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28 mai 2024

Accord électoral FN-Jacques Peyrat pour les cantonales ?

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Nous recevons de notre confrère Minute cet article que nous publions dans le souci d’une information complète et impartiale.


peyrat-6.jpg Vendredi dernier 4 février, Marine Le Pen était à Nice. Accompagnée de Steeve Briois, le secrétaire général du FN. Un voyage effectué dans la plus grande discrétion.
Le déplacement ne figurait pas à l’agenda de la présidente du
FN. Il était pourtant d’importance.
En jeu: la possibilité d’une réconciliation, et d’un accord électoral pour les cantonales du mois de mars, avec l’ancien maire de Nice,
Jacques Peyrat, qui avait quitté le Front national en 1994 afin de pouvoir
conquérir la mairie l’année suivante. Il s’en était expliqué à l’époque dans les colonnes de « Minute »: « Il n’y a pas d’autres solutions
pour emporter la mairie de Nice que de mettre son étiquette FN dans sa
poche. J’espère que Jean-Marie Le Pen comprendra qu’en proposant aujourd’hui une autre forme d’action politique au niveau local, je ne fais que
tracer le chemin qui nous permettra à terme de ne plus être diabolisés. L’efficacité politique doit primer sur tout le reste. » Jean-Marie Le Pen n’avait
pas compris, ou pas voulu comprendre, mais l’opération avait fonctionné
et Jacques Peyrat est demeuré maire de Nice jusqu’en 2008. Il était,
en même temps, sénateur des Alpes-Maritimes.
Aujourd’hui sans mandat, Jacques Peyrat, président de l’Entente républicaine, s’est lancé à la reconquête du 14e canton de Nice dont il
fut l’élu de 1992 à 1998. Le canton est très à droite: en 2004, le socialiste
Paul Cuturello, qui lui a succédé, a été réélu dans un duel avec le candidat frontiste Gérard de Gubernatis: 54,38 % contre 45,32 %.
Certes, le FN n’est plus, à Nice, sur le plan militant, que l’ombre de ce
qu’il fut et, lors des dernières élections municipales, en 2008, sa liste
conduite par Lydia Schenardi n’arecueilli que… 4,16 % des suffrages.
La démission de Lydia Schenardi se profile
Si Marine Le Pen s’est déplacéeà Nice, c’est que, localement, la situation est tendue et la fédération des Alpes-Maritimes divisée – coutume
locale! – entre ceux qui souhaitent un accord avec Jacques Peyrat
et ceux qui ne veulent pas en entendre parler, le considérant toujours
comme un « traître ». Sans compter quelques rancunes personnelles
qui devraient relever de la vie privée mais interfèrent sur les choix politiques. D’où la nécessité de réunir tout le monde, les militants et le bureau départemental, pour que chacun s’exprime et que la présidente du Front national puisse prendre une décision en toute connaissance de cause.
Selon nos sources, la réunion a été tendue. Parfois houleuse. Secrétaire
départemental du FN pour les Alpes-Maritimes, Lydia Schenardi
a menacé de démissionner de ses responsabilités si un accord était conclu – ce qu’elle nous a démenti lundi mais nous confirmons. Bruno
Ligonie, secrétaire départemental adjoint, a fait de même. Mais la
rupture a été évitée. Lydia Schenardi a même adressé depuis un courrier
électronique à Marine Le Pen pour l’informer qu’elle se plierait à
la décision du siège. « Ce n’est pas en jetant tout par-dessus bord qu’on
parvient à ses fins, nous a-t-elle confié. Quelle que soit la décision prise,
j’irai jusqu’au bout des cantonales. »
Une façon de dire qu’elle n’ira pas… au-delà? Sa démission après les cantonales est tenue pour acquise au sein du Front national.
Pour Xavier Garcia, porte-parole du PS dans les Alpes-Maritimes, un accord entre Jacques Peyrat et le Front national « relancerait les élections
cantonales à Nice ». « Notre ob – jectif principal est de conserver le 14e
canton, nous expliquait-il lundi.
L’objectif principal de l’UMP est de le prendre, avec Dominique Estrosi-
Sassone [la femme° du maire, Christian Estrosi, Ndlr] comme candidate.
» Aujourd’hui, estime-t-il, la présence d’un candidat FN face à Jac –
ques Peyrat « fait le jeu de l’UMP ».
« Cela ferait surtout le jeu du Parti socialiste », rétorque Jacques Peyrat.
En revanche, ajoute Xavier Garcia, un accord Peyrat/FN constituerait « un tremblement de terre ».

