À Nice, les élections municipales de 2026 s’annoncent comme un rendez-vous inédit. Après près de huit décennies de domination de la droite, les forces de gauche multiplient les appels au rassemblement. Entre alliances déjà officialisées et initiatives citoyennes, une recomposition politique est en cours.
Le 15 et le 22 mars 2026, les Niçoises et les Niçois seront appelés aux urnes pour désigner leur prochain maire à l’occasion des élections municipales 2026. L’échéance reste lointaine, mais les grandes manœuvres ont déjà commencé. À droite, le duel entre Christian Estrosi et Éric Ciotti ouvre une brèche. À gauche, l’heure est aux appels au rassemblement.
C’est dans ce contexte que Jonathan Gensburger, comédien engagé, a publié un texte au ton offensif : « Pleinement rassemblée, la gauche peut gagner à Nice en 2026 ». Son message est clair : dépasser les querelles de partis et les rancunes personnelles pour bâtir une liste commune. « L’aspect programmatique de la gauche locale n’est pas franchement le problème, il est plutôt question d’égos, de lignes de partis ou de vieilles rancœurs », écrit-il. L’appel se veut direct : réunir toutes les sensibilités, de La France insoumise aux Verts, en passant par les socialistes et les communistes.
Cet appel intervient alors que les discussions s’intensifient. Plusieurs initiatives citoyennes, comme l’appel “Nice 2026” ou le collectif “Reprenons la main maintenant !”, réunissent militants politiques, associatifs et habitants. L’objectif affiché : construire une alternative crédible face à la droite et à l’extrême droite.
Une union encore fragile
Le 21 avril dernier, le Parti socialiste, le Parti communiste et Europe Écologie Les Verts ont franchi une étape en annonçant leur volonté d’unir leurs forces. Lors d’une conférence de presse commune, les responsables locaux ont affiché leur détermination à mettre fin à 80 ans de gestion par la droite. Patrick Allemand, figure du PS à Nice, insistait : « ce n’est pas parce que les deux s’affrontent que l’on s’allie. » Le message vise à montrer que cette convergence n’est pas uniquement opportuniste, mais s’appuie sur une volonté politique partagée.
Pour autant, tout n’est pas réglé. La France insoumise, solidaire du collectif ViVA! exclu des discussions, refuse pour l’instant de rejoindre cette alliance. Le PCF, par la voix de Julien Picot, rappelle toutefois que « la porte reste ouverte ». La désignation d’une tête de liste, attendue pour septembre, sera un moment clé. Le choix du parti qui portera cette candidature pourrait réveiller des tensions anciennes.
Sur le fond, quelques priorités sont déjà avancées. Limiter la prolifération des locations touristiques de type Airbnb afin de favoriser le logement des habitants. Instaurer la gratuité des transports en commun pour soutenir le pouvoir d’achat et réduire la pollution. Pour l’écologiste Sandra Benjamin, « Nice doit redevenir une ville pour ses habitants, pas seulement pour les touristes. » Ces propositions esquissent un programme, mais le chantier reste considérable.
Une dynamique citoyenne en construction
En parallèle des partis, la société civile tente de peser. Le 21 juin, plus d’une centaine de personnes se sont retrouvées à Nice pour prolonger la mobilisation initiée en avril. Militants, acteurs associatifs et habitants échangent sur leurs attentes et leurs propositions. Mobilité, logement, école, culture, écologie : les thèmes abordés sont nombreux.
Les organisateurs insistent sur la nécessité d’un processus ouvert, associant les habitants à la construction du projet. L’ambition affichée est de bâtir un projet collectif, ancré dans les réalités du quotidien.
Cette dynamique reste fragile, mais elle reflète une attente. Les mobilisations sociales, la crise du logement, la pression du surtourisme et les inquiétudes environnementales alimentent le sentiment qu’une autre voie est possible. Reste à savoir si les différentes initiatives réussiront à converger.
À sept mois du scrutin, le paysage politique niçois demeure incertain. La division de la droite pourrait ouvrir un espace inédit, mais l’unité de la gauche reste à construire. Entre alliances de partis, appels citoyens et rivalités internes, la campagne s’annonce longue. Pour beaucoup, l’échéance de mars 2026 est une occasion à ne pas manquer.