Une nouvelle rencontre de l’économie des seniors a réuni ses acteurs autour de l’usage des solutions proposées. Le dynamisme économique de la filière est considérable dans les Alpes-Maritimes, compte tenu des spécificités démographiques du territoire. La donnée et l’IA sont au coeur du débat.
Un événement ciblé, local, de plus en plus régulier sur la Côte d’Azur. La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nice Côte d’Azur a organisé une nouvelle rencontre entre les acteurs de l’économie des seniors en son siège niçois, le mardi 2 juin. L’objectif de cette édition était de réunir les acteurs régionaux pour répondre aux enjeux du vieillissement de la population. Chaque année, l’événement est soutenu par un réseau d’acteurs institutionnels puissants : la CCI Nice Côte d’Azur, la Métropole Nice Côte d’Azur, la Région Sud, ou encore la Maison de l’IA.
La CCI Nice Côte d’Azur a donc invité entreprises, professionnels de santé, chercheurs et acteurs publics à échanger autour d’un enjeu spécifique cette année : « accélérer le déploiement et l’appropriation de solutions adaptées au vieillissement de la population ». A l’ordre du jour, l’exposé de solutions innovantes pour « un vieillissement actif et intergénérationnel », ainsi que des échanges ciblés autour de l’usage des solutions proposées aux seniors. Des problématiques qui trouvent pour beaucoup une réponse locale.
Les Alpes-Maritimes, un « terrain d’expérimentation privilégié »
AliveNow, SouVia, Somanity… La rencontre a permis la présentation d’une quinzaine de solutions innovantes (exosquelettes sur mesure, robots d’assistance, applications d’e-santé…) développées par des entreprises locales. Le défi actuel pour ces acteurs consiste à faciliter l’usage des solutions proposées : en permettre l’accès, faciliter la compréhension et l’adoption des solutions développées.
Plus de seniors. C’est le constat qu’ont très vite fait les entreprises azuréennes. Aussi la plupart de celles représentées dans le « Village des exposants » ont été créées dans la région Sud, et particulièrement dans les Alpes-Maritimes. C’est le cas de Deep IoTech, une entreprise développant des dispositifs de santé connectée, basée au pôle business de Sophia-Antopolis. Ou encore de l’association Charly’s Family, qui propose de recréer du lien social grâce à des services de covoiturage solidaire et organise des activités à destination des aînés. Sans aucun doute, le territoire azuréen constitue, du fait de ses particularités démographiques, un véritable « terrain d’expérimentation privilégié » pour ces acteurs, selon la CCI. Et pour cause.
Un Français sur cinq est âgé de plus de 65 ans en 2025. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, cette frange de la population représente un quart des habitants recensés en janvier 2026. Un taux plus élevé que dans le reste de la France, qui crée un tissu démographique plus que propice pour les acteurs du secteur. Cette perspective attirante pour les start-ups de la silver economy a d’ailleurs permis à certaines de s’implanter durablement à Nice et ses alentours. Depuis quelques années, ces dernières infusent le tissu économique maralpin afin de répondre à une demande croissante à l’échelle régionale et mondiale.
15%, c’est la part des seniors dans la population mondiale en 2025 (soit 1,2 milliards de personnes). La même année, le rapport de marché SilverEco quantifiait un marché global de 4 200 milliards de dollars dédié aux produits et services pour les plus de 60 ans. Composé de cinq grands secteurs (santé, habitat, mobilité, services financiers, loisirs), ce marché représente en 2025 près de 900 milliards de dollars pour l’Europe et le Royaume-Uni. D’ici 2030, la silver economy pourrait générer un chiffre d’affaires de 130 milliards d’euros pour la France uniquement, selon un rapport du site communautaire Terre des Seniors.
Une rencontre placée sous le signe de la donnée et de l’IA
Prévention et « télébienveillance » à domicile, lits connectés, capteurs… La question de la sécurisation des données et de la place tenue par l’IA est un enjeu central de la filière de l’économie des seniors. Pour Mohamed Taghouti, ingénieur responsable du projet Eternity Healthcare Services chez Deep IoTech, « la data est le fuel de l’IA, elle permet de la préciser, et de centraliser la donnée dans un seul appareil ». Le but de certaines applications étant de créer, à terme, des jumeaux numériques, mais aussi de fournir « un tableau de bord important pour l’Etat », selon l’ingénieur.
La question des données, du cadre, et de la souveraineté est donc centrale – surtout lorsqu’il s’agit de données médicales. Mais si l’acceptabilité et le consentement quant à ce partage de données ne semble pour l’heure pas poser problème à tous les seniors, certains se posent la question de l’usage de leurs données. Carole Zisa-Garat, fondatrice de Telegrafik (une plateforme visant à prévenir et accompagner la perte d’autonomie des seniors, ndlr), déclare : « Plus de 85% de nos clients oublient le dispositif installé chez eux ». De quoi rassurer, ou bien repenser la communication sur le consentement donné au départ.
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