Ugo Arsac présente Katabasis en compétition immersive au festival de Cannes

Sélectionné parmi seulement neuf projets en compétition immersive au Festival de Cannes, Ugo Arsac présente Katabasis, une œuvre immersive à la frontière du documentaire, de l’installation artistique et de la réalité virtuelle. À travers ce projet, l’artiste propose une descente physique et symbolique dans les souterrains de New York, au plus près des invisibles de la ville.

Ugo Arsac est un artiste numérique basé à Marseille, figure montante de la création immersive contemporaine. Formé aux Beaux-Arts, aux Arts Décoratifs de Paris puis au Fresnoy, il développe un travail à la croisée de l’urbain et de l’humain, de la mythologie et de l’anthropologie.

Ses œuvres immersives, installatives et graphiques explorent des espaces de vie et en révèlent la dimension intime. Avec Katabasis, il poursuit cette démarche en plongeant dans les zones invisibles de la ville et de la société.

Katabasis s’inspire de la notion antique de “catabase”, la descente aux enfers, ici réinterprétée comme une traversée des marges contemporaines. L’œuvre donne voix à ceux que l’on ne voit pas : sans-abris, travailleurs de l’ombre, poètes de l’abîme, rêveurs urbains. Ugo Arsac capte leurs récits bruts et intimes dans une expérience située entre fuite, liberté et quête d’identité.

Cette traversée immersive se situe à la frontière du documentaire et de la poésie urbaine.

Le projet s’appuie sur des explorations réelles des sous-sols new-yorkais. Ugo Arsac évoque notamment les “storm drains”, d’immenses galeries destinées à l’évacuation des eaux de pluie, qu’il a parcourues lors de longues immersions parfois dangereuses.

Le réalisateur décrit des espaces impressionnants, où l’obscurité, le silence et les volumes créent une expérience presque irréelle. Ces explorations nourrissent directement la dimension sensorielle de l’œuvre.

Une œuvre immersive, multiple et évolutive

Contrairement à un film classique, Katabasis est une expérience hybride : réalité virtuelle, installation immersive et dispositif muséal. L’œuvre peut durer de dix minutes à quarante-cinq minutes ou plus, selon les choix du spectateur. Chaque session est différente, construite comme un parcours narratif à multiples bifurcations. Le projet repose sur des technologies de scan 3D et de modélisation immersive permettant de recréer des environnements dans lesquels le spectateur peut évoluer librement. Développé sur environ trois ans (2023–2026), Katabasis mobilise une équipe pluridisciplinaire : développeurs, ingénieurs, sound designers et artistes spécialisés dans les systèmes génératifs.

Si une équipe centrale d’une dizaine de personnes porte le projet, Ugo Arsac insiste sur l’importance des nombreux contributeurs extérieurs : explorateurs urbains, chercheurs, habitants et témoins rencontrés au fil du développement. Parmi les figures marquantes du projet figure l’anthropologue Terry Williams, dont les travaux sur les vies souterraines à New York nourrissent directement la narration.

Le développement de l’œuvre a été accompagné par plusieurs structures, dont la Villa Albertine, différents producteurs ainsi que le CNC. Ces soutiens ont permis de structurer davantage l’aspect narratif du projet.

« On en arrive à une œuvre qui a vraiment un début, une fin, et entre ce début et cette fin, on peut vivre plein d’histoires différentes », résume Ugo Arsac.

Interrogé sur sa sélection en compétition immersive, Ugo Arsac souligne avant tout l’importance d’avoir été retenu parmi seulement neuf projets.

S’il évoque la possibilité d’un prix comme un facteur de visibilité supplémentaire, il considère déjà la sélection cannoise comme une reconnaissance majeure. Le projet suscite par ailleurs l’intérêt de nombreux festivals et institutions internationales.

Au-delà de Cannes, Ugo Arsac souhaite que Katabasis circule sous différentes formes dans les musées, festivals et espaces immersifs. Le projet doit notamment être présenté à New York dans un format mêlant réalité virtuelle et installation artistique. À travers cette œuvre, l’artiste interroge les zones invisibles de la société et transforme le spectateur en explorateur de ses propres projections.

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