Le rêve américain à son paroxysme : pelouses vertes bien tondues, barbecues entre voisins, enfants qui jouent dans la rue, Les derniers jours de Maple Street ont sonné mais personne ne le sait encore. Avec une tension psychologique bien réelle, l’auteure, Sarah Langan, traduite pour la première fois en français, fait voler en éclats ce quartier si parfait. Nice Premium vous invite à faire un tour dans le voisinage.
Les Wilde se sont installés dans Maple Street il y a un peu plus d’un an. A l’époque, malgré leurs excentricités, Arlo est une ancienne rock star tatouée, Gertie, une ancienne reine de beauté régionale, et leur fils Larry est souvent qualifié de « bizarre » ; ils sont relativement bien accueillis par les habitants du quartier. Rhea Schoeder, sorte de Bree Van de Kamp, se rapproche de Gertie, tandis que leurs filles, Shelly et Julia, deviennent amies. Cependant peu avant l’apparition du trou, Rhea semble être fâchée contre Gertie.
Quand le gouffre s’ouvre et qu’une chaleur caniculaire s’abat sur Maple Street, le vernis craque et la tension augmente.
Et alors qu’une ado disparaît dans ce gouffre qui semble sans fin, tous les regards se tournent vers les Wilde. La suspicion, la paranoïa, la défiance rendent le climat encore plus délétère.
Dynamique de groupe malveillante
Sarah Langan offre aux lecteurs un thriller psychologique dérangeant où la rumeur a vite fait d’embraser les foules. Elle compose une galerie de personnages aux multiples facettes se concentrant principalement sur deux familles : les Wilde et les Schroeder. Décortiquant les personnalités de chacun des protagonistes de Maple Street, elle livre ainsi un portrait au vitriol d’une banlieue en apparence chic et parfaite d’une ville américaine. Son récit est ponctué de faux articles de presse, publiés après les faits, donnant corps à l’histoire, et alterne plusieurs points de vues, englobant de cette façon toutes les versions.
La fin de Maple Street commence avec l’apparition de la doline, et si tout semble normal au premier abord, on se rend vite à l’évidence que quelque chose cloche dans ce quartier résidentiel aux pelouses parfaites et aux voisins souriants.
Folie humaine et toxicité silencieuse
En effet, on sent comme une gangrène qui ronge les membres, un poison qui s’infiltre dans les esprits, et ce gouffre qui s’ouvre au milieu du quartier avec ses relents pollués et irrespirables, ce trou suintant un liquide poisseux ne fait qu’exacerber les choses rendant la situation de plus en plus explosive. Cette doline comme le point visible d’une fracture sociétale immense.
Flirtant avec la fiction d’anticipation climatique – le roman commence en 2027 – Les derniers jours de Maple Street résonne avec puissance alors que le pays traverse sa 3ème vague de chaleur caniculaire, que nos forêts brûlent et que nous ne sommes qu’au début du mois d’août… La canicule de Maple Street se heurte à la nôtre et le climat anxiogène du roman s’en trouve renforcé rendant la lecture suffocante.
Les derniers jours de Maple Street de Sarah Langan propose un thriller atypique, aux dynamiques de groupe inquiétantes, révélant la puissance de certaines fractures sociétales et environnementales sous couvert d’un récit d’angoisse.
L’auteure
Sarah Langan est américaine, Les derniers jours de Maple Street est son premier roman traduit en français, il a été publié chez Fleuve Éditions en février dernier dans la nouvelle collection, Styx, de l’éditeur. Elle a gagné trois fois le prix Bram-Stocker pour ses précédentes parutions (non traduites) en 2007 et 2009 pour deux romans, The Missing et Audrey’s Door, et en 2008 pour The Lost, une courte nouvelle, son nom côtoie celui de Stephen King dans la liste des lauréats.
La collection Styx chez Fleuve Éditions
2026 inaugure cette nouvelle collection de romans fantastiques et d’horreur dont cinq titres seront publiés chaque année par Fleuve. Allant de la terreur psychologique au slasher pur en passant par le body horror, la collection Styx, dirigée par Laurent Queyssi, met en évidence ces récits grâce à une identité graphique reconnaissable, créée par Nicolas Beaujouan. Cette année, les auteurs anglo-saxons seront à l’honneur mais très vite, des auteurs français seront ajoutés au catalogue de cette nouvelle collection.

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