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19 juin 2024

La pensée de Jung revisitée à Nice lors d’un colloque organisé par le Collectif des Psychothérapeutes Certifiés

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Durant 6 mois, le Collectif des Psychothérapeutes Certifiés a organisé des « K fait psy ». Une initiative qui a fait ses preuves : environ 460 personnes ont assisté à ces rendez-vous mensuels. L’objectif ? Échanger, réfléchir, discuter autour de thèmes définis comme l’amour, l’Art-Thérapie, la crise, etc. À l’occasion des 50 ans de la disparition de Jung, l’association a décidé de lui rendre hommage le 10 septembre 2011, en organisant un colloque pour retracer son actualité. Fabien Berrais, le Porte-parole de l’association nous explique ce qui a motivé ce choix.


© DR - Le Comité des Psychothérapeutes Certifiés après le 3e
© DR – Le Comité des Psychothérapeutes Certifiés après le 3e
Voilà 50 ans que Jung nous a quittés en nous laissant en héritage des théories toujours aussi chargées de sens. Tous ces objectifs qui consistent à travailler sur notre inconscient, écouter ses intuitions, trouver du sens, se relier à notre dimension spirituelle, nous les devons à ce psychiatre d’origine suisse. Pour en arriver à ses conclusions, le fondateur de la « psychologie analytique » (investigation de l’inconscient) qui a réalisé une véritable introspection s’est aussi rendu sur d’autres continents pour découvrir d’autres cultures et traditions.

Pour célébrer sa disparition, le Collectif des Psychothérapeutes Certifiés de Nice organise un colloque le 10 septembre 2011, entièrement consacré à son actualité. L’association, qui prône les idées du psychiatre, souhaite lancer un mouvement junguien anti-dogmatique dans la région sans pour autant rejeter les autres formes de thérapie : « même si on se dit junguiens, on se sert aussi de Freud, de Lacan, de la Gestalt-Thérapie« , souligne Fabien Berrais, Président et Porte-parole de l’association mais aussi psychothérapeute. « On ne s’oppose pas aux Freudiens, on est juste complémentaires. On est tous complémentaires », poursuit-il. Jung exprimait déjà cette idée de complémentarité dans ses écrits lorsqu’il affirmait : « je ne veux surtout pas que des gens se disent junguiens ».

Des idées qui expliquent le thème de ce colloque

Le célèbre psychiatre séduit toujours autant. « J’ai très peu de mentor et je pense que Jung en fait partie », confie Fabien Berrais. C’est l’une des raisons pour laquelle il était important, pour lui, de dédier ce colloque à Jung. « Pour moi, sa grande force repose sur l’archétype et les symboles ». Selon le psychiatre suisse, il existerait des formes universelles dans l’inconscient, appelées archétypes, dont nous disposerions avant même notre naissance. Nous sommes tous bisexuels pour lui, du moins psychiquement. Chaque femme possède une part de masculinité : l’animus, l’archétype du masculin en elle. À l’inverse, chaque homme détient en lui une part de féminité, l’anima, l’archétype du féminin. L’archétype fait partie de l’inconscient collectif. Contrairement à Freud qui s’est uniquement servi de l’inconscient individuel, dans lequel se trouve la partie refoulée et oubliée de chacun, son disciple Jung a élaboré l’inconscient collectif. Commun à tous, il représente l’héritage de l’évolution de l’espèce humaine.

Autre raison qui suscite l’intérêt de Fabien Berrais pour Jung : le principe du « soi », un autre archétype. Pour Jung, cette instance de la personnalité représente à la fois le conscient et l’inconscient. L’objectif ? Faire en sorte que le conscient entre en relation avec l’inconscient et vice versa. Nous avons toute une vie pour explorer ces deux fonctions psychanalytiques de la personnalité. Explications : par exemple, certains enfants qui naissent dans une famille de médecins ont déjà leur avenir tout « tracé ». Pour perpétuer la tradition, ils seront médecins. Là, c’est le conscient qui entre en compte tandis que leur inconscient les mène sur une voie artistique. « Par exemple, le soi veut que je sois artiste. À chaque fois que je vais vouloir être médecin, il va me mettre en échec. Et chaque fois que je vais me diriger vers une voie artistique, le soi va faire que j’aurai des synchronicités qui tombent justes », explique Fabien Berrais. La synchronicité est une autre notion, totalement irrationnelle, développée par Jung. Il s’agit d’au moins 2 événements qui ne présentent aucun lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Ce phénomène explique les « coïncidences significatives » selon son inventeur.

Si les travaux de Jung ont beaucoup porté sur l’inconscient, il a également élaboré les 4 fonctions d’orientation du conscient : la pensée, le sentiment, la sensation et l’intuition. Spontanément, nous utilisons beaucoup une fonction mais nous en délaissons une également. Elles fonctionnent par couple, cela dépend des individus. Il existe donc des intuitifs introvertis, des sensitifs extravertis. « C’est très intéressant en terme de travail et de connaissance de soi », indique Fabien Berrais. Par exemple si une personne fonctionne beaucoup avec la pensée, le thérapeute va lui proposer de travailler sur sa vie émotionnelle et vice versa. Au contraire, une personne qui fonctionne beaucoup avec l’intuition travaillera sur les 5 sens, le concret et inversement. Il s’agit simplement d’une histoire de rééquilibrage par la carence.

Un événement pédagogique

logo_article.jpg Sous la présidence du représentant de Jung en France, Michel Cazenave, des intervenants comme Carole Sédillot, formatrice en symbolisme et mythologie, conférencière et écrivain, développeront l’actualité junguienne sous des approches différentes. Au total, ils seront 5 à nous faire découvrir la pensée junguienne. « Chacun va apporter sa pierre à l’édifice », confie Fabien Berrais. Ce colloque a deux missions : donner des pistes de réflexion, des réponses, apporter à un individu lambda une autre vision des choses. Aussi, il s’adresse aux professionnels pour leur amener des outils de réflexion. Fabien Berrais constate que « beaucoup de praticiens ont tendance à s’enfermer dans leurs cabinets, à ne pas forcément faire de la formation continue et à ne pas s’actualiser dans leur réflexion ». À cause de l’évolution des gens, de la société, des besoins, il demeure important que le thérapeute évolue aussi lui-même afin d’aider au mieux ses patients.

L’idée de ce colloque reprend en intégralité le concept des « K fait psy« . 64 personnes ont déjà été concquises par l’idée. Pour y participer, il est souhaitable de s’inscrire puisque 88 places sont disponibles. Cet événement invite à la réflexion sur soi-même et à l’écoute de l’autre même si l’on ne partage pas son point de vue, chaque individu étant unique. Une idée qui pourrait reprendre le processus d’individuation développé par Jung qui consiste à devenir unique tout en faisant partie d’un tout, en incluant le monde…

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