Annoncée puis nuancée, la suppression des subventions municipales pour des événements majeurs comme l’UTMB de Nice et l’Ironman a déclenché une forte polémique à Nice. Entre inquiétude des athlètes, enjeux économiques et avenir incertain, le coureur niçois Ruben Chiajese livre son analyse sur une décision qui divise le milieu sportif.
Un contexte politique qui a fait réagir le milieu sportif
Dans le cadre de sa politique budgétaire, Éric Ciotti a annoncé vendredi 24 avril 2026 la suppression des subventions accordées à plusieurs grands événements sportifs organisés à Nice, dont l’UTMB de Nice et l’Ironman. Cette décision a immédiatement suscité une vive polémique dans le milieu sportif ainsi que sur les réseaux sociaux.
Des annonces rapidement relayées et largement commentées ont provoqué de nombreuses réactions, notamment chez les athlètes directement concernés.
Face aux réactions, le maire est ensuite revenu sur ses déclarations en précisant que ces compétitions seraient finalement maintenues, mais sans subventions publiques municipales, pour une économie estimée à 2,65 millions d’euros.
Une réaction marquée chez les athlètes
Créateur de contenu, directeur artistique et fondateur de sa société de production audiovisuelle, Ruben Chiajese, 26 ans, est originaire de Nice. Sportif amateur, il s’est progressivement spécialisé dans le trail et la course à pied, disciplines qu’il pratique de manière intensive depuis plusieurs années et qu’il intègre aujourd’hui pleinement à son quotidien.
Très actif sur les réseaux sociaux, il rassemble une communauté de plus de 100 000 abonnés notamment sur Instagram, où il partage ses projets, ses voyages ainsi que ses défis sportifs.

Comme Ruben Chiajese, plusieurs coureurs ont exprimé leur incompréhension face à cette décision. Dans le milieu sportif, la surprise a été générale, notamment chez des athlètes qui s’entraînent spécifiquement pour ces courses. L’annonce a rapidement suscité inquiétude et incertitude.
Pour de nombreux athlètes, la mobilisation sur les réseaux sociaux a pu jouer un rôle dans le revirement de la municipalité. Une analyse partagée par le coureur niçois, qui s’est lui-même exprimé sous la publication d’Éric Ciotti sur Instagram afin de partager son point de vue.
Entre enjeux économiques et impact sur le sport
S’il comprend la volonté de réduire les dépenses publiques pour des structures privées, Ruben Chiajese nuance toutefois la décision et souligne le rôle économique majeur de ces événements pour le territoire.
« Ce sont des événements qui amènent énormément de monde. Les gens consomment, réservent des hôtels, vont au restaurant… ça a un vrai impact économique pour Nice », affirme l’athlète.
Le Niçois estime cependantproblématique que les efforts budgétaires puissent toucher en priorité le sport et la culture : « quand il faut faire des économies, ce sont souvent ces secteurs qui prennent. Je ne suis pas d’accord avec ça. »
Au-delà de l’aspect économique, de nombreux coureurs insistent sur les conséquences directes pour les athlètes. Pour beaucoup, ces épreuves constituent des objectifs majeurs, préparés sur plusieurs mois, voire plusieurs années.
Dans ce contexte, une remise en cause de ces compétitions pèse particulièrement sur les participants. Ils évoquent des entraînements intensifs, des sacrifices personnels et une saison entièrement construite autour de ces rendez-vous sportifs. Une annonce de ce type bouleverse ainsi leur préparation et leurs ambitions.
Ruben Chiajese rappelle également que ces événements jouent un rôle clé dans la progression sportive, notamment en permettant de se qualifier pour des compétitions de référence comme l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB).
Enfin, il estime que leur suppression fragiliserait l’attractivité du territoire : « si on enlève ces deux grands événements, on met une croix sur quelque chose de très touristique et attractif pour la ville. »
Un avenir incertain pour ces événements
Ruben Chiajese appelle à une meilleure reconnaissance de ces disciplines et de leur importance, tant sur le plan sportif qu’économique et touristique. Selon lui, ces événements ne peuvent exister durablement que s’ils sont mieux compris et davantage valorisés.
« Il faut en parler davantage, sensibiliser, montrer leur importance. Ce sont des événements majeurs pour la ville », insiste-t-il.
Le sportif estime également que leur pérennité dépendra d’une meilleure visibilité et d’une plus forte médiatisation, notamment via les réseaux sociaux, afin de renforcer leur attractivité.
Si les organisateurs de l’UTMB de Nice et de l’Ironman ont confirmé le maintien des éditions 2026, l’avenir à plus long terme reste incertain. Selon les informations disponibles, aucune visibilité claire n’existe encore concernant leur organisation à partir de 2027, une situation qui entretient un certain flou autour de leur présence à Nice.
Un débat qui se poursuit
Depuis, la polémique continue d’alimenter les échanges. Dans une récente interview, le directeur général du UTMB Group, Frédéric Lénart, est revenu sur une décision prise tardivement selon lui, alors que l’organisation est déjà bien engagée : « un événement de cette ampleur ne s’organise pas la veille », rappelle-t-il, évoquant 6 500 coureurs inscrits, 3 500 accompagnants et de nombreux bénévoles mobilisés.
Le directeur général précise également la nature du financement en question : « ce n’est pas une subvention mais un partenariat dans le cadre d’un marché public. Le montant net pour nous, c’est 535 000 euros. Nous nous sommes posé la question en interne. Nous avons très vite considéré que nous devions trouver des solutions pour maintenir l’événement, indépendamment des soutiens financiers. Ce n’est pas fin avril qu’on peut annuler un tel événement ! »
Malgré le retrait du soutien financier de la ville, l’organisation a donc fait le choix de maintenir l’événement, quitte à en assumer les pertes : « nous voulons garantir la tenue de la course pour les coureurs engagés. » L’expérience des participants devrait être préservée, même si le dispositif médiatique sera allégé.
Frédéric Lénart souligne également l’impact économique majeur de la compétition, qui a généré 10,6 millions d’euros en 2025, tout en alertant sur l’avenir :« c’est probablement la dernière édition », estime-t-il, avant d’ajouter : « nous allons regarder si d’autres opportunités peuvent voir le jour ailleurs. »
Des propos qui ont fait réagir Éric Ciotti qui a répondu publiquement sur les réseaux sociaux : « cher Monsieur, il faudra comprendre qu’avec nous, le combat contre la dilapidation de l’argent public au profit d’une organisation purement privée n’est pas une affaire de saison. La fête est finie ! »
Une prise de position qui illustre la persistance des tensions entre la municipalité et les organisateurs sur l’avenir de l’événement…
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