chacun leur espace à une forme d’engagement différente.

Parmi eux, le stand InfosJeunes, représenté par Mylène et Mona. Leur public cible ce sont « des jeunes qui sont en décrochage scolaire, […] ceux qui sont en questionnement de leur parcours. » La réponse concrète qu’elles apportent, c’est un service civique rémunéré 630 euros par mois, qui constitue « une première expérience professionnelle, de nouvelles compétences, de nouvelles connaissances. »

L’enjeu est aussi de résorber les inégalités et d’apporter à tous, et particulièrement aux jeunes, les clés qui ne s’acquièrent pas toujours à l’école. C’est le cas de Partage Ton Talent, représentée par Chaima et Ines. Elle s’articule autour de l’animation, la parentalité et l’aide scolaire. Pour elles qui y font leur service civique, l’utilité est réelle : « on a accès à plus de choses qu’on n’aurait pas pu avoir s’il y avait pas eu l’association. »

Réseau Femmes Citoyennes 06, elle, ancre son action dans le quotidien : jardinage, parentalité, robotique, proposition de stage mais aussi numérique pour que son accès ne soit plus une question de chance et de milieu.

Aider à la recherche d’emploi

Accompagner dans la création d’entreprise ou la recherche d’emploi, c’est aussi la promesse des structures présentes au forum.
COES Entrepreneuriat, représentée par Julien, offre justement la possibilité d’héberger des entreprises en devenir et de tester une activité sous son propre SIRET, avec formations et suivi, pour 72 à 96 euros par mois.

NQT, elle, met en relation des jeunes diplômés (bac +3 minimum) avec des professionnels bénévoles parce que « le CV, c’est le ticket d’entrée : s’il ne répond pas au code des entreprises, vous n’aurez jamais d’entretien » affirmait Julien.

Proposer des vacances pour tous, et sans exception

Enfin, Loisirs Séjours Côte d’Azur, représentée par Louna et Kevin, fermait le tour des stands avec une mission à la fois sociale et inclusive. L’association accompagne en effet les personnes en situation de handicap mental dans des séjours adaptés, mais aussi les enfants et jeunes via colonies de vacances et centres de loisirs, notamment afin « qu’ils aient accès à tout ce qu’on peut proposer, que ce soient des vacances, des temps collectifs, des jeux. »

D’autres stands couvraient le kiosque et complétaient le panorama, du Crous jusqu’à la mission locale, en passant par Solidarités Senior et la CAF pour couvrir tous les âges et situations. Eric Ciotti est par ailleurs passé en milieu d’après-midi, ce qui vient souligner l’importance de cet évènement au regard des nombreuses problématiques actuelles qui concerne les jeunes.

Stands au forum d'engagement orientation
Crédit : CN.

Un forum qui répond des besoins étudiants

Beaucoup de jeunes rencontrent en effet des difficultés pour leur orientation ou pour leur recherche d’emploi. Les personnes qui venaient à cet évènement avaient souvent une idée précise en tête, un projet, mais avaient besoin d’être éclairées.

Une étudiante venue au forum a expliqué avoir entendu parler de ce rendez-vous grâce à une affiche dans le tramway. « Je suis en train de réfléchir à créer une micro entreprise ou une entreprise », a-t-elle déclaré. En parlant des différents stands, elle a affirmé : « on m’a pas mal aiguillée […] je suis une personne assez multidisciplinaire du coup j’ai tendance à m’éparpiller, […] ils m’ont aidé à structurer mes pensées. »

Un autre étudiant qui a pris connaissance du forum par Internet et les réseaux sociaux nous a exposé la raison de sa venue. « Je cherche à rencontrer des partenaires sociaux, soit pour travailler avec eux, soit pour faire un stage », a-t-il développé. Sa visite semble avoir été fructueuse : « il y a quelques partenaires intéressants, on a pris des cartes, des numéros, des adresses mail, […] j’attends d’être recontacté pour des stages. » Cependant il a aussi évoqué ses difficultés : « c’est très compliqué à partir du moment où ça commence à être rémunéré (en parlant de la recherche de stage, N.D.L.R.) »

Ces témoignages reflètent une réalité actuelle : les jeunes ont besoin de plus d’aide pour la construction de leur avenir. Selon une étude d’OpinionWay, près d’un jeune sur deux estime ne pas avoir eu les bonnes informations pour s’orienter.

Quand trouver sa voie devient une source d’angoisse

De plus, l’orientation est très souvent vécue comme un moment anxiogène pour les élèves, notamment à cause du système parcoursup et du manque de visibilité sur les débouchés.

Une étudiante nous a confié avoir rencontré des difficultés dès le lycée : « dans un système où on ne prend en compte que les notes, on ne voit pas la motivation ou le dépassement de soi d’un élève qui aime sincèrement un cours mais ne réussit pas toujours à le montrer académiquement parlant. »

La jeune femme a également déclaré avoir reçu peu d’accompagnement lors du choix de ses études supérieures. « Je suis aujourd’hui en seconde année de prépa en école d’ingénieur et actuellement ma plus grande problématique est la recherche d’une alternance pour poursuivre mon cycle qui reste sans réponse malgré des recherches active depuis décembre et des centaines de mails envoyés. »

Concernant la recherche d’emploi, d’après l’Insee : « près d’un jeune sur quatre sorti de formation initiale depuis un à quatre ans est contraint dans son offre de travail, qu’il soit au chômage, dans le halo autour du chômage ou en sous-emploi. Pour ceux qui ont obtenu un emploi, il s’agit plus souvent d’un contrat à durée limitée que pour les salariés plus âgés, déjà insérés sur le marché du travail. » De plus, les moins diplômés mettent 22 mois pour décrocher un premier emploi et 34 mois pour un CDI.

Ainsi, le forum Engagement répond à un besoin bien réel : celui d’une aide à l’orientation et à la recherche d’emploi. Les associations et organisations sont cruciales pour le futur des jeunes.

Actuellement, les études supérieures et l’insertion professionnelle sont au cœur des débats, notamment à propos de Parcoursup et de son algorithme imparfait.

Charlotte Nguyen Van et Juliana Bauchiero

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