Pour permettre la bonne compréhension du fonctionnement des transmissions radiophoniques, les équipes de Monaco Média Diffusion partagent leur expertise pendant trois jours à Peille.
Comment une émission de radio arrive-t-elle physiquement jusqu’à son auditeur ? A l’occasion de la Fête de la Radio, Monaco Média Diffusion (diffuseur monégasque pour la radio et la télévision sur la Côte d’Azur, ndlr), rouvre les portes de ses deux centres émetteurs afin de faire découvrir l’envers du décor de la diffusion radiophonique pour la troisième année consécutive.
Depuis le 4 et jusqu’au 6 juin 2026, ses deux centres situés sur les sites du col de la Madone, à Peille (Alpes-Maritimes) et à Roumoules (Alpes-de-Haute-Provence) accueillent du public entre 9 heures et 17 heures, proposant toutes les 30 minutes des visites guidées du site allant jusqu’au pied des antennes. Les participants pourront y découvrir les installations techniques permettant la diffusion de contenus sur les ondes. De quoi célébrer le rôle essentiel de la diffusion radiophonique, ses métiers, et son histoire. Fondée en 1994, Monaco Média Diffusion est la société monégasque d’exploitation des fréquences audiovisuelles de la Principauté de Monaco.
Rendre visible l’invisible
Perché au milieu des nuages, le centre émetteur Lucien Allavena se situe au bout d’une longue route difficile d’accès. Il offre une vue à couper le souffle sur Monaco et les Alpes-Maritimes. Véritable base de travail, ses locaux spacieux et son centre de supervision en font le site le plus important du groupe. Mais le patrimoine technique qu’il renferme est souvent fermé au public. Alors l’objectif de son ouverture est de « faire connaître à l’ensemble du bassin niçois, mentonnais et monégasque, ce qu’est la radio et comment elle fonctionne. Le but est d’expliquer ce qu’il se passe derrière l’autoradio, puisque aujourd’hui l’écoute de la radio se résume souvent aux trajets en voiture », explique Thierry Poyet, administrateur délégué de Monaco Média Diffusion.
Démonstrations techniques spécifiques, de communication longue distance… Les infrastructures du site de Peille intriguent les visiteurs : tables de mixage modernes et vintage, transistors numériques et à lampe, un studio éphémère où Radio TopSide réalise des émissions en direct, sans oublier ses antennes qui tutoient les nuages : « les plus grandes bornes, c’est près de 300 mètres de haut », nous confie Thierry Poyet.

Lors de la dernière édition, plus de 200 visiteurs se sont rendus sur les deux sites du diffuseur. Cette année, les organisateurs espèrent également compter sur la présence d’une centaine de personnes. « L’an dernier, des gens sont venus de Monaco et m’ont dit qu’ils n’étaient jamais venus ici, qu’ils ne savaient pas comment cela marchait », regrette Thierry Poyet. Cet isolement physique et géographique, bien que nécessaire, participe de l’invisibilisation du métier : « même si en kilomètres, ce n’est pas si loin, Monaco n’est pas tout près. Notre centre n’est pas facile d’accès, car un centre radio, par définition, doit être haut. » Le succès rencontré lors des éditions précédentes s’explique aussi par l’intérêt croissant que suscite le métier.
Vulgariser les métiers de l’ombre pour mieux recruter
« Depuis trois ans, nous ouvrons nos portes pour expliquer notre métier. Le but est là aussi de transmettre, et d’éveiller des vocations peut-être. Beaucoup de jeunes sont intéressés par ce métier, notamment des profils un peu geeks (sic). On espère leur faire découvrir notre métier », déclare Guillaume Asso, chef d’équipe du centre émetteur.
« L’an dernier, quelqu’un qui souhaite faire sa carrière dans ce secteur nous a rejoint en tant qu’étudiant après la Fête de la Radio. C’est un passionné de radio, il nous connaissait déjà. Alors on l’a embauché, afin de pouvoir le former à cette activité professionnelle. Le but de ces journées c’est donc de faire venir du monde, et de vulgariser un peu nos métiers », déclare Thierry Poyet le sourire aux lèvres. Sur le site de Peille, les équipes présentes semblent toutes animées par la même passion pour la radio et le sens du partage : « les gens du métier sont passionnés. Ce sont de vrais amoureux de la radio », ajoute Thierry. Ils semblent, en effet, être tous sur la même longueur d’onde.
La transmission comme héritage
L’administrateur du centre émetteur de Peille motive également son choix de mettre en avant des équipements historiques pour attirer un public ciblé : « ce lieu est historique. Il baigne dans l’histoire de Radio Monte-Carlo (RMC), une radio qui s’est développée à l’époque de l’après-guerre. » De vieux transistors, du matériel de la résistance – à l’instar de mallettes comportant des émetteurs parachutées dans la baie d’Antibes en 1941 – sont exhibés comme autant de vestiges d’un glorieux passé.

L’événement attire les passionnés d’histoire, de radio, ou de simples curieux. Et même des sportifs en ballade le long du col de la Madone. Yves, 43 ans, cycliste, « passait par là » lors de sa virée matinale : « j’avais entendu parler de l’événement, alors je me suis arrêté exprès pour visiter le site et boire un café avant de repartir. »
Thierry Poyet : « on compte sur le week-end du Grand Prix pour augmenter le nombre de visites »
Dans la continuité de la Fête nationale de la radio des 4 et 5 juin, Monaco Média Diffusion décide de prolonger son ouverture au public jusqu’à ce samedi 6 juin. Une journée de plus, offerte généreusement par les équipes présentes sur site. Une démarche qui espère capter le flux de visiteurs en marge du Grand Prix de F1 de Monaco, qui se déroule pendant le week-end. Thierry Poyet lance alors : « on compte sur ce week-end pour augmenter le nombre de visites. Pendant le Grand Prix de Monaco, venez ici au frais, à la tranquillité, pour découvrir autre chose, comprendre notre activité et notre métier ! »
Informations pratiques :
Fête de la Radio se poursuit ce samedi 6 juin 2026. Centre émetteur Lucien Allavena. 5547 route de la Madone, 06440 Peille. Visites guidées toutes les demies-heures entre 9 heures et 17 heures. Entrée gratuite.
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