Une OPA en vue sur la fédération du Front national.
Lundi soir à vingt heures, à l’heu re où nous étions obligés de
bou cler ce numéro, rien n’était encore fait. Depuis 16 heures, la commission
nationale d’investiture du Front national était réunie pour
tran cher de nombreux cas, dont celui de l’accord ou pas avec Jacques
Peyrat. « Nous attendons la décision de la hiérarchie », nous confiait Lydia
Schenardi. « Je n’ai pas vu de fumée blanche », ajoutait Jacques Peyrat.
Lydia Schenardi espérait-elle que le verdict soit défavorable?
Pour Peyrat,qui assure n’avoir pas rencontré Marine Le Pen lors de sa venue vendredi dernier, une éventuelle entente ne pouvait être scellée qu’« au corps défendant de cette adorable femme », contre laquelle il était particulièrement
remonté: « Vous ê tes le cinquième journaliste à m’appeler après avoir
eu Lydia Schenardi. Elle n’arrête pas de semer la m… en parlant à tort et à travers! C’est le seul moyen qu’elle a trouvé pour
faire parler d’elle. Elle devrait fermer sa g…! J’ai toujours pensé que c’était une c…, mais là, elle dépasse les limites! »

Rien n’était donc certain lundi soir encore, et un coup de théâtre n’était pas
à exclure. Car si la tension est si vive, c’est qu’il y a d’autres enjeux que cette
cantonale. D’abord, la fédération départementale des Alpes-Maritimes du FN,
dont l’état est tel que l’entourage de Jacques Peyrat a carrément proposé de
la reprendre! L’offre en avait été faite à Marine Le Pen et à Louis Aliot avant le
congrès du FN. Trop tôt… Lydia Schenardi, qui en avait été informée, avait
mis son veto et avait menacé de faire démissionner son bureau départemental.
Impensable de prendre un risque tel avant le congrès pour la succession de
Jean-Marie Le Pen, malgré les excellentes relations que le directeur de campagne de Jacques Peyrat entretient avec
Louis Aliot et la reprise des relations entre Jacques Peyrat et Jean-Marie Le Pen.
L’autre enjeu est la mairie de Nice, à la reconquête de laquelle Jacques Peyrat
pense pour 2014, un scrutin qui pourrait marquer sa revanche sur un Christian Estrosi qui l’a déboulonné en 2008. Or
Lydia Schenardi, outre qu’elle ne veut pas entendre parler d’un retour de Jac –
ques Peyrat au Front national, se voit toujours en maire de Nice malgré son
cuisant échec de 2008. Tout juste accepterait-elle une liste d’union, à condition de la conduire, ce qui est inacceptable
pour Peyrat. Et celui-ci a déjà lancé sa propre stratégie d’union avec les Identitaires de Nissa Rebela…
Une « discussion globale entre tous les opposants à Estrosi » ?
Conclu le 12 janvier dernier, cet accord, signé par Jacques Peyrat et par
Philippe Vardon, président de Nissa Rebela et membre du bureau exécutif du
Bloc identitaire, se matérialise par un soutien des Identitaires à Jacques Peyrat
dans le 14e canton, par un soutien de Jacques Peyrat à Philippe Vardon dans
le 3e canton de Nice, et par un soutien réciproque pour le second tour dans les cantons où les candidats de l’Entente républicaine et les candidats identitaires se trouveraient en concurrence. Le texte est sans ambiguïté sur les municipales de 2014: « Le rassemblement initié ce jour a bien entendu vocation à s’élargir pour réaliser à terme une plateforme d’entente niçoise
offrant une véritable alternative à la politique municipale actuelle. »
Quid, d’ailleurs, de cet accord dans le cadre d’un éventuel accord entre le Front national et Jacques Peyrat? « Marine Le Pen n’a pas abordé la question », assure Lydia Schenardi, ajoutant: « Il faudra en parler. Les Identitaires ne sont pas quantité négligeable dans le département. » Lors
d’une cantonale partielle, Benoît Loeuil let avait par exemple obtenu près de 8% des voix à Nice en 2009, devancé de cinq voix seulement par le candidat du FN.
En fait, le sujet a bien été évoqué vendredi dernier, brièvement. Le temps que
la direction du FN rappelle que c’est sur décision du FN départemental qu’un accord proposé l’an dernier par Nissa Rebela avait été refusé…
Selon Jacques Peyrat, non seulement son entente avec Nissa Rebela n’est pas remise en cause, mais, s’il y avait accord avec le FN, « ça pourrait s’articuler. En tout cas je l’espère, il faudra en débattre ».
Quant à Philippe Vardon, s’il « regrette que tant de temps ait été perdu en tergiversations et dans des querelles personnelles qui n’avaient rien de politique », il confirme qu’il est toujours favorable à une « discussion
globale entre tous les opposants à Christian Estrosi, ainsi que nous l’avons
appelé de nos voeux dès l’an dernier ».
Dans une ville, la cinquième de France par sa population, qui, aux municipa –
les de 2008, a voté aux deux tiers pour les listes de droite, une coalition anti-Estrosi peut, en effet, causer de réels soucis au maire sortant. –

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