Port Gallice : un port réinventé entre architecture méditerranéenne, végétal et adaptation climatique

Le port Gallice a inauguré une transformation qui associe adaptation climatique, architecture méditerranéenne et végétation renforcée. Le site devient un port‑jardin ouvert sur la baie, pensé pour les usages quotidiens des plaisanciers et des visiteurs.

Le port Gallice d’Antibes a achevé un programme de transformation engagé entre 2017 et 2026. Inauguré à la fin du mois de mai 2026 le site a été modernisé, pensé pour relier espace maritime, architecture méditerranéenne et présence végétale avec un objectif clair : « allier le vert au bleu » pour créer un port‑paysage ouvert sur la baie de Golfe Juan. L’ensemble a adopté une identité « bleu, blanc, vert », associant qualité de l’eau, architecture claire et végétation renforcée.

Le projet s’inscrivait dans la continuité du plan imaginé dans les années 1960 par Guillaume Gillet. Le port a conservé son horizontalité, ses lignes blanches et son intégration dans le paysage, tout en entrant dans une nouvelle phase d’adaptation climatique. Les quais ont été rehaussés de 40 cm pour anticiper la montée du niveau marin. Les pentes ont été inversées pour récupérer les eaux de ruissellement polluées, auparavant dirigées vers le bassin. Les réseaux techniques ont été repris, un plan lumière LED installé et un système d’aspiration des eaux usées pour les navires déployé. Les cheminements piétons et PMR ont été rendus continus pour faciliter les déplacements.

Un port‑jardin structuré par la végétation et une architecture bioclimatique renforcée

La végétation occupe désormais une place centrale. Les parkings ont retrouvé des sols perméables et ombragés. Les toitures‑terrasses sont devenues des espaces plantés capables de réguler naturellement la thermique des bâtiments. Le lieu ressemble désormais à un « jardin sec » composé d’essences méditerranéennes adaptées au stress hydrique, installées dans « un substrat drainant » et protégées par un paillage minéral. Cette approche permet de limiter l’arrosage et favorise l’enracinement profond.

Les patios du bâtiment nord ont été requalifiés pour un usage collectif. Les arbres inadaptés ont été remplacés par des espèces élancées comme le Pin Napoléon, le Pin de Monterey ou le Filao à feuilles de prêles. Le sous‑étage reçoit maintenant des arbres à fleurs et une strate herbacée couvre‑sol. Des bancs en béton et des traversées piétonnes facilitent les déplacements entre les locaux.

La réhabilitation des bâtiments renforce les principes d’une architecture méditerranéenne bioclimatique. Les débords de toiture protégent du soleil. Les patios assurent ventilation et lumière naturelle. Les matériaux biosourcés structurent les intérieurs : isolation en fibre de bois, menuiseries en mélèze européen, sols en linoléum naturel composé d’huile de lin, de poudre de liège et de toile de jute. Des impostes ouvrantes ont permis de purger l’air chaud.

Le toit‑terrasse du bâtiment nord est devenu un belvédère sur le Golfe Juan. La requalification du boulevard Edouard Baudoin a rétabli les vues lointaines vers les îles de Lérins. Le projet paysager a complété l’intention initiale de Guillaume Gillet, dont le plan d’origine associait architecture blanche, horizontalité et intégration dans le site.

La signalétique a été entièrement repensée avec un langage graphique cohérent, basé sur une typographie fonctionnelle et stylisée, des pictogrammes lisibles et des supports blancs intégrés à l’environnement portuaire. Les entrées, les numéros d’emplacements, les fléchages et les identifications des entreprises ont adopté cette même syntaxe visuelle.

Avec 436 postes d’amarrage, 756 mètres linéaires de quais et 3,8 hectares de plan d’eau, le port Gallice est entré dans une nouvelle phase. Le projet a associé maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprises du bâtiment, paysagistes, ingénieries et partenaires institutionnels, dont la Région Sud et la Banque des Territoires. L’objectif affiché restait clair : créer un port‑jardin où se croisaient plaisanciers, visiteurs et professionnels dans un cadre apaisé, ouvert sur la mer et sur les usages contemporains du littoral.

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