L’avenir du tunnel du Congrès en discussion entre la municipalité et Nice à Vélo

À Nice, l’avenir du tunnel cyclable de la rue du Congrès fait l’objet d’une mobilisation. L’association Nice à Vélo a lancé une pétition pour demander le maintien de cette infrastructure, présentée comme utile pour la sécurité, les déplacements quotidiens et la vie locale.

Le débat sur les mobilités se poursuit à Nice. Les annonces récentes autour du covoiturage ont relancé les discussions sur le partage de la voirie. Dans ce contexte, l’association Nice à Vélo a pris position contre une éventuelle réouverture du tunnel de la rue du Congrès à la circulation automobile. Une pétition a été mise en ligne pour demander le maintien de cet aménagement réservé aux mobilités actives.

La mobilisation a rapidement trouvé un écho. Lancée le samedi 18 avril, la pétition a franchi le seuil des 1 000 signatures dès le dimanche soir. Le total dépasse désormais 2 700 soutiens en 72 heures. L’association poursuit en parallèle des actions de sensibilisation dans l’espace public. Une rencontre est prévue ce jeudi 23 avril avec Laurent Merengone, adjoint au maire délégué à la circulation et au stationnement, et Jean-Marc Governatori, adjoint à l’environnement.

Le tunnel de la rue du Congrès constitue un passage fréquenté par des usagers à vélo et en trottinette. L’infrastructure permet une liaison directe entre plusieurs axes. Le parcours reste protégé du trafic motorisé et des feux de circulation. Cette configuration garantit une continuité dans les déplacements.

Sans cet aménagement, le trajet impose de traverser plusieurs voies de circulation dense sur la Promenade des Anglais. Cette situation est présentée comme un risque pour la sécurité. Le tunnel offre un cadre plus paisible pour les déplacements. Les familles et les personnes peu expérimentées y trouvent un environnement adapté. L’équipement joue aussi un rôle d’initiation aux pratiques du vélo en ville.

Des effets sur le cadre de vie et l’activité locale

La question du maintien du tunnel concerne aussi les riverains et les commerces. Une réouverture aux voitures entraînerait une hausse du trafic dans le secteur. Ce phénomène est décrit comme un appel d’air. Le retour de nombreux véhicules modifierait les conditions de vie à proximité.

L’aménagement actuel a contribué à stabiliser le niveau sonore et à améliorer la qualité de l’air. Le tunnel cyclable s’inscrit dans une logique d’apaisement du quartier. Les déplacements à pied et à vélo favorisent aussi une fréquentation différente des commerces.

L’association rappelle une formule utilisée dans ses communications : « le client est un humain, pas une voiture. » Cette approche repose sur les pratiques observées dans les centres urbains. Un automobiliste traverse plus souvent un quartier sans s’y arrêter. Un piéton ou un cycliste prend davantage le temps de fréquenter les commerces.

Un autre élément est avancé pour appuyer cette analyse. « 51 % des ménages du centre-ville n’ont pas de voiture (selon une enquête du département des Alpes-Maritimes en 2023). Ce sont les clients fidèles des commerces de proximité, et ils exigent des trajets sécurisés. »

Des données mises en avant dans le débat

L’association s’appuie sur plusieurs chiffres pour argumenter. Le tunnel enregistre environ 900 passages par jour. Ce volume correspond à l’équivalent de huit bus à haut niveau de service ou de 700 voitures. La perception d’un espace peu fréquenté s’explique par l’encombrement réduit des vélos.

Les données sur le trafic automobile sont également évoquées. Une baisse de 25 % a été observée entre 2012 et 2020. Cette évolution a précédé la mise en place du tunnel cyclable. L’infrastructure s’inscrit dans une tendance déjà engagée.

La question de la fluidité du trafic est aussi abordée. Une augmentation de la capacité routière peut entraîner une hausse du nombre de véhicules. Ce mécanisme est régulièrement observé dans les politiques de déplacement. Une réouverture du tunnel pourrait ainsi créer des points de saturation en amont.

Un positionnement déjà exprimé pendant la campagne municipale

La question des mobilités actives avait déjà occupé une place dans le débat public. Pendant les élections municipales de mars 2026, l’association Nice à Vélo avait publié un site consacré aux positions des candidats. L’outil permettait de comparer les engagements autour de trente mesures liées au vélo, à la sécurité routière et à l’organisation des déplacements dans la métropole.

Plusieurs candidats avaient répondu aux propositions de l’association. Les scores obtenus variaient selon les positions exprimées. Parmi eux, Eric Ciotti avait obtenu la plus mauvaise note.

Éric Ciotti avait obtenu un score de 20,5 sur 30. Les réponses traduisaient un soutien limité à certaines propositions. Le candidat ne s’engageait pas pleinement en faveur de la création d’un Réseau Express Vélo métropolitain. Le projet évoquait notamment l’aménagement de « coulées bleues » le long du Paillon et du Var, avec des pistes bidirectionnelles. Une étude pour relancer le service Vélo Bleu et un projet de « réconfiguration et de sécurisation de la Promenade » figuraient aussi parmi les orientations. Éric Ciotti conditionnait toutefois la création de nouvelles pistes cyclables à la préservation du stationnement automobile et à l’absence d’impact sur la circulation motorisée.

La pétition reste accessible en ligne et continue de recueillir des signatures. Les échanges avec les élus pourraient orienter la décision finale. Le sujet concerne à la fois les conditions de circulation, le cadre de vie et l’organisation des mobilités dans la ville.

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